La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


Des photos d'otages brandies par des élus pendant l'investiture d'Uribe

08/08/2006 - CyberPresse, Libération, L'humanité, El Espectador, Bismi.net, SBS Australia

C'est dans une capitale sous haute surveillance que le président colombien Alvaro Uribe a prêté serment, hier après-midi, pour son second mandat consécutif. Près de 30 000 policiers et soldats ont investi depuis le week-end les rues et les hauteurs de Bogotá, des blindés se sont positionnés sur les principales artères et les hélicoptères vrombissent en permanence au-dessus de la ville pour éviter tout attentat de la guérilla d'extrême gauche des Farc.

Pendant la cérémonie d'investiture, plusieurs congressistes colombiens ont brandi des photos d'otages, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, pendant le discours d'investiture du président Uribe en présence de 11 chefs d'État et de 63 délégations étrangères. Parmi eux les parlementaires de gauche Gustavo Petro et Wilson Borja, membres du Pôle démocratique.

 Le président Uribe a affirmé dans son discours qu'il était disposé à mettre fin à la guerre civile en Colombie, mais a demandé aux groupes armés de «prendre des mesures irréversibles» qui prouvent leur volonté de négocier et a indiqué qu'il ne permettrait pas de «paix trompeuse».

Face au risque d'enlisement, quelques gestes avaient fait croire que le président réélu allait désormais chercher l'ouverture de négociations. Il s'est ainsi attaché les services d'un de ses anciens ennemis politiques, Fabio Valencio Cossio, connu pour avoir établi de bons contacts personnels avec les chefs de la guérilla lors du dernier dialogue avorté, entre 1999 et 2002. Sa nomination a fait espérer un assouplissement aux proches des 58 otages politiques et militaires des Farc, dont Ingrid Betancourt, détenus dans la jungle depuis parfois plus de huit ans. Le groupe armé exige la libération de ses combattants prisonniers de l'Etat contre celle des otages, et ne veut négocier l'échange que dans deux municipalités montagneuses du sud-ouest du pays, zones d'où se retirerait l'armée colombienne.

La fermeté de la guérilla, comme du pouvoir, lequel n'accepterait de démilitariser que le quart du territoire exigé, a empêché tout dialogue direct depuis quatre ans. Les familles d'otages maintiennent malgré tout leurs espoirs en l'Eglise et en une commission européenne menée par la Suisse et la France pour établir des ponts avec les Farc.

Mais le discours d'investiture d'Uribe, très attendu hier après-midi, devrait maintenir le cap de la guerre. Selon le quotidien national El Tiempo, le Président craint que «la recherche de la paix [au milieu des combats] démotive l'armée». Sur ces bases, calcule un proche des tractations, il faudrait «un an et demi à deux ans» pour obtenir une libération négociée des otages.


>Les titres du mois 


>www.Betancourt.info