|
||||||
El Tiempo vient de publier plusieurs articles dont l'horreur est insoutenable - particulièrement les photos - concernant les recherches qui commencent à s'organiser pour identifier les victimes assassinées par les paramilitaires d'extrème-droite, suite aux renseignements concernant les fosses communes dans lesquels ces organisations auraient enterré leurs victimes.
L'enquête a débuté il y a un an, et on n'a encore retrouvé que 533 corps dont seulement 13 ont été pleinement identifiés par leur ADN et 173 par des détails vestimentaires.
On en sait plus maintenant sur les circonstances de leur assassinat, et cela donne le frisson : par exemple sur le fait que les paramilitaires démembraient parfois leurs victimes vivantes - et qu'ils donnaient à leurs recrues des "cours" sur la technique à utiliser pour cela...
Le nombre total de victimes est encore inconnu. 10.000 selon le ministère public, 31.000 selon la Commission colombienne des Juristes
Au bout d'une première année de recherche de tombes communes, le Ministère public a reçu 3.710 dénonciations d'emplacements où les trouver ; mais la majorité n'a pas pu être explorée par manque de ressources : on a retrouvé 533 corps et le plus dramatique est que seulement 13 ont été identifiés pleinement, c'est-à-dire, avec des ADN. 173 autres ont été identifiés de manière préliminaire (par des détails vestimentaires, des tatouages etc.)
Lorsque la rédaction de El Tiempo a décidé de faire une enquête le phénomène des tombes communes, les journalistes ont été bouleversés par ce qu'ils découvraient. C'était l'horreur qu'ils découvraient.
Les témoignages des paramilitaires et les résultats des médecins légistes permettent de conclure que les AUC non seulement avaient conçu une méthode pour démembrer leurs victimes, mais ont en étaient arrivés à donner des cours sur cette technique en utilisant des personnes vivantes qui étaient enlevées et amenées à leurs camps d'entraînement.
Francisco Villalba, un dirigeant paramilitaire de la région d'Antioquia, a organisé des opérations au cours desquelles ses troupes ont torturé et torturé 15 personnes pendant 5 jours; il révèle maintenant les détails de ces cours qui étaient jusqu'à aujourd'hui inconnus. "C'étaient des personnes agées qui arrivaient dans des camions, vivantes, ligotées (...) et on les "distribuait" à nos groupes de cinq (...) avec pour instruction de leur enlever les bras, la tête... de les démembrer vivants", trouve-t-on dans son dossier.
L'utilisation de la tronçonneuse n'a pas été décelée dans les cadavres qui ont été déterrés jusqu'à présent. "Entre autres, ce n'était pas pratique parce que la scie á chaîne s'empêtrait dans les vêtements et c'est pourquoi ils préfèraient la machette", explique un fonctionnaire spécialisé dans les exhumations. 70 pour cent des cadavres déterrés dans la Côte Pacifique ont été démembrés à la machette et la majorité des 106 cadavres trouvés au Putumayo - où Carlos Castaño a commencé à organiser ses massacres - ont reçu ensuite une balle dans la tête et ont été ensuite démembrés aux articulations.
Pourquoi les démembrer ? Par un macabre pragmatisme : devant la nécessité de courir moins de risques avec les juges en Colombie et dans le monde pour crimes contre l'humanité, ils devaient enterrer leurs victimes. Et pour économiser l'effort de devoir creuser des tombes très profondes, "le mieux était de les couper en morceaux".
(El Tiempo donne plus de détails "techniques" sur la manière de procéder, qui ne sont pas traduits ici)
Et la guérilla ?
On a aussi trouvé des fosses communes qui lui sont attribuées, surtout en Cundinamarca, mais 98 pour cent des cas dont s'occupe aujourd'hui le Ministère public sont imputés aux paramilitaires.