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L'armée colombienne affronte la guérilla des Farc au sud de Bogota.
Pour la troisième semaine consécutive, des milliers d'enfants de la région du Cauca, au sud-ouest de la capitale Bogota, n'ont pas été à l'école, lundi. Des violents combats font rage depuis le 14 avril, dans cette zone montagneuse, entre l'armée colombienne et la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Cette confrontation directe témoigne de la phase cruciale dans laquelle est entrée la guerre civile depuis l'arrivée du président Alvaro Uribe. Celui-ci a opté pour une offensive totale contre les rebelles, désireux de prendre le pouvoir depuis la fin des années 1960. Intransigeant, le pouvoir traque désormais les Farc jusque dans leurs fiefs.
Un poste de police
La petite ville de Toribio se situe sur le versant ouest de la Cordillère centrale. Là, comme ailleurs dans le pays, les guérilleros ont développé de véritables zones de non-droit, où les forces de l'ordre sont absentes. Comme ailleurs dans le pays, les Farc se livrent au pillage des habitants et au kidnapping, cachant plusieurs milliers d'otages dans les forêts. Or, il y a deux ans, un poste de police protégé a été installé au centre de Toribio. Une provocation, aux yeux des Farc.
Le 14 avril, ces forces marxistes ont bombardé la cité, tuant un enfant de 9 ans. Depuis, les hostilités n'ont pas cessé, tuant un nombre indéfini de personnes, une trentaine environ. C'est la première fois qu'un tel front de guerre est médiatisé, certains observateurs estimant qu'il s'agit de l'épreuve la plus périlleuse jamais subie par Uribe. Le Président n'avait pas hésité à se présenter brièvement à Toribio après le bombardement par les Farc pour traiter les rebelles de «lâches».
La fuite des Indiens
La population civile fait les frais de cette recrudescence de violence. Plus précisément, dans la région, ce sont les Indiens Nasa (Paez pour les Espagnols) qui en souffrent directement. Au nombre de 200000, ils constituent l'un des groupes indigènes les plus importants du pays. Leurs revendications autonomistes remontent au début du XXe siècle. Le maire de Toribio, Arquimedes Vitonas, est issu de leurs rangs. Il avait été enlevé par les Farc en août 2004 et libéré quelques semaines plus tard grâce à la pression des siens. Aujourd'hui, ils sont des milliers à fuir pour s'éloigner des combats. Pour les protéger, des membres de la garde indigène sont venus de différentes parties du pays. Avec des bâtons multicolores, ils tentent de s'interposer entre les différentes parties du conflit. Au risque de leur vie. Ils seraient 10000 dans toute la Colombie, s'efforçant de préserver les différentes tribus pour éviter un exil forcé vers les villes. «La région est devenue une poudrière prête à exploser», constate le membre d'un mouvement de soutien aux indigènes. L'enjeu pour le pouvoir est clair: obtenir une victoire stratégique contre les Farc.
Quel qu'en soit le coût...