ACTION URGENTE  en Colombie  

AmnestyInternational

Hollman Morris, Carlos Lozano, Daniel Coronell

28/05/2005 - AIBf

Le 16 mai, trois journalistes colombiens de Bogotá ont reçu des menaces de mort sous la forme de couronnes funéraires. Les autorités ont publiquement condamné ces actes et pris des mesures de protection supplémentaires en faveur des trois hommes, cependant, Amnesty International reste préoccupée par leur sécurité.

À 16 heures, une couronne funéraire a été livrée dans les locaux de La Voz, journal communiste dont le rédacteur en chef est Carlos Lozano. Les fleurs étaient accompagnées d'un message indiquant qu'elles étaient destinées aux « obsèques de Carlos Lozano Guillen », de la part de la « famille Montoya ». On ignore qui les a envoyées.

À 19 heures, une autre couronne a été livrée au domicile du journaliste Hollman Morris, directeur de l'émission de télévision CONTRAVIA, un journal d'investigation. Le message joint faisait part des « sincères condoléances de la famille Henao ». Ce nom, comme celui de Montoya, est relativement courant en Colombie et ne permet pas d'identifier l'expéditeur. Le même jour, deux autres couronnes ont été livrées dans les anciens locaux de la chaîne de télévision Canal Uno, à Bogotá.

L'une était destinée au directeur des programmes d'information de la chaîne, Daniel Coronell, et l'autre à son épouse et sa fille. Aucun message n'accompagnait les fleurs, toutefois, Daniel Coronell a reçu deux appels de menaces au bureau de Canal Uno, le 24 avril et le 14 mai, soit deux jours avant de recevoir les fleurs. À chaque fois, un inconnu menaçait de le tuer, lui, sa femme et sa fille.

Carlos Lozano, Hollman Morris et Daniel Coronell ont attiré l'attention sur divers sujets sensibles concernant les droits humains en Colombie. Ils ont ouvertement critiqué les politiques menées par le gouvernement, notamment le projet de loi pour la justice et la paix, qui, s'il venait à être adopté, favoriserait l'impunité des violations des droits humains. Ils ont également dénoncé les pourparlers sur la démobilisation entamés par le gouvernement avec des paramilitaires bénéficiant du soutien de l'armée.

Les trois journalistes ont par ailleurs rendu compte du massacre de San José de Apartadó, le 21 février 2005, dans lequel huit membres de cette communauté pacifique avaient été tués (voir l'article à ce sujet). Selon un témoin, les auteurs de la tuerie s'étaient présentés comme des membres des forces armées. Le 10 mai, CONTRAVIA, l'émission télévisée de Hollman Morris, avait consacré une édition spéciale au massacre.


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