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Selon une revue très proche du pouvoir, le gouvernement du président Álvaro Uribe serait disposé à entamer avec les FARC un processus de paix qui conduirait à la libération d'au moins 62 personnes kidnappées par le groupe armé.
La revue Semana, une des plus influentes de Colombie, annonce que des sources gouvernementales lui ont assuré qu'Uribe voudrait créer les conditions pour une rencontre de ses porte-parole avec les FARC.
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) sont le principal groupe armé qui opère dans ce pays sud-américain, et a quelque 16.000 hommes organisés en quelque 60 "fronts" militaires.
Selon Semana, l'intention d'Uribe de se mettre à une table de négociation avec les FARC aurait été examinée avec le Haut Commissaire pour la Paix, Luis Carlos Restrepo, et son conseiller Fabio Valencia, après sa réélection pour un nouveau mandat le 28 mai passé.
Pour rechercher un rapprochement, le gouvernement aurait sollicité l'appui de l'ex candidat présidentiel Alvaro Leyva et de Carlos Lozano, directeur de l'hebdomadaire communiste VOX, a indiqué la source.



Leyva et Lozano sont les deux personnages avec lesquels le gouvernement commencerait le processus de rapprochement avec les FARC, puisque l'on considère que le groupe rebelle n'a aucune prévention contre ces deux hommes.
"Le gouvernement est disposé à réunir une Assemblée Nationale Constitutive pour introduire des réformes qui incluraient des transformations sociales", a signalé la revue.
Le président Uribe croit que "il peut y avoir un processus de paix qui conduirait à la libération des kidnappés ou une libération de kidnappés qui conduit à un processus de paix", a indiqué l'hebdomadaire.
Les FARC détiennent 21 politiciens, 38 membres de la force publique et trois conseillers étatsuniens, qu'ils veulent échanger contre quelque 500 rebelles emprisonnés pour diverses infractions.
"Cette flexibilité prétend avoir davantage de portes ouvertes, pour entamer une rencontre avec une guérilla qui a démontré être assez rigide", a signalé l'hebdomadaire.
Le predialogue que propose le gouvernement disposerait de l'accompagnement international des pays qui ont déjà été des facilitateurs pour l'accord humanitaire, comme la France, l'Espagne et la Suisse.
Mais Semana a signalé qu'il était nécessaire que le gouvernement colombien devrait accepter de déclarer qu'il existe bien un conflit interne en Colombie, pour pouvoir "séduire les FARC", et être disposé à une démilitarisation de territoire, comme le réclame le groupe rebelle.
Accepter le conflit interne et la démilitarisation d'une zone dans le sud de la Colombie, pour entamer des négociations, c'est le "noeud gordien" que le gouvernement cherche démêler pour une rencontre préliminaire avec la guérilla.
Uribe, qui a entamé son second mandat de quatre années (2006-2010), le passé 7 août, a déclaré qu'il chercherait un accord de paix avec le groupe armé, mais sans éliminer sa politique de sécurité.
Le chef d'État, qui a mis en oeuvre une politique de guerre totale contre les groupes rebelles, prétend la vaincre par la voie militaire, ce pourquoi il a pris des mesures comme l'augmentation de la force armée, la création de réseaux d'informateurs et la création d'un réseau d'informateurs payés.
La Colombie subit depuis 41 années un conflit armé qui oppose des guérillas, des paramilitaires extrême droite et les forces de l'État, et qui a déjà fait plus de 100.000 morts, en majorités des civils.