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Des parents de séquestrés au pouvoir des Farc, parmi lesquels la famille d'Ingrid et la mère d'un Américain détenu, ont manifesté hier dans le centre de Bogota. Ils demandent la libération de leurs proches par un accord humanitaire et refusent des opérations militaires de sauvetage.
"Nous voulons les retrouver vivants ! Oui à l'accord humanitaire, non aux sauvetages militaires ! " clamait le groupe, réuni sur la Place de Bolivar à l'initiative de l'Association de Parents de Kidnappés et de Disparus (Asfamipaz).
La protestation était dirigée par Jo Rosano, la mère de Marc Gonsalves, un des trois Américains kidnappés par les Farc le 13 février 2003 quand l'avion dans lequel ils effectuaient une mission antidrogues a été abattu par les rebelles dans le sud de la Colombie (non loin de l'endroit où avaient été capturées Ingrid et Clara). Un autre américain et un colombien avaient été abattus lors de cette opération.
Jo Rosano, qui est arrivée en Colombie la semaine passée, a affirmé qu'elle resterait dans ce pays jusqu'à ce que son fils soit libéré. Elle a rejeté la responsabilisé du kidnapping sur les Farc, mais elle a critiqué énergiquement le gouvernement des Etats-Unis pour son inaction. "Le gouvernement américain ne joue pas le jeu honnêtement", a affirmé Jo, qui portait une pancarte avec la photographie de son fils.
La mère de Gonsalves a prévu de rencontrer l'ambassadeur de Washington à Bogota, William Wood, pour exiger une explication sur ce que fait le gouvernement des Etats-Unis pour faire libérer les américains. Rosano a critiqué ce qu'elle considère comme un manque de sensibilité des autorités des Etats-Unis devant le drame des kidnappés, en rappelant que les trois Américains sont retenus dans les forêts du sud de la Colombie depuis un an et demi.
Dans une déclaration à l'AFP, le conjoint d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte, a dénoncé pour sa part que les Farc utilisent les kidnappés comme "boucliers humains", face au Plan Patriota, une offensive militaire que développe le gouvernement colombien dans les forêts du sud du pays sous l'auspice des Etats-Unis.
"Nous dénonçons que les Farc utilisent nos parents comme boucliers humains et se protéger ainsi de l'action de l'Armée. C'est un crime, un abus, un arbitraire très grand ", a déclaré Juan Carlos.
Lecompte a émis ces déclarations en réagissant devant un communiqué, divulgué aujourd'hui, dans lequel le numéro deux des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (Farc), Raúl Rois, signale que la vie de des kidnappés est mise en danger par le développement du Plan Patriota.
"Ingrid est un civil, elle ne doit pas être impliquée dans le conflit armé", a rappelé Lecompte.
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