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Après deux ans de politique dure, les Colombiens aisés ont retrouvé un relatif sentiment de sécurité : ils peuvent à nouveau partir en vacances en voiture grâce à une militarisation accrue des principaux axes routiers du pays.
Mais ce président qui nie jusqu'à l'existence d'une guerre en Colombie et ramène la complexe problématique nationale à la «lutte antiterroriste» est loin de l'avoir gagnée. Selon un récent sondage, les Colombiens sont majoritairement convaincus de la nécessité d'une solution négociée; et le plan Patriota, une offensive militaire inédite dans les jungles du sud du pays, n'a pas encore fourni de résultats probants.
Les négociations en vue de la démobilisation des paramilitaires d'extrême droite, sur fond d'impunité latente, génèrent toujours plus d'indignation. Coup de grâce, cette semaine, l'hebdomadaire Newsweek cite un rapport déclassifié du département de Défense américain qui épinglait, en 1991, Alvaro Uribe sur la liste des cent Colombiens les plus dangereux, en raison d'une amitié présumée avec feu Pablo Escobar.
Uribe n'a pas répondu à ces accusations. Pour l'heure, conscient que sa sévère politique d'ajustement structurel pourrait lui coûter cher, dans ce pays frappé par une pauvreté et des inégalités grandissantes, il a récemment annoncé vouloir rectifier le tir en matière sociale.