|
Et
chez nous, que peut-on faire ?
Que
fait-on chez nous pour aider Ingrid ?
Armand
: Dès l'annonce du kidnapping d'Ingrid des comités de soutien se sont
formés dans de nombreux pays. Ils mènent trois types d'action :
- une campagne
d'information pour faire connaître autour d'eux la situation d'Ingrid, de Clara Rojas, des 3.000 séquestrés et de manière plus
générale la situation catastrophique des Droits Humains dans le
pays;
- une campagne de
pétitions pour demander à nos gouvernants d'utiliser toutes leurs
possibilités de persuasion auprès de toutes les parties concernées
(le gouvernement colombien et les groupes illégaux) pour qu'ils
trouvent une solution pacifique et non militaire au problème;
- une campagne pour faire
voter une motion officielle de soutien à Ingrid par le plus grand
nombre possible de villes et de communes - de façon à démontrer à
nos dirigeants nationaux qu'e leurs actions pour soutenir Ingrid sont
appuyées par un très grand nombre d'électeurs. La plupart du temps
cela se fait en nommant Ingrid Citoyenne d'Honneur de la commune, de
la municipalité, du département ou de la région.
Quelles
actions les lycéens peuvent-ils mettre en oeuvre pour vous soutenir ?
Armand
: Les lycéens
peuvent rejoindre les comités de soutien et les soutenir dans les
actions qui sont organisées dans la région. Dans plusieurs endroits ce
sont d'ailleurs des lycéens qui ont créé eux-même un comité de
soutien.
Ils peuvent être
spécialement efficaces dans la campagne d'information en faisant
connaître la situation d'Ingrid et de la Colombie dans les
organisations étudiantes ou les mouvements de jeunesse auxquels ils
appartiennent. Les moyens ne manquent pas : porter un T-shirt à
l'effigie d'Ingrid lors de manifestations sportives et en profiter pour
faire signer des pétitions; mettre sur leur site perso des bannières
"Ingrid Betancourt" avec un lien vers Betancourt.info; ou
faire mettre ces bannières dans les sites web qu'ils
fréquentent...
Un exemple vécu - par une classe qui se reconnaîtra ici :
Dans un village appelé "Crotenay" ( 39 300 ) Flavien et Sandrine, tous deux en 2nde BEP, avaient fait une démarche auprès du maire..... Réponse de celui-ci : "pffff, n'importe
quoi... D'abord ça ne sert à rien et puis qu'est ce qu'Ingrid a fait pour notre commune ?"......
Croyez vous qu'ils se soient découragés ????? Pas du tout !!!!! Les voilà partis faisant du porte à porte dans le village et demandant aux gens de signer une pétition rappelant au maire qu'il avait été élu par les habitants et qu'il se devait de représenter la majorité d'entre eux dans les délibérations du conseil municipal !!!!!!!! Ils ont récolté plus d'une centaine de signatures
qu'ils sont allés remettre au Maire récalcitrant !
Quelques jours plus tard ils débarquaient dans la salle des profs, fous de joie et annonçaient : "Madame, c'est trop génial, on a gagné !!!! Il a voté une motion de soutien hier !!!!! "..
Mélanie,
en janvier vous nous avez lancé un défi : "parlez de maman,...
continuons à nous battre.... je compte sur les jeunes...." Dans
notre établissement nous sommes nombreux à nous mobiliser et nous
continuons à parler de la Colombie et à faire connaître les conditions
de ce pays. Mais ne pensez-vous pas que ce soit l'affaire des Colombiens
avant tout ?
Mélanie et
Fabrice : Oui, il faut continuer à se mobiliser parce
qu´encore une fois nous savons que le combat de maman et de Clara
est "le bon combat". Il faut continuer à parler de la Colombie
parce que mon pays souffre de manière inimaginable et qu´il me parait
essentiel d´être présent, d´être disponible "pour assister mon
pays en danger de catastrophe humanitaire". Le monde
d´aujourd´hui devrait en conscience nous interdire de vivre repliés
sur nous-mêmes en défendant seulement nos privilèges. Je crois
fermement que l´ouverture vers des mondes culturellement différents
devraient être facteurs de paix et d´échanges.
Les colombiens sont courageux et dans leur pays déchiré, en guerre
et en crise économique, ils essayent de survivre au jour le jour en
donnant le meilleur d´eux-mêmes. Qui n´a pas été frappé à Bogota,
à Medellin, à Cali, de voir jeunes et moins jeunes, innombrables,
après une longue journée de travail, se rendre, dans la nuit noire, à
l´université ou dans des collèges spécialisés pour apprendre, pour
suivre une formation qui, peut-être demain, leur offrira des conditions
de vie meilleures. Au fond notre affaire, c´est de les aider à sortir
de la guerre, à vivre en paix, à trouver les chemins qui mènent à la
paix.
|