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Le kidnapping est l'obstacle qui nous empêche de négocier avec l'Eln depuis dix ans...

25/04/2005 - El Tiempo

Luis Carlos Restrepo"Les enlèvements, c'est l’obstacle pour négocier avec l’ELN (Ejercito Liberacion Nacional) depuis 10 ans", a déclaré le délégué pour la Paix Luis Carlos Restrepo .

Cette guérilla ne s’est jamais engagée à abandonner cette pratique, à cause du pacte qu'ils ont avec les Farc pour forcer un accord humanitaire.

Qu’est ce qui a rompu le rythme de ces rapprochements avec l’ELN ?

Le point d'achoppement pour l’ELN, c'est son refus d'arrêter la pratique du kidnapping. Depuis le 29 janvier nous avons trouvé une formule pour suspendre les actions militaires de l’ELN, avec une attitude de réciprocité de la part du gouvernement, créant ainsi les conditions d’une rencontre directe à Mexico. Cependant, en février l’ELN a rejeté de façon systématique d’inclure la suspension cette pratique dans les négociations sur les actions militaires.

Nous nous trouvions face à ce paradoxe : le gouvernement, qui offrait la réciprocité, ne pouvait pas mener des actions militaires contre eux, mais eux au contraire gardaient leur totale liberté de continuer à pratiquer le kidnapping. Nous avons compris le fond du problème.

Et c'est... ?

L’ELN est un groupe violent qui continue à considérer que l’enlèvement est une arme pour faire pression. Il a le sentiment qu’il arriverait affaibli à la table des négociations s’il arrêtait de le pratiquer.

Y aurait il des avancées ?

Nous sommes arrivés au point de définir la proposition du gouvernement en mettant la priorité sur le financement du processus et le sujet de l’accord humanitaire. On a aussi parlé de la durée de cette première rencontre, qui serait une rencontre directe entre le Gouvernement et l’ELN, et qui pourrait durer de trois semaines à un mois.

A quel point en sont vos rapprochements maintenant ?

Au plus difficile. Le pays doit s’habituer à regarder ces problèmes en face .

En vérité, croyez vous que ce soit le moment le plus critique par rapport à ce que vous avez connu dans le passé ?

Oui, en ce qui concerne les dix dernières années. Les dialogues se sont rompus avec l’ELN quand on en est arrivé au sujet de l’enlèvement. L’ELN veut être reconnu dans le monde comme un interlocuteur politique, mais il se révèle comme une bande de ravisseurs.

Le Mexique a-t-il abandonné définitivement son rôle de médiateur ?

Le Mexique est disposé à continuer le travail qu’il vient de faire progresser, si le Gouvernement et l’ELN le désirent. Mexico nous a permis d’établir un canal direct de communication.

Maintenant l’ELN est en train de demander aux pays amis….

La grande difficulté avec l’ELN, c’est qu’il a toujours trois ou quatre canaux de communications parallèles. Quand il rencontre des difficultés avec un, il saute à un autre. Avec le Mexique, nous avons établi un seul canal de communication. Nous avons honte de ce que l’ELN ait commis une ingérence dans les affaires intérieures de ce pays. Il a créé ainsi un précédent désastreux. Nous craignons maintenant d’inviter un médiateur parce que nous l’exposerions à un groupe terroriste qui se mêlerait de ses affaires.

Si on envisage un seul canal, pourquoi ne pas le demander au Venezuela, au Brésil ou à l’Espagne ?

L’ELN a envoyé une lettre aux Présidents de ces pays, en  essayant de modifier publiquement l’agenda et d’influencer leurs décisions. Aucun ne l’a fait. Les Présidents ont envoyé un message clair en ce qui concerne les groupes guérilléros colombiens. Ils doivent cesser leurs actions violentes.

L’appui des pays amis s'affaiblit ?

Ce groupe n’a jamais été un médiateur. Ils ont constitué une espèce de groupe opérationnel et logistique pour un processus déjà en route. Nous ne pouvons pas tomber dans le jeu de l’ELN.

Aujourd’hui, envisage-t-on un dialogue direct ?

Nous n’avons aucun problème avec un dialogue direct. A Itagüί nous avons un moyen de communication qui nous permet un contact direct avec Monsieur Antonio García et le Coce. Quand il voudra, nous discuterons des conditions pour commencer.

Les Auc violent quotidiennement le cessez-le-feu….

Chaque fois que les Auc violent le cessez-le-feu, non seulement nous leurs répondons militairement, ou tout au moins nous donnons de l’importance à ce qu’ils ont fait, à la table des négociations. Si les Auc en sont maintenant au point de se démobiliser c’est parce que le Gouvernement a fait pression à la table des négociations.

Une relance des Farc poserait des jalons à l’ELN ; pourquoi ne se concrétise-t-elle pas ?

L’ELN a fait un pacte avec les Farc au milieu de 2003. De ne rien discuter avec le gouvernement à part d’un « échange de prisonniers». Ils craignent d'abandonner la pratique du kidnapping parce que dans ce scénario, les séquestrés sont fondamentaux.

BIBIANA MERCADO RIVERA et
CARLOS FERNANDO GALÁN
Redaction Polítique - El Tiempo


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