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Les Farc ont répondu. Et le Président a parlé à nouveau. Les premièrs ont rejeté Aures, en Caicedonia (Vallée), le lieu proposé par le Gouvernement pour examiner l'échange humanitaire. Le Président, lui, a réaffirmé qu'il ne pouvait pas y avoir du démilitarisation.
Alors, impasse ? Non ! À ces prises de position "fermes" des deux parties s'ajoute un ton nouveau et des positions légèrement différentes. Le Gouvernement n'exige déjà plus de cessez-le-feu préalable, et les Farc ne parlent plus de démilitarisation de deux départements, comme dans leurs communiqués précédents.
Dans leur communiqué de lundi, les Farc parlent de ‘ libérer ’ de la Force Publique “ pour 30 jours ” les communes de Pradera et de Florida (Vallée). On ne retrouve plus le terme de "démilitarisation". Ils spécifient une durée précise - un mois. Et ils ne parlent plus de la condition que ‘ Trinidad’ et ‘ Sonia ’ fassent partie de l'échange. Le Président, lui, n'a pas insisté sur le village d'Aures et a proposé jusqu'à “ une église ” dans une des communes indiquées par les Farc, idée que même les militaires soutiendraient.
Face au scepticisme compréhensible qui entoure le sujet de l'échange et à la distance indéniable entre les positions des deux parties, il y a cette fois des indices encourageants. Les positions exprimées pourraient être considérées comme un rapprochement et non comme un dialogue de sourds, comme cela en donnait l'impression jusque récemment.
Dans leurs déclarations et leurs communications récentes il est facile de vérifier que les exigences ont diminué. Et dans les échanges récents, cette espèce de rapprochement continue, à la fois dans le ton et dans le fonds. Nous sommes peut-être à un moment clef dans le processus pour obtenir la libération des kidnappés de la guérilla en échange de l'élargissement des guérilleros emprisonnés.
Qu'est-ce que manque ? Probablement, l'intervention d'un médiateur qui traite discrètement les différences sur l'emplacement, les conditions de sécurité et la durée des conversations. Mais, surtout, il faudrait qu'on abandonne les prises de position publiques.
Un accord sur ce sujet à travers les media sera impossible. Mais avec l'aide d'un intermédiaire ou dans une réunion directe entre le Commissaire et les Farc, on devrait essayer de discuter dans le secret, loin des microphones, pour se mettre d'accord sur un emplacement et des conditions, et ensuite les annoncer au pays. En effet il y a des signes de volonté; ce qui manque, c'est un petit coup de pouce !