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El Tiempo / Terra Jeudi 19 décembre 2002
Droit à la vie
En ce jour des Droits de
l’homme, des témoignages et des chiffres dramatiques sont
communiqués.
La commémoration d’aujourd’hui
cherche à réfléchir sur des aspects comme les taux d’homicide qui
dans les communes d’Antioquia, Meta et Caqueta sont jusqu’à 7 fois
supérieurs à la moyenne nationale.
Le pire est le droit à
la vie. Pour preuve, ce sont les 20300 homicides survenus durant les 9
premiers mois de l’année, selon l’Institut de Médecine Légale.
Chaque jour, dit Jorge
Rojas, du Bureau de consultants pour les Droits de l’Homme et le
Déplacement (Codhes), 20 personnes meurent à cause du conflit armé ou
pour des raisons politiques. Quinze tombent dans la rue, chez eux ou sur
leur lieu de travail et 5 dans les camps de combat.
Alors que certains
souffrent des tirs, 11 autres millions de colombiens, selon les chiffres
de l’économiste Luis jorge Garay essayent de survivre chaque jour
avec moins de 2600 pesos.
Les violations des droits
de l’homme peuvent être réparties en 3 catégories : celles qui
causent un grand scandale à cause de la violence avec laquelle elles
sont réalisées ou à cause des personnalités impliquées, celles
perpétrées contre des personnes anonymes qui sont noyées dans la mer
de violence du pays et celles permanentes dont on ne parle pas bien qu’elles
puissent faire autant de victimes et de souffrances que les autres.
Hier à Bogota, un groupe
de femmes a parlé de ces violations dont on ne parle jamais.
Elles ont dénoncé que
dans la commune du nord-est de Medellin, en novembre dernier, une
responsable communautaire de 18 ans a été torturée pendant une heure
et violée par des présumés paramilitaires.
Les femmes ont montré la
photo du bras de la jeune fille sur lequel les tortionnaires lui avaient
gravé sur la peau avec un bistouri, les lettres
"A U C"
La troisième forme de
violation des droits de l’homme n’arrive quelquefois pas à être
reconnue comme telle par les victimes elles-mêmes. Pour certains, comme
Pedro Suarez*, un paysan déplacé du Nord de Cauca et qui est arrivé
à Soacha depuis 2 mois, a comme priorité de rester en vie «bien qu’il
meure de faim ».
Dans un rapport très
récent, l’Observatoire des Droits de l’Homme en Colombie, entité
de la Présidence de la République a écrit : « de plus en
plus, comme ressource stratégique les groupes armés, en marge de la
loi, utilisent la terreur dans leurs actions contre la population
civile, en commettant des homicides sélectifs, des massacres, des
séquestrations et des disparitions forcées et cela de manière non
distincte.
Cette situation se
vérifie dans les 6682 plaintes portées durant les 10 premiers mois de
cette année devant la Défense du Peuple pour violations au Droit
International Humanitaire.
« Droit à la
vie… »
Les chiffres sur les
décès pour raison politique oscillent, selon le document de l’Observatoire,
entre 4027 (Das) et 5482 (Comité permanent des droits de l’homme).
Selon cette dernière entité, 1110 personnes ont été massacrées.
Selon le rapport, dans
certaines communes du piémont de la Cordillère orientale, depuis le
Putumayo jusqu’à Arauca et particulièrement dans les environs de l’ancienne
zone de détention, on enregistre des taux d’homicide qui dépassent 7
fois la moyenne nationale (65 morts pour 100 000 habitants).
A Doncello (Caqueta), par
exemple on en enregistre 226 pour 100 000 habitants ; à San Luis
de Cubarral, 506, Cumaral 194 et à El Dorado 465. Mêmes chiffres à
Meta. On retrouve la même chose dans certaines communes d’Antioquia
comme Remedios : 485, Campamento 475 ; Granada 445 ; San
Luis : 521 ; San Carlos 453 et Alejandria, 403.
Au total, 27 communes ont
enregistré des taux supérieurs à 300 morts pour 100 000 habitants et
211 autres communes ont atteint des chiffres variant de 100 à 299.
Ces chiffres sont liés,
selon l’Observatoire, au développement du conflit armé,
spécialement à la guerre entre les guerrillas et les paramilitaires.
Dans ces lieux surtout, affirmer que « tous ont le droit de vivre,
ont droit à la liberté et à la sécurité personnelle », est
littéralement lettre morte.
* Nom changé.
Les Cent jours du
Président Uribe.
Le Cinep et Justice et
Paix ont présenté un rapport sur les infractions aux droits de l’homme
durant cette période. Ces entétés ont enregistré entre le 7 août et
le 7 octobre 699 cas de violations des droits de l’homme. Parmi elles,
626 ont des mobiles politiques (répression de la lutte sociale légale
ou désarticulation d’organisations revendicatives) ; 31 pour
abus de pouvoir ‘usage disproportionné de la force) et 42,
motivations d’intolérance social (‘nettoyage social’). On a pu
comptabiliser également 670 infractions graves au droit international
de l’humanité à mettre sur le compte de la guerrilla et des
paramilitaires.
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