Près de 600 indiens de l'ethnie Embera, habitant une région rurale du nord-ouest de la Colombie, ont été contraints de fuir pour éviter des combats, a alerté jeudi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le CICR n'a pas identifié les groupes armés qui s'opposeraient dans cette région du département de Choco (nord-ouest), précisant simplement que le déplacement avait lieu à proximité de la ville de Bajo Baudo.
«Le CICR continue à s'inquiéter du sort des civils de cette région, qui depuis plusieurs semaines doit faire face aux aux graves conséquences humanitaires du conflit», a déclaré l'organisme.
L'Organisation nationale des indigènes de Colombie (Onic) a pour sa part indiqué à l'AFP qu'un groupe paramilitaire d'extrême-droite, les «Rastrojos» opérait dans la région, de même que la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) et l'armée colombienne.
Selon l'organisation, près de 2000 Embera ont été contraints de quitter leurs terres depuis la mi-mars en raison d'affrontements.
Les 600 indiens évoqués par le CICR, en majorité des femmes et des enfants, ont fui pendant plusieurs jours dans la forêt vierge avant de se rassembler dans le sud-ouest du département, où ils ont pu recevoir une aide humanitaire de cet organisme.
À la mi-mars, les habitants du bassin du fleuve Purricha, près de la ville de Bajo Baudó, avaient été contraints de fuir en raison du conflit armé sévissant dans la région. Il s'agissait pour la plupart de femmes et d'enfants.
Les communautés concernées, composées d'indigènes Emberá, ont fui pendant plusieurs jours dans la forêt avant de se rassembler dans la ville de Pizarro et le hameau de Bocas de Pegadó, où le CICR leur a distribué des secours d'urgence entre le 25 mars et le 1er avril.
Ce déplacement vient s'ajouter à d'autres qui ont eu lieu récemment dans la région et qui touchaient également des communautés indigènes. Le CICR a notamment fourni une assistance humanitaire à près de 160 membres des communautés Emberá de Nuncidó, dans l’Alto Baudó, et de Santa Rita de Iró, dans le Río Iró.
Silvia Padrón, déléguée du CICR responsable de la zone et présente lors des distributions, a déclaré : « Quand nous arrivons, les gens nous racontent l'angoisse qu'ils ont ressentie en apprenant que beaucoup de leurs proches et de leurs voisins s'étaient perdus et s'étaient retrouvés tout seuls dans la forêt, alors qu'ils fuyaient les combats… »
Le CICR reste préoccupé par le sort de la population civile dans cette région, car depuis plusieurs semaines, la situation humanitaire s’est dégradée en raison du conflit armé. L'institution maintiendra sa présence dans la zone afin de porter assistance aux victimes du conflit, accomplissant sa mission d’organisation humanitaire neutre, impartiale et indépendante.
Selon l'Onic, depuis six ans 1240 indigènes ont été assassinés et quelque 50 000 ont été déplacés en raison du conflit impliquant l'armée, les guérillas d'extrême-gauche et des groupes paramilitaires d'extrême-droite notamment.