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Betancourt : mission impossible ?

08/04/2008 - M6 Info

Si l'espoir reste le mot d'ordre en France, l'éventuelle libération d'Ingrid Betancourt suscite scepticisme et pessimisme en Colombie. Exemple avec la sénatrice Piedad Cordoba, une proche des Farc, qui a récemment négocié la libération de six otages de la guérilla, aux cotés du président vénézuélien Hugo Chavez. Aujourd'hui, et plus que jamais, cette femme de 52 ans s'inquiète du sort d'Ingrid Betancourt. Selon elle, la mission humanitaire lancée par la France a peu de chance de réussir.

"Il est possible que les Farc ne veuillent plus communiquer tant que le gouvernement actuel sera en place en Colombie. Ca va être très difficile de renouer le contact, notamment après l'assassinat de leur médiateur Raoul Reyes... ça a été un gros coup dur pour les Farc", estime-t-elle.

Un pessimisme partagé par une autre personnalité qui connaît bien la guérilla marxiste : le journaliste José Botero. C'est lui qui, il y a un an, avait révélé l'existence d'Emmanuel, l'enfant que Clara Rojas avait eu avec un guérillero pendant sa captivité. Pour lui, la France n'a pas compris comment il fallait négocier : "cette mission n'a pas fonctionné car elle avait au départ un défaut de fabrication. Elle est née de la seule initiative de Nicolas Sarkozy. Il en a discuté avec le gouvernement colombien, mais n'a pas compté sur l'autorisation au préalable des Farc", a-t-il expliqué.

Tant que la guérilla restera silencieuse les chances de retrouver Ingrid Betancourt seront très minces. L'avion français censé la récupérer dans la jungle, attend depuis cinq jours maintenant, le feu vert des Farc pour décoller

Où en est la mission humanitaire française ?

Au point mort. Paris attend donc toujours de la part des Farc, l'autorisation d'intervenir et surtout les coordonnées géographiques de l'endroit où se trouve l'otage franco-colombienne. Car sans ces informations, impossible de la trouver dans l'immense forêt tropicale du sud-est du pays, grande comme deux fois la Suisse.

Depuis l'envoi de la mission humanitaire française, la guérilla a répondu sur un seul point, essentiel : aucune libération unilatérale d'otages n'aura lieu. Le mouvement réclame la sortie de prison de centaines de guérilleros et la démilitarisation d'une zone du pays pour procéder à toute libération.

Les chances pour sauver la Franco colombienne diminuent au fil des heures. Mais Paris garde espoir : "Nous sommes en train d'essayer, d'essayer, d'essayer et il n'y a pas d'autre solution", a déclaré Bernard Kouchner. La soeur d'Ingrid Betancourt, Astrid, ne partage pas le même optimisme : "Telle que la mission humanitaire est présentée, il est peu probable que la guérilla donne une réponse favorable", indique-t-elle. Seule lueur d'espoir pour elle : le président du Venezuela Hugo Chavez a proposé de jouer à nouveau un rôle de médiateur dans cette affaire. C'est lui, qui avait obtenu la libération de six otages colombiens, dont Clara Rojas, la directrice de campagne d'Ingrid Betancourt.

Ingrid Betancourt est aujourd'hui en danger de mort. Selon les derniers témoignages, la franco-colombienne, serait très affaiblie. Elle aurait décidé depuis un mois de ne plus s'alimenter et de ne plus prendre ses médicaments. Ingrid Betancourt, qui souffre notamment d'une hépatite B, aurait besoin d'une transfusion sanguine

Dimanche, une "marche blanche" était organisée pour prouver la mobilisation de la France pour l'otage détenue depuis plus de six ans dans la jungle colombienne. Un pari réussi : de Paris à Nice en passant par Bordeaux ou Toulouse, des milliers de personnes ont témoigné de leur solidarité avec Ingrid Betancourt, appelant les Farc et Alvaro Uribe à tout faire pour obtenir sa libération.

Dans la capitale, de nombreuses personnalités sont venues manifester leur soutien. Carla Bruni-Sarkozy a réaffirmé la détermination du chef de l'Etat pour obtenir la libération de l'otage franco-colombienne. "Mon mari ne cédera pas", a-t-elle assuré


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