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Le président français affirme qu'Ingrid Betancourt «est en danger de mort imminente».

01/04/2008 - Libération, L'Express, InfoBAE, AP

Le président français confirme que l'otage de la guérilla «est en danger de mort imminente». La mobilisation ne cesse pas, mais les dernières nouvelles ne sont pas rassurantes.

«Ingrid est en danger de mort imminente. Elle n’a plus la force de résister à une captivité interminable qui s’enfonce de la tragédie. […] Alors, vous qui dirigez les Farc, vous avez maintenant un rendez-vous avec l’Histoire. Ne le manquez pas. Libérez Ingrid Betancourt et ceux des otages qui sont les plus affaiblis!» Voilà ce qu’a lancé ce mardi Nicolas Sarkozy au chef de la guérilla des Farc Manuel Marulanda.

Le président français, dans un message radiophonique enregistré à l’Elysée, a ajouté que «la France est et restera mobilisée pour un accord humanitaire. Ne laissez pas perdre l’occasion qui se présente. Ce serait une faute politique grave en plus d’une tragédie humanitaire. Ce serait un crime, vous seriez responsable de la mort d’une femme».

Ce message intervient alors que les nouvelles d’Ingrid Betancourt, enlevée il y a plus de six ans par les Farc, sont particulièrement inquiétantes. Arnaud Mangiapan, président d’un des comités de soutien à l’otage franco-colombienne, a ainsi affirmé mardi à l’issue d’un entretien à l’Elysée que «des sources relativement sûres annoncent qu’elle a commencé une grève de la faim le 23 février. […] Une grève de la faim en milieu hospitalier, c’est déjà très dangereux. Au milieu de la jungle, c’est mortel. Donc il est évident que pour Ingrid, il y a une urgence absolue, maintenant».

Mobilisation de deux anciennes otages

La radio privée colombienne Caracol a, quant à elle, affirmé lundi, citant des sources des services secrets de l’armée colombienne, qu’Ingrid Betancourt se trouvait dans un état très grave et qu’elle refusait de s’alimenter et de prendre des médicaments. «Ingrid vomit constamment et souffre de diarrhée», a indiqué la radio, précisant que l’ex-candidate à la présidentielle colombienne avait un besoin urgent de transfusion sanguine.

La mobilisation ne faiblit pas. Deux anciennes otages en Irak se sont exprimées en faveur d’Ingrid Betancourt. La Française Florence Aubenas d’abord a rappelé que «le temps est compté», dans une vidéo qui doit être diffusée toute la semaine par les chaînes de télévision.
La journaliste italienne Giuliana Sgrena ensuite, qui a adressé mardi dans les colonnes du quotidien de gauche Il Manifesto un message à l’otage, la suppliant de «résister» et demandant à ses ravisseurs de la libérer. «Ingrid, résiste. Quand l’espoir semble épuisé, pense à ceux qui t’attendent et qui ont souffert terriblement de ton absence. Quand la vie semble avoir quitté ton corps que tu observes de l’extérieur comme s’il t’était déjà étranger, ne l’abandonne pas.»

«Ils ont tué Raúl Reyes et sérieusement blessé la paix»

Mais dans une lettre publiée par l’Agence bolivarienne de presse, proche de la guérilla, le dirigeant Iván Márquez cite son chef, Manuel Marulanda : «Ils ont tué Raúl (Reyes, ancien numéro 2 et médiateur des Farc, tué en Equateur le 1er mars dernier, ndlr) et ils ont sérieusement blessé l’échange de prisonniers et la paix.»

Le 6 décembre, Nicolas Sarkozy avait déjà adressé un message radio au chef des Farc, Manuel Marulanda, lui «demandant solennellement de relâcher» Ingrid Betancourt, et un autre message destiné aux otages des Farc pour leur témoigner la «solidarité de la France».


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