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Dans "El Tiempo", une lettre ouverte au Président Uribe par Alfonso lopez Michelsen, ancien président de la République Colombienne. Dans cette lettre Alfonso López Michelsen soumet à la considération du Président un nouveau point de vue sur l' “accord humanitaire”.
Il propose d'abord de revoir la signification du nom “accord humanitaire”, qui ne doit pas se limiter à une volonté commune des deux parties d'échanger des prisonniers - ce qui n’est pas nécessairement la seule façon d'arriver à résoudre le problème des captifs.
"Le concept de principe ou intention humanitaire a un contenu plus large, qui est inspiré, autorisé et légitimé par le Droit International Humanitaire (DIH), exprimé dans les Conventions de Genèvre. Je suis sûr que les familles, avec qui j’ai eu des contacts en qualité de “médiateur”, accueilleraient avec enthousiasme une quelconque marque de la volonté du gouvernement, différente d'une opération militaire pour libérer les prisonniers, mais qui se traduise par le retour des séquestrés dans leurs foyers."
A ce sujet, Alfonso López Michelsen fait référence au professeur Kalshoven qu'il décrit comme la plus grande autorité mondiale dans le domaine du DIH :
"Il a montré qu’il est possible d’étendre la compétence de l’article 90 du Protocole I (des accords de Genève) ..., qui s’applique non seulement aux conflits internationaux mais également aux conflits internes."
Il propose d'utiliser la commission d'enquête (officiellement créée en 1991, cette dernière constitue un organe permanent dont l'objectif premier est d'enquêter sur toutes les plaintes pour infractions présumées ou violations graves du droit international humanitaire) comme une sorte de tribunal impartial, qui serait au-dessus des considérations politiques, et qui aurait autorité pour déterminer les obligations de l'Etat par rapport au DIH.
"Les désaccords de conception qui ont empêché jusqu’à maintenant le démarrage des conversations entre le gouvernement et la guérilla pourraient peut être être résolus par cette Commission d’Enquête, qui déciderait à la lumière des principes humanitaires. Ainsi, par exemple, la question de la possibilité pour le gouvernement de négocier un échange ou de rechercher le retour des otages, aurait l’aval de ce juge sans appel qu’est la Commission d’Enquête. ...
...Un des rôles de cette commission serait de préciser qui est tenu de respecter l’autorité de la Commission concernée; cela dépasse la compétence de la Croix Rouge Internationale, qui s’abstient délibérément de participer aux négociations de paix et remplace également l’ONU, qui évite aussi d’intervenir dans des conflits ou le principe de légitimité d'actions éventuelles n’est pas clair."
Alfonso López Michelsen propose donc au Président une assistance de cette Commission d’Enquête, et il sollicite également les groupes qui retiennent les séquestrés, en leur demandant qu’ils déclarent s’ils sont disposés à accepter des suggestions de la Commission d’Enquête pour une négociation qui mette fin à la détention des otages.
Il rappelle qu'une majorité de la population colombienne est en accord avec le principe de l'accord humanitaire : dans un sondage récent, 75% des participants approuvaient le principe de cet accord, alors qu'ils n'étaient que 40% il y a huit mois; 68% déclarent qu’un accord humanitaire serait en faveur de l’image du Président, 72% croient que cela pourra contribuer à la paix et 70% contre 30% considèrent qu'un accord humanitaire est plus important que la réélection du président.