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Protestations
contre la mort de trois conseillers dans les départements
de Valle et Cundinamarca. Plus de 300 élus locaux ont
abandonné leur commune. Cela
fait 54 conseillers et dix maires assassinés en 2002.
Par Elisabeth
Yarce, Medellin.
Traduction
: Brigitte Vercez
Les dernières victimes sont
les conseillers de Pandi et Utica, dans le département de
Cundinamarca, Manuel Perez et Jorge Toribio Reyes, et celui
de El Toro (Valle), José Aldemar Betancur.
"Cette nouvelle nous
consterne car cela fait 54 conseillers assassinés depuis le
début de l'année, et nous ne voyons pas de réelle
possibilité d'enrayer cette situation du point de vue
militaire", dit Antonio Gal« n, président de la
Fédération Nationale de Conseillers Municipaux, la
Fenacon.
La situation des maires,
conseillers, députés et porte-parole des municipalités de
la région s'est aggravée au point qu'ils ne peuvent se
rendre dans leurs communes qu'en hélicoptère. Dans de
nombreux cas, ils ont essayé de gérer les affaires depuis
la capitale régionale et ont dû partir. On les a
réinstallés dans des communes voisines, mais les menaces
de la guérilla les a poursuivis jusque là. Telle est la
situation de plusieurs maires des départements de Santander
et d'Arauca qui, d'après la Fédération Colombienne des
Communes, Fedemunicipios, n'ont pas de garanties pour
assurer leurs fonctions, bien que le gouvernement ait
renforcé la sécurité dans beaucoup de localités du pays.
Même quand ils sont réinstallés ailleurs, "ils (les
guerilleros) y vont et les cherchent où qu'ils soient"
affirme-t-on à la fédération.
C'est dans une situation
identique que se trouvent les conseillers municipaux, qui
déplorent le plus grand nombre de victimes: alors que 10
maires étaient assassinés cette année, 54 conseillers
subissaient le même sort.
D'après Fedemunicipios, il y
a une liste de 560 élus locaux qui ont reçu des menaces de
mort, des colis piégés ou subi des pressions à l'encontre
de leurs familles. De ce groupe, 300 gèrent les affaires
depuis des communes voisines et des capitales régionales et
plus de 100 ont pu retourner chez eux pour remplir leurs
fonctions. Ainsi on estime à 420 le nombre de menacés,
dont 38 sont d'Antioquia.
"Les menaces continuent
dans plus de la moitié des communes de la région, mais le
nombre de maires menacés en danger a diminué grâce aux
mesures de sécurité adoptées par le gouvernement.
Pourtant, le fait que plus de 300 élus ne puissent pas
entrer dans leur commune est très grave", dit Gilberto
Toro, de Fedemunicipios.
Les cas les plus graves sont
recensés dans les départements de Huila, Caquet« , ChocÙ
, Cauca, Arauca et Santander et dans plusieurs régions du
département d'Antioquia.
"Si le gouvernement a
effectivement répondu en protégeant la vie des maires en
leur attribuant des escortes et des gilets pare-balles et en
les aidant à se réinstaller temporairement avec leurs
familles, il faut cependant préciser qu'on a réduit la
protection de certains autres au moment où des députés,
des conseillers et des maires font l'objet d'attentats, de
menaces et d'assassinats."
Comme conséquence des
pressions sur les fonctionnaires publics, selon
Fedemunicipios dans 10 % des localités dont le maire a fait
l'objet de menaces, les programmes des administrations
municipales ont été freinés, ce qui engendre un retard
évident.
EL COLOMBIANO, 20 novembre
2002
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