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Bien que le pays dispose
de ressources suffisantes, 11 pour cent des Colombiens ne
peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires journaliers en
raison de leurs faibles revenus. Tel est le bilan dressé
par la FAO ce 16 octobre 2002 à Bogota.
Selon María José Zimmerman,
représentante de la FAO en Colombie, presque 4,9 millions
de Colombiens ne disposent pas des ressources nécessaires
pour pouvoir se nourrir ; parmi elles, les personnes
déplacées à cause de la violence, quelque deux millions d’individus,
représentent le groupe le plus vulnérable.
Les personnes déplacées
disposaient des moyens pour produire des aliments, aujourd’hui,
elles ont non seulement perdu terres et logements mais
vivent en plus dans la " pire
incertitude " celle de ne pas savoir si elles
auront à manger le lendemain, a précisé madame Zimmerman
au cours de la réunion célébrant la Journée mondiale de
l’alimentation.
Elle a, en outre, rappelé
que sur ces deux millions de personnes déplacées, plus de
la moitié sont des femmes et des enfants.
Elle a ajouté que sur les
près de 44 millions d’individus que compte la Colombie,
8,4 millions (soit 19%) vivent dans un misère profonde
tandis que 1,27 million (soit 2,88%) appartiennent à une
couche sociale élevée.
La principale cause de la
faim est la pauvreté qui est due, entre autres, aux
conflits armés, au chômage, à la perte des récoltes, aux
déplacements forcés ou à la distribution inéquitable des
revenus, a expliqué madame Zimmerman.
Jusqu’au mois d’août, le
taux de chômage s’élevait à 16 pour cent (quelque 3,1
millions de personnes) et celui du travail dans des
conditions précaires, à 35,5 pour cent (soit 6,9 millions
d’individus).
Selon une étude du Fonds des
Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), citée par madame
Zimmerman, la malnutrition chronique touche 14 % de la
population enfantine colombienne, soit 840 000 enfants,
parmi lesquels 25 000 souffrent de malnutrition sévère.
Elle s’est interrogée sur
le fait que " dans le cadre du conflit armé
colombien, les zones de production locale d’aliments (..)
peuvent avoir diminué suite à l’exode rural ou au
remplacement des cultures alimentaires par des cultures
illicites ".
Elle a attiré l’attention
sur le fait que les villes colombiennes, où vit presque 80
pour cent de la population, risquent constamment les
ruptures d’approvisionnement en aliments en raison de l’insécurité
du réseau routier du pays.
Les routes principales du
pays ont fait l’objet, ces dernières années, de
perpetuels barrages par les groupes paramilitaires ou les
manifestants.
Madame Zimmerman a affirmé
qu’il est nécessaire que le pays adopte une politique
claire sur la sécurité alimentaire, basée sur la
production locale. Elle a, en outre, souligné que la
" dépendance internationale en matière d’alimentation
peut rendre le pays vulnérable face aux crises économiques
ou politiques ".
Au cours des années
quatre-vingt-dix, lorsque la Colombie a ouvert son
économie, la tendance en matière d’importations
alimentaires s’est inversée : alors que prévalaient
de faibles importations le pays est devenu un pays
principalement importateur.
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