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Colombie : augmentation du nombre de personnes déplacées dans le nord-est du pays

27/08/2006 - CICR, El Nuevo Herald, Reuters

Les affrontements entre les diverses parties au conflit, les menaces envers la population et la mort de deux responsables locaux ont obligé des dizaines de familles vivant dans le nord-est de la Colombie à fuir pour échapper à la mort.

Jusqu’en juillet de cette année, dans la commune de Saravana (Arauca), le CICR venait en aide à trois familles par mois, en moyenne, par le biais de son bureau sur place. Au cours du mois d’août, les chiffres de l’assistance ont augmenté de façon préoccupante : 450 personnes (90 familles) se sont adressées au CICR pour demander une aide d’urgence ; 250 autres (50 familles) s’y sont ajoutées, qui recevront une aide ces prochains jours. Au total, pour le seul mois d’août, quelque 700 personnes se sont rendues individuellement à Saravena.

La situation n’est pas moins préoccupante dans d’autres communes du département d’Arauca, notamment dans celles de Tame et de Fortul, où, le 18 août, le CICR a fourni des secours à près de 800 personnes (158 familles) qui sont arrivées de la campagne, fuyant les affrontements.

Jefferson Cáceres*, 16 ans, relate ce qui se passe dans cette zone : « Mes parents sont restés dans le hameau, ils sont déjà âgés et ils ont dit que personne ne les ferait partir de leurs terres. Mon frère et moi, nous avons été emmenés chez une tante, parce que nous étions en danger. Maintenant, nous attendons de voir ce qui se passe, si ce conflit se calme, nous rentrerons chez nous, sinon, nous resterons ici ».

Pour Rosalía Torres*, 51 ans, la situation a été très critique : « Je vis dans cette zone depuis 15 ans. Bien que je sache qu’il y a un conflit, je n’avais jamais vécu pareille situation. Loin de mes amis et sans nouvelles de mon mari, qui s’en était allé une semaine auparavant et ne revenait pas nous chercher, j’ai dû partir avec mes deux fils. Pour le moment, je ne sais rien de lui, personne ne me dit rien. Je ne sais pas que faire ni où aller ».

Au cours du mois d’août, tout comme Jefferson et Rosalía, plus de 1 500 personnes déplacées ont reçu une aide du CICR dans le département d’Arauca.

Dans la région d’El Catacumbo (Norte de Santander), la situation est grave aussi. Quittant les hameaux d’El Diamante et El Reposo (corregimiento de Las Mercedes) et celui de La Victoria, 130 personnes (32 familles) se sont rendues dans la ville de Sardinata, tout en espérant pouvoir retourner dans leur village afin de ne pas tout perdre.

Au cours de ces trois dernières semaines, des équipes du CICR ont fourni des vivres, des matelas, des couvertures, des colis contenant des articles d’hygiène et des batteries de cuisine aux familles qui se trouvent dans les centres urbains de ces communes, en attendant que les conditions de sécurité s’améliorent.

Depuis le début du mois d’août, le CICR a prêté assistance dans différentes zones du pays à 1630 personnes déplacées, dont la situation est préoccupante du point de vue humanitaire.

En outre, également en août, dans le cadre du projet d’assistance géré par le CICR et la Croix-Rouge colombienne à Bucaramanga, le CICR a subvenu aux besoins de 297 personnes (84 familles) déplacées.

Les équipes du CICR vont suivre de près la situation de ces familles déplacées et de la population civile vivant dans cette région de la Colombie depuis la sous-délégation du CICR à Bucaramanga(Santander) et depuis ses bureaux de Cúcuta (Norte de Santander) et de Saravena (Arauca).

* Noms fictifs

 


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