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Vivre
en Colombie
Quelles
sont les conditions lycéennes en Colombie ? Les jeunes ont-ils la
possibilité de faire des études comme en France ?
Daniel
:Oui,
les jeunes ont la possibilité de faire des études même supérieures
dans de très bonnes universités. Le taux d'alphabétisation de 91% est
important étant donné l'étendue et le niveau de développement du
pays.
Cependant, il est vrai que
dans certaines régions pauvres et abandonnées par l'État, aux accès
difficiles, il manque les infrastructures les plus élémentaires de l'éducation.
Ce sont principalement les populations indigènes (indiennes) et
afro-colombiennes qui en souffrent.
Quelle
est la condition de la femme en Colombie ?
Liliane
:Des décennies de conflits armés
entre les différentes factions militaires et paramilitaires, semant la
terreur dans le pays, ont familiarisé la Colombie avec une violence
toujours plus aveugle et sanguinaire…
Si l'on regarde dix ou vingt ans en arrière, il est évident que la
condition des femmes colombiennes a évolué, tout au moins au niveau de
la constitution. Les efforts ont été fournis afin de garantir un
minimum de droits aux femmes, notamment en matière d'éducation, de
santé, de justice. Mais plusieurs indices montrent, que la violence
exercée contre les femmes n'est pas considérée comme grave, notamment
lorsque l'instigateur de ce type d'actes ne se voit condamné qu'à 1 à
6 mois d'emprisonnement, souvent avec sursis et sous surveillance.
D’autre part les escadrons de la mort, s'octroient la tâche de
"nettoyer les villes" des "déchets de la société"
que sont, pour eux, les prostituées, les homosexuels, les mendiants et
les trafiquants en tout genre. D'un côté, il existe un large marché
de la prostitution qui profite de la pauvreté dont les femmes et les
enfants sont les premières victimes, pour les placer sur le trottoir.
D'un autre, les escadrons de la mort viennent les supprimer !
Autre ambiguïté sur le plan social : l'avortement représente la deuxième
cause de décès maternels en Colombie alors que celui-ci n'est pas légalisé.
Souvent les femmes demandent le droit à l'avortement en cas de viol
mais cette possibilité ne leur est pas offerte ni même leur atteinte
psychologique reconnue.
Bien entendu, la Colombie affiche son lot de discriminations de base
autorisées à l'égard des femmes. Entre l'éducation, encore
difficilement accessible à la majorité des filles et l'insuffisance de
prévention et de protection en matière de violences physique et
psychologique, la guerre civile vient anéantir sur bien des aspects
l'espoir de vie des filles et femmes colombiennes. Peu de cas, comparés
à la réalité des faits et à la dérive d'abus communément enregistrés
en période de conflits, sont révélés à cause de la peur de représailles
plus importantes et d'exécutions sommaires.
Y
a-t-il du danger pour les européens à se rendre en Colombie ? (enlèvements....)
Liliana :
Si par hasard, un étranger se trouve nez à nez avec un camion de la guérilla,
alors, il risque de ne plus jamais rentrer chez lui. Dans la plupart des
cas, un étranger représente un butin pour la guérilla qui va le
kidnapper, et le garder avec eux dans la montagne jusqu'à ce que la
famille
paie une rançon de plusieurs millions de francs.
Daniel :
Oui. Des européens ont déjà été enlevés. Des Espagnols en 2000 je
crois. Deux Allemands d'une ONG ont été libérés fin 2001 après
plusieurs mois et suite à une très vive pression de leur gouvernement.
Des américains sont pour le moment aux mains
des FARC après que leur avion a du se poser suite à une panne. Un des
leurs a été tué. Mais là il s'agit de conseillers dans le cadre de la
lutte contre les cultures de coca et donc en conflit ouvert avec la guérilla.
Quoiqu'il en soit, en tant que français, je
me sens tout de même plus en sécurité qu'un Colombien lorsque je
circule dans ce pays. La guérilla n'a pas une politique avérée de séquestration
des étrangers voulant probablement conserver une " certaine image
" au niveau international.
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