|
||||||
Les possibilités de continuer à libérer des otages sont "closes" et le président vénézuélien Hugo Chavez est le seul espoir pour délivrer Ingrid Betancourt, déclare le chef des Farc Ivan Marquez dans une interview publiée dimanche par le quotidien argentin Perfil.
Selon le chef guérillero, après la mort de Raul Reyes, numéro deux des Farc, dans un bombardement de l’armée colombienne sur le territoire équatorien "nos possibilités de continuer à libérer le reste des personnes sont pour l’instant closes". Marquez a affirmé que la mort de Reyes avait été "un coup très dur", expliquant qu’"il s’agissait d’un commandant d’une grande valeur, qui est tombé en cherchant la voie d’une solution politique à la situation des prisonniers de guerre en Colombie".
Le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a également tenu à souligner l’attitude "courageuse" de Yolanda Pulecio, la mère de l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate à l’élection présidentielle enlevée en 2002. "Elle (Yolanda Pulecio) voit en Hugo Chavez le seul espoir et elle a raison, car Chavez s’est impliqué de façon désintéressée pour concrétiser l’échange (de prisonniers)", a ajouté Marquez. L’interview a été réalisée par Patricio Etchegaray, secrétaire général du parti communiste argentin (PCA) "dans les montagnes de Colombie", indique le journal.
Kouchner en mission difficile lundi à Bogota, Quito et Caracas
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchnerentame lundi une difficile mission visant à relancer le dialogue entre la Colombie et ses voisins du Venezuela et d'Equateur afin d'obtenir la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.
Sa tournée dans les trois pays constitue "une grande opportunité pour que le gouvernement colombien relance l'accord humanitaire" mais elle débute "dans un ambiance difficile, qui n'est vraiment pas des meilleures", a expliqué à l'AFP Carlos José Herrera, directeur de chaire à l'Université de Pamplona (nord-est).
En apprenant l'arrivée du chef de la diplomatie française, M. Uribe a d'entrée de jeu annoncé qu'il s'opposerait à toute médiation du président vénézuélien Hugo Chavez. M. Uribe avait brusquement mis fin à une mission de son homologue en novembre, l'accusant "d'ingérence" dans les affaires colombiennes.
"Ce voyage de trois jours de Bernard Kouchner n'a qu'un seul objectif: alléger les tensions entre Bogota, Quito et Caracas pour créer une ambiance favorable pouvant bénéficier aux otages", a commenté le quotidien de référence colombien El Tiempo. Dans un éditorial, samedi, ce journal a toutefois critiqué "la légèreté" du président français Nicolas Sarkozy dans le dossier Betancourt, en le qualifiant de "débutant".
"La Colombie a souffert des caprices" du président français, a estimé El Tiempo. "Sarkozy a d'abord demandé à Alvaro Uribe de libérer un dirigeant des Farc (Rodrigo Granda début juin 2007). Puis il a envoyé (début avril) un avion ambulance pour secourir Ingrid Betancourt sans avoir pris contact avec les preneurs d'otages", a rappelé le quotidien. "Tout semble indiquer que Kouchner insistera auprès du président du Venezuela pour qu'il reprenne sa médiation avec les Farc", a ajouté El Tiempo.
L'ancien député de gauche Leon Valencia, directeur d'une Fondation d'étude des crises (Nouvel arc-en-ciel) est pessimiste: "Kouchner va devoir vaincre la résistance du gouvernement Uribe de réintroduire Chavez (dans les négociations) qui est très forte, alors que pour Bogota l'accord humanitaire n'est pas prioritaire". "Tout indique que les Farc exigent la médiation de Chavez. Si Kouchner arrive à convaincre Uribe et Chavez, la France aura alors de fortes chances pour qu'Ingrid et les autres otages soient libérés", a indiqué à l'AFP M. Valencia.
Dans son plus récent communiqué, l'agence Anncol, proche de la guérilla, estime que l'actuelle priorité pour les Farc "est de se débarrasser de la mafia paramilitaire de la présidence (....) car rien ne fonctionne avec le régime actuel". "Prétendre parvenir à des accords humanitaires, aussi petits soient-ils, est illusoire", écrit l'agence de presse, affirmant que la France est témoin de "l'absence de volonté humanitaire" du gouvernement d'Alvaro Uribe. Anncol rend hommage au "rôle incontestable" du président Chavez, "un homme de parole et de confiance", en faveur d'un accord humanitaire.
Autre écueil pour M. Kouchner: les relations entre Quito et Bogota sont encore plus mauvaises que celles entre la Colombie et le Venezuela. Le 3 mars, l'Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie après une attaque de l'armée colombienne en territoire équatorien au cours de laquelle le numéro deux des Farc, Raul Reyes, a été tué.
De leur côté, des militaires colombiens ont affirmé samedi qu'une attaque à l'explosif lancée vendredi par les Farc et ayant blessé un soldat, était partie du territoire équatorien. L'Equateur a rejeté ces accusations, affirmant contrôler militairement la frontière avec la Colombie. Les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) ont proposé d'échanger 39 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre 500 guérilleros emprisonnés.