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Selon un
rapport qui sera révélé par les Nations Unies dans les
prochains jours, malgré des avancées, les efforts de l’État
pour s’occuper de cette problématique sont insuffisants.
Jamais
auparavant l’État n’avait fait autant d’avancées dans
la politique intégrale envers la population exilée, mais
jamais non plus cette attention n’avait été aussi
insuffisante devant le défi que représente l’expulsion
journalière d’un minimum de 531 personnes, signale une
information des Nations Unies qui est sur le point d’être
diffusée.
Le document
de 144 pages, intitulé Bilan de la politique d’attention
au déplacement interne forcé en Colombie 1999 – 2000,
assure que, bien que le gouvernement ait avancé dans le
traitement du problème dans ladite période, « la
réalisation (sur le terrain) reste en arrière »
L’information
fait ressortir que l’investissement national est passé de
139 mille millions entre 1995-2000, à 146 mille millions en
2001 pour atteindre vraisemblablement 162 mille millions en
2002
« Le
thème est devenu prioritaire pour le gouvernement, mais
insuffisamment face à la gravité et l’intensification
croissante du problème » dit l’information,
signalant « la brèche qui existe entre le cadre
normatif et l’impact réel de la politique » et
« entre l’offre et la demande ». Cette
dernière, selon l’agence de l’ONU « tend à s’amplifier,
sans entrevoir une mise à disposition suffisante des
ressources pour la couvrir ».
De plus, le
problème du déplacement, « continue à être absent
dans l’agenda d’autres instances comme le Congres de la
République », selon le rapport.
En général,
l’évaluation de la politique d’attention au
phénomène, réalisée par le Bureau du Haut Commissariat
des Nations Unies pour les Réfugiés (Acnur) montre les
défaillances du système à traiter ce problème.
Par exemple,
on note que les principales avancées ont été réalisées
dans la prestation d’assistance humanitaire de secours,
pour constater ensuite que celle-ci couvre seulement 33,18%
des besoins.
Le rapport
signale aussi d’énormes vides quant à la prévention de
l’exil et la protection effective des droits de ces
communautés.
La Colombie
est, avec le Soudan et l’Angola, parmi les 3 premiers
générateurs d’exil au monde. Acnur a fait paraître
récemment un diagnostic terrifiant par lequel il signale qu’au
moins 531 personnes par jour sont obligés de laisser leur
foyer à cause de la violence. Cette information émane de
renseignements du Réseau de Solidarité Social, organisme d’état
chargé du sujet. Si on se réfère aux renseignements de l’ONG
Consultant pour les Droits de l’Homme et de l’Exil
(Codhes), le chiffre atteint 936 déplacements par jour.
Malgré cette
situation, qui révèle que le problème prend des
dimensions de calamité humanitaire dans notre pays, ce
bureau des Nations Unies affirme que ‘l’exil n’est pas
dans l’agenda de la société colombienne, considéré
comme un problème public ; il n’est pas non plus
dans l’agenda du secteur politique’ considérant que ce
phénomène « est pratiquement invisible » pour
le commun des colombiens.
Avancées
et limites
Le rapport
décrit qu’il existe une meilleure coordination entre les
actions gouvernementales et celles des agences
internationales consolidées par les comités territoriaux,
qu’il existe un système de soin et un registre unique,
bien qu’on ignore les déficiences de ces derniers.
Depuis que le
Réseau de Solidarité Sociale, l'organisme officiel en
charge du sujet, a assumé le Système Unique de Registre,
les foyers enregistrées par le gouvernement sont passées
de 11.400 à 159.419 entre mars 1999 et 2002. Codhes,
cependant, l parle de 269.083 foyers exilés depuis 1995.
Durant ces deux dernières années, le Réseau a fait
l'objet de plus de 900 tutelles
L'exécution
des comités territoriaux pour une attention intégrale à
la population exilée, selon le rapport, "démontre
encore une toute petite couverture ", et est
concentrée sur l'attention humanitaire d'urgence, sans
occuper suffisamment du rétablissement des exilés et, plus
particulièrement, de la prévention de l’exil.
La totalité
des ressources prévues n'est pas déboursée à temps ou
complètement à cause des restrictions imposées par le
Ministère des Finances.
Acnur signale
les limites dues à la politique d’état : la
prévention de l’exil a été d’une très petite
priorité, la protection des droits de la population exilée
n’existe que sur le papier, le fonctionnement du système
de soins à ces communautés n’est pas effective, qu’il
n’existe aucune garantie de secours immédiat et l’attention
dans les grandes villes est faible
L'important
problème, selon Acnur est l'évaluation que fait le Réseau
de Solidarité, pour alimenter le système et en tirer des
bénéfices, des déclarations que font les exilés devant
le ministère public. Il y a ainsi un risque d’appliquer
des « critères subjectifs, voire
idéologiques » et « dans la pratique, on a
créé une barrière d’entrée au système ».
L’agence
des Nations Unies presse le gouvernement pour qu’il prenne
en compte le Plan National d’Attention à l’Exil Forcé,
prêt pour une sanction présidentielle depuis un an. Ce
sera un outil pour établir une allocation de ressources,
responsabiliser les institutions, fixer des objectifs
concrets, faire un suivi de la gestion » car le Plan
National actuellement en vigueur est obsolète.
Recommandations
Une campagne
nationale pour sensibiliser la société sur le sujet,
diffuser les droits des exilés et divulguer l'offre de l’état.
Avancer dans la coordination d'actions entre les organismes
gouvernementaux et les organismes internationaux.
Augmenter
la coopération internationale.
Établir une
instance nationale au plus haut niveau, responsable de la
politique de prévention et d’attention à l’exil.
Adopter le
Plan National d'Attention à l’Exil Forcé, prêt pour une
sanction présidentielle depuis octobre 2001.
Supprimer
l'évaluation préalable de la déclaration que font les
exilés devant le Ministère Public comme condition pour
leur inscription dans le Système Unique de Registre.
Développer
des schémas efficaces pour le relogement de la population
exilée dans les villes grâce à des opérations spéciales
et planifiées.
Les données
du rapport
Le chiffre
total d’exilés varie de 2 millions selon le Réseau de
Solidarité Sociale (dont 800.000 enregistrés), et 2.7
millions selon l'ONG Codhes.
Quotidiennement,
en 2001, 531 à 936 personnes ont été exilées (190.454
selon le Réseau ; 341.925, selon Codhes).
819 communes
sont touchées par l’exil : 52 d'entre elles concernent
65% d’expulsions et 44 communes sont concernées par 72 %
d’exilés. Les indigènes, qui représentent 2 % de la
population colombienne, représentent 8 % d’exilés; les
Communautés afro colombiennes représentent 11% d’exilés,
les femmes 49%.
48% des
exilés ont moins de 18 ans.
30% des
filles exilées entre 13 et 19 ans ont été enceintes
41% des
foyers exilés ont entraîné une perte de poids chez les
enfants
38% n’ont
aucun rapport avec les services de santé
26% des
enfants âgés de 7 à 11 ans ne vont pas à l’école.
Seuls, 33%
des exilés ont une carte d’identité et seulement 13,09%
sont inscrits sur le registre civil.
Parmi les
114035 personnes que le Comité International de la Croix
Rouge a pris en charge en Colombie en 2001, pratiquement 95%
ont été exilés (66519 à l’occasion de déplacements
massifs). L’indice de retour en 2001 fut à peine de 11%,
soit une diminution de 70% par rapport à l’an 2000.
Les normes
La loi 387 de
1997 a instauré le Système National d’Attention
Intégrale à la Population Exilée (SNAIPD), adoptée par
19 institutions.
Selon le
décret 489 de 1999, le Réseau de Solidarité Sociale a
assumé la coordination du SNAIPD.
Une Unité
Technique Conjointe (UTC) fonctionne avec une convention
entre le Réseau et Acnur.
En 1999, le
Groupe Thématique de l’Exil (GTD) a été constitué avec
9 agences des Nations Unies. La Croix Rouge International, d’autres
organismes et des ONG participent comme observateurs.
Le budget
national pour attention à la population exilée en 2002 est
de 162000 millions de pesos.
Le système
des Nations Unies calcule son budget dans ce domaine pour
2002 et 2003 sur la base de 47 millions de dollars.
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