La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


Les Farc jugent "irrecevable" la mission humanitaire française

08/04/2008 - JDD, La Tribune, AFP, The Age, Terra España, PR inside

Les FARC ont annoncé dans un communiqué diffusé mardi leur refus de la mission humanitaire française dépêchée en Colombie pour tenter d'entrer en contact avec l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.

A Paris, la présidence de la République, sollicitée par l'Associated Press, ne souhaitait pas faire de commentaire dans l'immédiat.

Pour les FARC, la mission médicale française n'est "pas recevable encore moins quand elle n'est pas le résultat d'une concertation, mais de la mauvaise foi du (président colombien Alvaro) Uribe envers le gouvernement de l'Elysée, et une plaisanterie sans âme envers l'attente des familles de prisonniers".

"Nous ne cédons pas au chantage ni aux campagnes médiatiques", précisent les Forces armées révolutionnaires de Colombie dans un texte diffusé sur le site Internet de l'Agence bolivarienne de presse (APB), qui diffuse régulièrement des communiqués des FARC.

Dans ce communiqué, le secrétariat des FARC, l'instance dirigeante de la guérilla, appelle à nouveau le gouvernement colombien à créer une zone démilitarisée pour permettre la tenue de pourparlers sur un échange humanitaire. Le président Uribe a rejeté cette demande à plusieurs reprises.

"Si au début de l'année le président Uribe avait démilitarisé Pradera et Florida pendant 45 jours, tant Ingrid Betancourt que les militaires et guérilleros prisonniers auraient déjà été libérés, et cela aurait été la victoire de tous", affirme le communiqué.

Un revers pour la mission

Paris n'a pour l'heure fait aucun commentaire. C'est un revers pour la mission dépêchée par Nicolas Sarkozy.

Un revers personnel pour Nicolas Sarkozy? L'opération était hardie. Dans un discours adressé au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) Manuel Marulanda, le président de la République exhortait le vieux guérillero à libérer la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt et décidait, dans la foulée, d'envoyer une mission humanitaire, qualifiée par certains de "dernière chance", pour tenter de forcer la main aux Farc. Sans contact préalable avec la guérilla colombienne.

"Aucun accord"

La mission humanitaire, dépêchée par Paris, s'était posée le 3 avril dernier sur le tarmac de l'aéroport de Bogota. L'opération, menée conjointement avec la Suisse et l'Espagne, semble capoter pour de bon après un communiqué des Farc diffusé ce mardi sur internet. La guérilla estime, de façon laconique, que la mission "n'est pas raisonnable".

"La mission médicale française n'est pas raisonnable, d'autant qu'elle ne découle d'aucun accord", précisent les Forces armées révolutionnaires de Colombie dans ce communiqué daté du 4 avril. Les rebelles marxistes y réclament à nouveau une zone démilitarisée dans la jungle afin de faciliter un éventuel échange d'otages contre des militants détenus dans les prisons colombiennes. Le président colombien Alvaro Uribe a repoussé à plusieurs reprises cette idée, affirmant ne pas vouloir offrir aux rebelles l'occasion de regrouper leurs forces.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait déclaré que la mission était toujours en attente d'un signal des Farc. Le signal est donc arrivé et n'annonce rien de bon. La mission est immobilisée depuis jeudi sur la base aérienne de Catam, près de Bogota.

La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (Ficib) a réagi au communiqué des Farc, estimant que "le rejet par les Farc de la mission humanitaire est une mauvaise nouvelle" mais n'est pas "surprenante". "Cette mission avait été envoyée par la France dans l'urgence, sur la base d'informations non vérifiées concernant l'état de santé d'Ingrid Betancourt. La réaction des Farc semble prouver qu'effectivement l'état de santé d'Ingrid ne justifie pas une opération d'extrême urgence, ce qui est un point positif ", poursuit le communiqué de la Ficib. A Paris, l'Elysée et le Quai d'Orsay n'ont pour l'heure fait aucun commentaire au message des Farc...

Communiqué de la FICIB

Le rejet par les Farc de la mission humanitaire est une mauvaise nouvelle mais nous ne sommes pas surpris. Cette mission avait été envoyée par la France dans l'urgence, sur base d'informations non vérifiées concernant l'état de santé d'Ingrid Betancourt. Il semble maintenant se confirmer que ce n'étaient que des rumeurs. La réaction des Farc semble prouver qu'effectivement l'état de santé d'Ingrid ne justifie pas une opération d'extrème urgence, ce qui est un point positif.

Il est néanmoins avéré qu'elle nécessite des soins médicaux sérieux, tout comme d'ailleurs plusieurs de ses compagnons de détention. Et la vie de tous les otages continue à être mise en grave danger par les bombardements de l'armée colombienne, qui se sont intensifiés sur la zone où on présume qu'ils sont détenus.

Nous demandons donc avec insistance au président colombien, chef de son armée, de faire cesser immédiatement ces bombardements et toute opération militaire qiui mettrait en danger la vie d'Ingrid Betancourt et des autres otages de la guérilla.


>Tous les titres du mois 


> Poser une question,
   envoyer un commentaire

>www.Betancourt.info