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Le président Alvaro Uribe entame lundi son second mandat à la tête de la Colombie

06/08/2006 - Nouvel Obs, El Nuevo Herald, Terra España, China Post

Le président colombien Alvaro Uribe se succède à lui-même. Il prête serment lundi pour un second mandat, une première depuis plus d'un siècle dans le pays, Uribe ayant fait réviser la Constitution pour pouvoir se représenter.

En 2002, son entrée en fonctions avait été saluée par une offensive sanglante des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, première guérilla du pays), avec une pluie d'obus de mortier sur le palais présidentiel, qui avaient terrifié les dignitaires assistant à la cérémonie et causé la mort de 21 personnes dans un bidonville voisin.

C'est donc sous très haute sécurité que se prépare la cérémonie de lundi, dans la capitale de sept millions d'habitants. Les hélicoptères patrouillent le ciel, des blindés sont postés à des points de contrôle en de nombreux endroits de Bogota, quadrillée par quelque 30.000 soldats et policiers sur les dents.

Ayant adopté une ligne dure contre la guérilla et la criminalité pendant son premier mandat, Uribe, considéré comme le meilleur allié de Washington en Amérique latine, a été réélu haut la main en mai.

Mais certains au Congrès Etats-Unis s'impatientent et réclament plus d'efficacité, ayant débloqué depuis 2000 quatre milliards de dollars d'aide au gouvernement de Bogota pour la lutte contre la guérilla et la drogue.

La guerre colombienne contre la drogue a enregistré des échecs: malgré la politique de fumigations systématiques des cultures, les zones où la coca est cultivée se sont étendues en 2005. Dans le même temps, l'armée colombienne, qu'Uribe s'est engagé à moderniser, est secouée par une série de scandales, entre accusations de massacres de civils, brutalités ou collusion avec le narcotrafic.

A l'intérieur, les détracteurs d'Uribe dénoncent l'autoritarisme croissant de sa présidence, qui a affaibli les institutions politiques du pays. Uribe a notamment fait un forcing peu démocratique pour obtenir la révision constitutionnelle l'autorisant à briguer ce second mandat.

Et il apparaît de plus en plus isolé dans une région désormais marquée à gauche, avec des présidents modérés comme le Brésilien Lula ou la Chilienne Michelle Bachelet, ou anti-impérialistes comme le Vénézuélien Chavez.

L'absence de bonnes relations et de coopération avec ses voisins pose d'ailleurs des problèmes à la Colombie d'Uribe: les guérilleros circulent comme ils l'entendent entre le Venezuela, l'Equateur et la Colombie, et ces régions frontalières poreuses seraient désormais de plus en plus des zones de transit pour la cocaïne.


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