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La libération de Betancourt était sur les rails jusqu'à la mort de Reyes

25/04/2008 - AFP, TSR

La libération de l'otage franco-colombienne détenue par les Farc, Ingrid Betancourt, était sur les rails jusqu'à la mort du numéro deux de la guérilla colombienne, Raul Reyes, le 1er mars, a déclaré la sénatrice colombienne Piedad Cordoba au quotidien espagnol El Pais jeudi.

"Les choses allaient très bien pour la libération d'un des +gringos+ (un Américain, NDR) séquestré. Dans le lot se trouvait aussi Ingrid. Mais tout a été mis par terre avec ce qui s'est passé le 1er mars", selon Mme Cordoba, qui a joué le rôle de médiatrice entre le gouvernement et la guérilla.

Raul Reyes est mort dans l'attaque par les troupes colombiennes d'un campement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) le 1er mars en territoire équatorien. Cette attaque fut à l'origine d'une détérioration de la situation, selon la sénatrice de l'aile gauche de l'opposition au gouvernement de droite du président colombien Alvaro Uribe. "Ce fut un coup fatal à la confiance que les Farc plaçaient dans le gouvernement (colombien). La France a été la grande perdante", déclare Mme Cordoba.

Ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle en Colombie, Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de six ans, est l'une des 39 otages dits "politiques" que les Farc proposent de libérer contre quelque 500 guérilleros emprisonnés. Dans l'entretien au Pais, Mme Cordoba critique durement le gouvernement qu'elle accuse d'utiliser le cas Betancourt pour détourner l'attention de sujets politiques embarrassants.

"Le gouvernement d'Uribe a dit qu'elle (Ingrid Betancourt) allait mourir, et a permis à la France d'envoyer un avion, seulement pour masquer un scandale politique, parce que le même jour, trois parlementaires accusés de relations avec les paramilitaires (d'extrême droite) étaient arrêtés", selon elle.

Les affaires dites de "para-politique" (pour paramilitaires) éclabousse depuis plusieurs mois le pouvoir colombien, accusé de liens avec les milices d'extrême-droite. Mario Uribe, un cousin du président colombien, a été arrêté mardi dans ce dossier. Le président Uribe a révélé mercredi qu'il était lui-même visé par une enquête à la suite d'une dénonciation d'un prévenu l'accusant d'être impliqué dans un massacre de paysans en 1997.

Le conflit entre les Farc et Bogota "s'est régionalisé de manière préoccupante", souligne par ailleurs Mme Cordoba. "Beaucoup de paramilitaires (colombiens) se sont appropriés des régions entières d'Equateur, et certains se sont entraînés en Bolivie, dans la zone de Santa Cruz, pour déstabiliser le gouvernement d'Evo Morales", assure-t-elle. Les pays voisins "commencent à exiger une solution au conflit", selon Mme Cordoba, pour qui "la Colombie est devenu un voisin embarrassant".


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