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Les parents des kidnappés "échangeables" des Farc ont exprimé leur préoccupation de n'avoir pas entendu un seul mot sur ce problème dans le discours d'investiture d'Álvaro Uribe.
"Pour tout gouvernement, il me semble que la libération des otages devrait être une priorité; mais ici, il n'a pas donné l'impression qu'il a la volonté politique pour le faire, et cela me dérange", a dit à l'AFP Yolanda Pulecio, mère d'Ingrid Betancourt, en pouvoir des Farc depuis 2002.
"L'absence de tout commentaire à ce sujet me remplit d'insécurité. Je savais qu'il allait être discret dans ce domaine, mais cela ne veut pas dire qu'il ne puisse pas au moins montrer qu'il souhaite la libération de tous les kidnappés ", a ajouté Yolanda Pulecio.
Pour sa part, Marleny Orjuela, porte-parole de l'association des militaires kidnappés par cette guérilla (Asfamipaz), a défendu la décision d'Uribe de ne pas faire référence à l'échange dans son discours.
"Nous considérons que le président, même s'il n'a pas parlé de l'échange humanitaire dans son discours, a un devoir politique, humain, éthique et moral envers chacun des kidnappés de Colombie. Nous espérons que de manière décidée et sincère il va autoriser la neutralisation (d'un territoire dans le pays) demandée par les Farc ", a souligné Orjuela dans ses déclarations à l'AFP.

Pendant la cérémonie d'investiture du président Uribe, des élus du Polo Democratico (gauche) ont brandi des photographies de kidnappés par la guérilla, dans une protestation silencieuse .
Ce geste, comme l'a déclaré le parlementaire Gustavo Petro, voulait rappeler à Uribe "la nécessité et la volonté réelle de conclure un accord humanitaire pour obtenir la libération de tant de civils qui sont en pouvoir de la guérilla".
"Nous avons remarqué que le président, dans aucune partie de son discours, n'a parlé d'accord humanitaire, ni de propositions concrètes en termes de paix", nous confie Petro, qui dans le passé a milité dans la guérilla nationaliste du M-19 mais qui s'est réinséré lors du processus de paix de 1990.
Cette action a coïncidé avec la révélation, faite ce mardi à Radio Caracol par l'ex candidat présidentiel Alvaro Leyva - politicien proche des Farc, qu'il avait discuté vendredi dernier avec le président Uribe d'un échange éventuel de kidnappés contre des rebelles emprisonnés.
Le politicien n'a pas donné de détails sur cette rencontre, mais, selon la radio, il aurait exprimé l'opinion que le président Uribe s'était montré davantage ouvert à explorer des alternatives qui mèneraient à l'échange.
Les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC) proposent l'échange d'un groupe de 58 kidnappés en leur pouvoir contre quelque 500 de leurs militants qui sont en prison, y compris deux qui sont extradés aux Etats-Unis.
Mais pour négocier cet échange le FARC exigent la démilitarisation des communes de Pradera et de Florida, dans le département de la Vallée, ce qui a été rejetté par Uribe.
Par contre, Uribe a marqué son accord à une proposition faite en décembre par la France, l'Espagne et la Suisse, pour que les deux parties entament des négociations dans une zone de 180 km2 dans le sud-ouest du pays, sans la présence de la force publique ni de combattants du FARC. Jusqu'à présent les rebelles ne se sont pas prononcés sur la proposition européenne, mais s'ils ont réitéré leur exigence de démilitarisation des deux communes.