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Pratiquement
la totalité des enfants et adolescents qui se sont
désengagés du conflit armé en Colombie, appartiennent aux
Farc. C’est un rapport publié ce mardi par la Défense du
Peuple et l’Unicef sur le degré de réalisation des
droits de l’homme des mineurs ayant des liens avec les
groupes armés.
Le rapport,
qui fait partie d’une série de publications faites depuis
1996 sur ce thème, est le 8ème bulletin et il est basé
sur des entretiens avec 86 ex guerrilleros âgés de 11 à
18 ans que l’on retrouve aujourd’hui dans des
institutions de protection spéciale supervisées par l’Institut
Colombien de Bien-être Familial, Icbf.
Grâce à la
recherche, la Défense et l’Unicef ont identifié que
parmi les guerilleros, 61% des mineurs furent engagés dès
l’âge de 7 ans.
Selon l’enquête
faite sur les 86 mineurs : 81% disent appartenir aux
FARC, 16% à l’Eln, 2% à l’Epl et 1% à l’Erp.
Les liens
Les mineurs
interrogés proviennent de 20 départements, en particulier
de Meta, Putumayo et Tolima.
Bien que la
majeure partie de ceux qui ont été interrogés affirment
avoir intégré la guerrilla de leur plein gré, l’étude
conclut que cette décision a été influencée par des
circonstances de pauvreté, maltraitance et menaces.
Un neuvième
des mineurs consultés vivaient chez eux avant de rejoindre
la guerrilla, cependant ils étaient victimes de traitements
cruels, inhumains et dégradants dans leur foyer.
Selon la
recherche, la courroie, le cuir et les racines apparaissent
comme les instruments les plus utilisés avec 74% comme
méthode de châtiment.
Selon les
témoignages des jeunes cités dans le rapport, des membres
de leurs familles ont appartenu ou appartiennent à des
groupes illégalement armés.
D’autres
filles et garçons expliquent comment les mères doivent
livrer leurs enfants comme écot pour la guerre ou par peur
des représailles, ajoute l’étude de la Défense et de l’Unicef.
La vie
dans la guerrilla
Selon le
rapport, les mineurs qui sont engagés dans la guerrilla
reçoivent un entraînement militaire qui dans la majeure
partie des cas ne dépasse pas 4 mois. Cet entraînement est
effectué dans les département de Antioquia, Arauca,
Bolivar, Caqueta, Casanare, Cauca, Cesar, Guaviare, Meta,
Mariño, Norte de Santander, Putumayo, Santander, Tolima,
Valle y Vichada. Certains adolescents interrogés ont
réalisé leurs premières approches dans les groupes armés
grâce à des travaux d’intelligence, car ainsi ils
peuvent mener une vie « civile » et ainsi se
rendre compte de la dynamique du peuple, des postes de
Police et informer les groupes armés.
Ensuite
arrive l’incorporation dans le groupe, dit le document.
Selon leurs possibilités, les jeunes reçoivent une
formation spécialisée en infirmerie et explosifs, «
ce qui inclut la collecte d’explosifs, la livraison aux
artificiers et leur installation.
En plus du
ménage et de la cuisine, les filles, dans certains cas sont
obligées de maintenir des relations sexuelles avec les
guerrilleros.
Les cas
détectés ont été réalisés, semble-t-il, avec le
consentement de leurs supérieurs et quelquefois, en
plusieurs occasions ; ce qui ajoute un élément de
plus contre le développement des droits des enfants et des
adolescents, affirme le rapport.
Recommandations
Le résultat
de la recherche démontre que les droits retirés aux
enfants de la guerrillera sont : la vie, l’intégrité
personnelle, la santé, l’éducation, les loisirs, la
famille, le nom, une alimentation équilibrée et la
liberté.
De plus, ils
perdent la protection contre toute forme d’abandon, de
violence physique et exploitation économique ainsi que la
protection contre les travaux dangereux, dit l’étude.
Face à la
menace imminente contre les droits de l’enfant, dans le
rapport, la Défense du Peuple à recommander à l’Etat
colombien de traiter d’urgence le projet de loi par lequel
on définit des normes pour protéger les enfants
désengagés du conflit armé, avec pour objectif de
garantir juridiquement et politiquement les droits humains
de ces enfants, conformément aux recommandations contenues
dans la norme internationale déjà mentionnée.
Ils demandent
au gouvernement que « dans tout processus de dialogue
engagé avec les groupes armés en marge de la loi qui
participent dans le conflit armé interne, soit établi
comme fondamental le non engagement des moins de 18 ans et
le désengagement immédiat de ceux qui sont enrôlés en ce
moment.
De même, ils
exhortent le ministère de la Justice et de la Fiscalité
pour que le délit de recrutement illicite de mineurs selon
l’article 162 du Code Penal soit efficace et que ses
auteurs soient sanctionnés conformément à la loi.
« La
Défense du Peuple croit important que les autorités
judiciaires établissent des sanctions exemplaires pour ces
délits contre l’intégrité personnelle, la liberté, l’intégrité
et la formation sexuelle des enfants ».
TEMOIGNAGES
ALARMANTS
Ils m’ont
envoyé tué un militaire qui était un brave type et je n’ai
pas été capable de le faire, et je me suis enfui ;
jeune de 16 ans.
J’étais
malade et n’ai reçu aucun soin, je me suis enfuie, jeune
de 17 ans
Je me suis
enfui parce que j’étais écœuré des massacres, jeune de
16 ans.
Je ne suis
pas d’accord avec les règlements qu’ils ont de tuer un
ami parce qu’il a mangé une boîte de sardines, jeune de
16 ans.
J’étais
atteint du paludisme et j’ai entendu à la radio l’ordre
de m’exécuter, c’est une règle qui existe là-bas,
aussi je me suis enfui comme j’ai pu, jeune de 16 ans.
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