La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


Les déplacés internes en Colombie

23/04/2005 - CICR

Au moins trois millions de personnes auraient été déplacées en Colombie depuis 1985 en raison du conflit.Cette population, la troisième plus importante au monde en terme de déplacement, fait face à des problèmes de sécurité physique, économique et sanitaire, sans oublier l'accès aux soins de santé et à l'éducation. Un rapport conjoint du CICR et du Programme alimentaire mondial résume la situation.

En Colombie, 40 ans de conflit armé et des problèmes économiques croissants ont entraîné une grave détérioration des conditions de vie élémentaires de plusieurs secteurs de la population, en particulier de ceux touchés par le conflit (personnes déplacées à l'intérieur de leur pays et communautés d’accueil).

Selon diverses estimations, entre 1,8 et 3 millions de Colombiens ont été déplacés depuis 1985, ce qui met la Colombie au troisième rang mondial des pays confrontés à ce problème. La majorité de ces personnes ne pouvant regagner leur lieu d’origine, situé dans des zones exposées au conflit, elles viennent souvent en masse grossir les ceintures de pauvreté qui entourent les grandes agglomérations.

Là, elles doivent souvent faire face à des difficultés considérables d’adaptation à leur nouvel environnement urbain. Le contact avec le crime, le manque de revenus fixes, le logement précaire, l’absence d’accès aux services de santé et à l’éducation, les mauvaises conditions d’hygiène sont autant de facteurs qui font que les familles déplacées sont toujours plus vulnérables à l’insécurité des moyens d’existence et, partant, à l’insécurité alimentaire.

En coordination avec les autorités compétentes, le CICR continue d’apporter son soutien aux personnes déplacées dans les zones rurales et urbaines. Pour 2005, l’institution a ainsi prévu un budget afin de venir en aide à 90 000 personnes.

Une étude que vient de publier le CICR a montré qu’en moyenne, 58% des dépenses mensuelles d’une famille déplacée servent à couvrir les frais de nourriture. Une fois déplacées, les communautés agricoles rurales sont privées de leur ressource essentielle, la terre. Elles ne peuvent donc plus produire leur propre nourriture et doivent acheter une grande part de ce qu’elles consomment. Or, compte tenu des difficultés que les déplacés rencontrent à trouver du travail dans les villes, du fait notamment que leur savoir-faire n’est pas transférable, leurs revenus sont limités.

Si l’alimentation est incontestablement importante, la quête de nourriture comporte des effets négatifs pour les foyers, une partie des ressources qui serait normalement affectée à l’éducation ou à la santé étant consacrée à l’achat de vivres. Une telle situation est très préoccupante, dans une société où près des deux tiers de la population est âgée de moins de 18 ans. Les difficultés que rencontrent alors les familles déplacées risquent d’hypothéquer les chances des générations futures d’échapper à la pauvreté ou à la misère.

Certes l’assistance humanitaire n’est pas à même de remédier à certains problèmes fondamentaux, tels que la pauvreté, la violence ou l’absence d’intégration sociale, auxquels les déplacés internes sont confrontés. Elle peut cependant concourir à la mise en œuvre de solutions durables en soutenant dès le début les mécanismes d’adaptation des déplacés internes, et à condition que les gouvernements appliquent des mesures et des programmes clairs et adaptés. Cela étant, il conviendrait d’éviter à long terme une dépendance exclusive de l’assistance humanitaire.

Forts des résultats de cette étude, le CICR et le PAM ont pu donner aux autorités colombiennes compétentes un aperçu général de la situation actuelle et leur recommander des solutions pratiques visant à améliorer les conditions de vie des déplacés. Les autorités, et les autres organisations humanitaires impliquées, pourront ainsi apporter un soutien plus approprié.

Le CICR et le PAM estiment que la politique du gouvernement en matière de protection de la population civile doit être mise en œuvre de manière plus systématique. Quant aux mécanismes mis en place dans le but de venir en aide aux personnes déplacées, ils ont besoin d’être renforcés et adaptés si l’on veut qu’elles puissent se relever, tant économiquement que socialement, et venir à bout des obstacles encore trop nombreux qui leur barrent l’accès aux services sociaux de base. Ces obstacles doivent donc tomber.

L’importance accordée aux programmes actuels de protection sociale devrait en outre être amplifiée et le nombre de destinataires étendu pour permettre aux personnes déplacées d’en bénéficier. Vu la disparition des moyens d’existence des communautés rurales lorsqu’elles sont déplacées vers des zones urbaines et compte tenu de leurs difficultés, faute de moyens, d’accéder à l’éducation, il conviendrait d’axer l’assistance humanitaire sur le développement du capital humain. Apprendre aux adultes à développer de nouvelles aptitudes peut contribuer à renforcer la sécurité des moyens d’existence au sein des familles déplacées.


>Retour 


>www.Betancourt.info