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Dans "Libération", le vice-président de Colombie, Francisco Santos Calderón, plaide pour la loi "Jusitice et Paix" proposée par le président Uribe, dont il déclare qu'est une réelle opportunité pour mettre fin aux violences imposées par les groupes armés :
"Le gouvernement colombien croit qu'un processus de paix négocié est le seul moyen définitif pour en terminer avec la violence en Colombie. Cependant, la détermination sans faille de l'Etat à combattre ceux qui agissent avec terreur et violence est nécessaire pour atteindre un point qui permette un accord possible.
Des efforts antérieurs pour négocier une fin de la violence avec les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), les AUC (Autodéfenses unies de Colombie) et l'ELN (Armée de libération nationale) groupes armés illégaux, sur la liste européenne des organisations terroristes ont échoué. Mais, pendant ces trois dernières années, le gouvernement colombien a renforcé sa capacité à lutter contre les terroristes, et, comme résultat, les homicides ont diminué de 40 %, les enlèvements de 70 %, et les attaques ont également diminué substantiellement. C'est le moment opportun pour tendre une branche d'olivier afin de désarmer et de démobiliser les groupes terroristes.
L'exemple le plus récent du sérieux et de la bonne volonté du gouvernement est la proposition du président Uribe de rencontrer les Farc, quels que soient l'heure et le lieu, pour négocier la libération des otages l'ex-candidate à la présidentielle Ingrid Betancourt et des centaines de civils, politiciens, soldats et officiers de police.
Pendant presque deux ans, le Congrès colombien a intensément discuté des conditions de paix. Toutes les strates de la société colombienne et de nombreux membres de la communauté internationale ont participé à ce processus démocratique au travers de réunions en ville, de débats législatifs, de conférences et par l'intermédiaire des médias. Le 22 juin, le Congrès a voté la loi «de paix et de justice», un pilier vital pour atteindre la paix dont tant de nous, Colombiens, n'avons fait que rêver jusqu'à présent.
La nouvelle loi établit un cadre complet de démantèlement des organisations terroristes les groupes de guérilla comme les groupes illégaux d'autodéfense et assure la sécurité future des citoyens colombiens tout en garantissant de condamner les coupables et de dédommager les victimes pour les crimes commis.
Avec cette loi, les combattants appartenant à des groupes armés illégaux doivent se rendre au gouvernement, renoncer au terrorisme, confesser tous leurs crimes et accepter d'être inculpés. De plus, ils doivent détruire complètement les structures de leurs groupes, rendre les avoirs mal acquis, libérer tous les otages, dédommager financièrement ceux qui ont été les victimes de leurs méfaits et s'engager à s'abstenir de toute conduite criminelle à l'avenir.
Ceux qui remplissent ces conditions deviennent passibles d'une peine de cinq à huit ans pour les crimes qu'ils ont avoués. Jusqu'à dix-huit mois du temps passé dans les zones de négociation pendant les pourparlers de paix pourront être comptabilisés dans la durée d'emprisonnement. La loi ne prévoit pas de plus amples réductions de peine.
Ceux qui critiquent cette loi se plaignent de l'amnistie prévue pour des crimes graves. Mais rien n'est moins vrai : la loi ne garantit pas l'amnistie pour tous. Elle prévoit une condamnation de cinq à huit ans, ce qui n'est pas un prix déraisonnable pour une possibilité de paix. Et cela ne concerne que ceux qui confessent et coopèrent, effectuent des réparations à l'égard de leurs victimes et rendent leurs avoirs.
La loi de paix et de justice demande des condamnations très importantes pour les abus concernant les droits de l'homme. En outre, elle réclame des peines plus longues que celles appliquées en Argentine, au Chili, en Uruguay, au Salvador, au Guatemala et en Afrique du Sud, pays dans lesquels une amnistie totale ou quasi totale a été le prix à payer pour la paix et la réconciliation.
Les droits de victimes sont pleinement garantis. La loi crée une Commission nationale de réparations et de réconciliation et un Fonds de dédommagement pour les victimes ainsi que plusieurs commissions régionales pour la restitution de propriétés. Les cours sont chargées de statuer sur les mesures de dédommagement à payer par l'Etat, même dans les cas où il n'est pas possible d'identifier l'auteur du détournement.
La tâche critique du gouvernement est maintenant d'implanter de façon effective la loi de paix et de justice. Cela va requérir d'importantes ressources, du personnel et de nouvelles institutions ainsi qu'une ferme détermination de la nation. La loi n'est pas parfaite, elle est le produit d'un compromis politique. Mais il est plus solide et pourvoira une plus grande justice que tout effort de démobilisation précédent dans l'histoire du pays.
Le président Uribe et son administration devraient avoir maintenant une opportunité pour obtenir des résultats pour les Colombiens. La Colombie, la deuxième démocratie la plus ancienne de l'hémisphère occidental et l'une des plus stables dans l'histoire de l'Amérique du Sud, ne mérite-t-elle pas une chance d'obtenir la paix ?"
Francisco Santos Calderón vice-président de Colombie.