Las voces del secuestro, 6 décembre 2002

(traduction : Mireille Ourmières)

La majorité des enfants-soldats arrachés au conflit proviennent des FARCs

Pratiquement la totalité des enfants et adolescents qui se sont désengagés du conflit armé en Colombie, appartiennent aux Farc. C’est un rapport publié ce mardi par la Défense du Peuple et l’Unicef sur le degré de réalisation des droits de l’homme des mineurs ayant des liens avec les groupes armés.

Le rapport, qui fait partie d’une série de publications faites depuis 1996 sur ce thème, est le 8ème bulletin et il est basé sur des entretiens avec 86 ex guerrilleros âgés de 11 à 18 ans que l’on retrouve aujourd’hui dans des institutions de protection spéciale supervisées par l’Institut Colombien de Bien-être Familial, Icbf.

Grâce à la recherche, la Défense et l’Unicef ont identifié que parmi les guerilleros, 61% des mineurs furent engagés dès l’âge de 7 ans.

Selon l’enquête faite sur les 86 mineurs : 81% disent appartenir aux FARC, 16% à l’Eln, 2% à l’Epl et 1% à l’Erp.

Les liens

Les mineurs interrogés proviennent de 20 départements, en particulier de Meta, Putumayo et Tolima.

Bien que la majeure partie de ceux qui ont été interrogés affirment avoir intégré la guerrilla de leur plein gré, l’étude conclut que cette décision a été influencée par des circonstances de pauvreté, maltraitance et menaces.

Un neuvième des mineurs consultés vivaient chez eux avant de rejoindre la guerrilla, cependant ils étaient victimes de traitements cruels, inhumains et dégradants dans leur foyer.

Selon la recherche, la courroie, le cuir et les racines apparaissent comme les instruments les plus utilisés avec 74% comme méthode de châtiment.

Selon les témoignages des jeunes cités dans le rapport, des membres de leurs familles ont appartenu ou appartiennent à des groupes illégalement armés.

D’autres filles et garçons expliquent comment les mères doivent livrer leurs enfants comme écot pour la guerre ou par peur des représailles, ajoute l’étude de la Défense et de l’Unicef.

La vie dans la guerrilla

Selon le rapport, les mineurs qui sont engagés dans la guerrilla reçoivent un entraînement militaire qui dans la majeure partie des cas ne dépasse pas 4 mois. Cet entraînement est effectué dans les département de Antioquia, Arauca, Bolivar, Caqueta, Casanare, Cauca, Cesar, Guaviare, Meta, Mariño, Norte de Santander, Putumayo, Santander, Tolima, Valle y Vichada. Certains adolescents interrogés ont réalisé leurs premières approches dans les groupes armés grâce à des travaux d’intelligence, car ainsi ils peuvent mener une vie « civile » et ainsi se rendre compte de la dynamique du peuple, des postes de Police et informer les groupes armés.

Ensuite arrive l’incorporation dans le groupe, dit le document. Selon leurs possibilités, les jeunes reçoivent une formation spécialisée en infirmerie et explosifs, «  ce qui inclut la collecte d’explosifs, la livraison aux artificiers et leur installation.

En plus du ménage et de la cuisine, les filles, dans certains cas sont obligées de maintenir des relations sexuelles avec les guerrilleros.

Les cas détectés ont été réalisés, semble-t-il, avec le consentement de leurs supérieurs et quelquefois, en plusieurs occasions ; ce qui ajoute un élément de plus contre le développement des droits des enfants et des adolescents, affirme le rapport.

Recommandations

Le résultat de la recherche démontre que les droits retirés aux enfants de la guerrillera sont : la vie, l’intégrité personnelle, la santé, l’éducation, les loisirs, la famille, le nom, une alimentation équilibrée et la liberté.

De plus, ils perdent la protection contre toute forme d’abandon, de violence physique et exploitation économique ainsi que la protection contre les travaux dangereux, dit l’étude.

Face à la menace imminente contre les droits de l’enfant, dans le rapport, la Défense du Peuple à recommander à l’Etat colombien de traiter d’urgence le projet de loi par lequel on définit des normes pour protéger les enfants désengagés du conflit armé, avec pour objectif de garantir juridiquement et politiquement les droits humains de ces enfants, conformément aux recommandations contenues dans la norme internationale déjà mentionnée.

Ils demandent au gouvernement que « dans tout processus de dialogue engagé avec les groupes armés en marge de la loi qui participent dans le conflit armé interne, soit établi comme fondamental le non engagement des moins de 18 ans et le désengagement immédiat de ceux qui sont enrôlés en ce moment.

De même, ils exhortent le ministère de la Justice et de la Fiscalité pour que le délit de recrutement illicite de mineurs selon l’article 162 du Code Penal soit efficace et que ses auteurs soient sanctionnés conformément à la loi.

« La Défense du Peuple croit important que les autorités judiciaires établissent des sanctions exemplaires pour ces délits contre l’intégrité personnelle, la liberté, l’intégrité et la formation sexuelle des enfants ».

TEMOIGNAGES ALARMANTS

Ils m’ont envoyé tué un militaire qui était un brave type et je n’ai pas été capable de le faire, et je me suis enfui ; jeune de 16 ans.

J’étais malade et n’ai reçu aucun soin, je me suis enfuie, jeune de 17 ans

Je me suis enfui parce que j’étais écœuré des massacres, jeune de 16 ans.

Je ne suis pas d’accord avec les règlements qu’ils ont de tuer un ami parce qu’il a mangé une boîte de sardines, jeune de 16 ans.

J’étais atteint du paludisme et j’ai entendu à la radio l’ordre de m’exécuter, c’est une règle qui existe là-bas, aussi je me suis enfui comme j’ai pu, jeune de 16 ans.


AlterFocus : info Ingrid Betancourt www.Betancourt.info