La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


Les guérillas recrutent des jeunes Colombiens par la force

31/08/2006 - Chinapost.com, El Nuevo Herald

les jeunes dans ce village vivent avec la menace latente d'être être kidnappés par la guérilla pour les obliger à rejoindre leurs rangs.

Deux faits qui se sont produits en août et que personne n'avait dénoncés aux autorités, mais dont tout le monde parle, viennent de révéler cette situation sensible.

Un jeune homme a été emmené par la force dans un taxi par deux miliciens des FARC et un autre a été sauvé in extremis quand l'armée est intervenue et a capturé les ravisseurs.

Le conseiller municipal Oberto Pestrana du village de Saravena, à quelque 350 kilomètres au nord-est de Bogota, a raconté à l'AP ce qui est arrivé au plus grand de ses fils, agé de 22 ans, "ils l'ont menacé, ils l'ont appelé par téléphone et ils lui ont dit qu'ils allaient venir le chercher dans quelques jours pour en faire un guérillero des FARC.

Il a ajouté que "maintenant la seule chose que je veux c'est de sortir mes fils d'ici -  je ne veux pas qu'ils soient eux aussi victimes de ce qui s'est passé avec beaucoup d'autres familles" et c'est pourquoi il cherche à les placer hors du département d'Arauca.

Les raisons de craindre que les menaces soient sérieuses abondent.

Le conseiller municipal de Saravena, Elizabeth Galeano, a dit connaître le cas d'une femme qui "est désespérée" parce que les FARC ont emporté son fils au début d'août, mais qui a décidé de ne pas dénoncer le cas.

L'adolescent de 16 ans a été surpris par deux miliciens des FARC à six blocs de sa maison, et ils l'ont emmené dans un taxi; depuis lors personne n'a aucune nouvelle de lui, a raconté Galeano.

La mère craint que si elle dénonce cela, les guérilleros n'exercent des représailles contre l'adolescent, a indiqué le conseiller municipal.

Il y a quatre mois, Ramona Pacheco et ses filles de quatre et six ans ont abandonné leur maison à la campagne, et ont cherché un refuge sûr en Arauquita, un village à quelque 40 kilomètres de Saravena.

Elle a décidé de s'enfuir le jour où ses six fils ont disparu.

Ces derniers, raconte-t-elle, ont été surpris par la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) dans la propriété où ils travaillaient mais elle ne sait pas si ils ont été tués ou si ils les ont recrutés.

Pour le moment, elle ne compte pas retourner pour s'assurer de ce qui s'est passé. "Si je retourne, ce sera seulement parce que j'aimerais retrouver mes fils, même s'ils sont morts", a dit Pacheco.

Dans la commune de Saravena, les autorités scolaires ont rapporté la désertion de 90 étudiants au cours des dernières semaines, officiellement à cause de "changements de domicile imprévu" ou pour des motifs "inconnus";  le motif le plus probable étant, dit-on de plus en plus, que les guérillas recrutent des combattants dans la région.

Située dans une plaine vaste et chaude où abonde le pétrole, Saravena a accueilli une centaine de familles qui ont du abandonner leurs maisons dans le secteur rural à cause du conflit armé. Quelques-unes ont été logées par des parents mais la majorité vit dans un refuge improvisé dans les installations d'un collège.

Jusqu'à il y a quelques années, les groupes irréguliers attaquaient régulièrement le village appelé familièrement "Sarabomba", et on observe encore des bâtiments parmi les ruines, mais une présence militaire et policière accrue en a récemment accru la sécurité.

Selon une étude de l'organisation Human Rights Watch validée par le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, "au moins un combattant sur quatre des forces irrégulières de la guerre civile colombienne est agé de moins de 18 ans".

Des statistiques de l'institut colombien de Bien-être Familial enregistrent que dans la dernière décennie 2.949 mineurs de 18 ans ont été démobilisées de groupes armés irréguliers, parmi lesquels 1.020 militaient dans des organisations paramilitaires d'extrême droite et le reste dans les guérillas.

Cela ne fait qu'une une très petite portion des 30.000 combattants paramilitaires qui ont livré leurs armes.

Une vidéo divulgué par l'armée à des media locaux montrait récemment des images d'un groupe d'adolescents et d'enfants armés qui sont hypothétiquement des guardes du corps de Tomás Medina Caracas, connu comme "l'Acacio Noir", un des commandants des FARC dans l'est du pays. Le matériel a été selon l'armée trouvé dans un campement rebelle abandonné.

Les FARC ont nié dans un communiqué qu'ils recrutent des mineurs dans les collèges; "le recrutement forcé n'est pas la politique de notre organisation... " ont-ils déclaré.

Dans la région on dit que "si on a quatre fils, il y en a un pour la guérilla ...", selon Víctor Algarra, un paysan qui cultive le yucca et la banane.

Le chef militaire en Arauca, le colonel Juan Pablo Rodriguez, a déclaré que l'armée avait mis en oeuvre des opérations pour éviter les recrutements forcés, "principalement par des mesures préventives".

Dans les alentours des écoles de Saravena, aux heures d'entrée et de sortie des étudiants, des groupes de policiers gardent les bâtiments.

Dans une de ces opérations, les militaires ont réussi à capturer deux hommes qu'ils accusent de s'en être pris à un mineur à Puerto Rondón.

La Colombie vit depuis plus de quatre décennies un conflit armé auquel prennent part les guérillas gauchistes, l'armée et les groupes paramilitaires d'extrême droite.


>Les titres du mois 


>www.Betancourt.info