EL COLOMBIANO, 9 janvier 2003

En 5 ans, dans l'Est de la province d'Antoquia, la moitié de la population a disparu
C'est un des problèmes problème les plus préoccupants là-bas celui des personnes déplacées de force. Les groupes illégaux exercent de fortes pressions sur le peuple pour qu’il abandonne ses terres, et les paysans s’en vont de peur d’une attaque, d’un affrontement ou d’une balle perdue. La mort récente de cinq chauffeurs est le résultat de la pression de ces groupes illégaux. D’un côté la guerrilla les a obligeaient à remplir leur service, d’un autre côté, les autodéfenses exigeaient qu’ils partent 

Ainsi va la vie : quelle capacité de décision laisse-t-on à la population ? Choisir le groupe armé qui la tuera ? Cette situation ne peut plus continuer ainsi parce que les civils souffrent des conséquences de ce conflit armé.

On peut dire que durant ces quatre dernières années, les villes de San Luis, Corcona, Granada, San Carlos et Sain Francisco ont perdu entre 40 et 50% de la population soit quelques 25000 ou 30000 habitants. Pour la ville de San Luis, on peut parler de 7000 à 8000 déplacés.

Depuis deux ans que je suis à la Mairie, j’ai reçu 4000 déplacés. Sans compter les personnes qui partent discrètement de peur d’être poursuivies par les acteurs armés.

C’est un problème qui existe également à la Mairie de Medellin car beaucoup arrivent de l’Orient pour chercher refuge. Elles vivent dans des conditions inhumaines.

C’est pour cette raison que dans la communauté, nous avons parler, à différentes reprises de créer des camps de réfugiés pour les protéger.

Ce serait des lieux où les conditions de vie seraient dignes, et non sous un pont ou une remise avec des porcs.

Nous ne pensons aux toiles de tente ou choses de ce style, mais à une propriété où on pourrait avoir la protection d’organismes humanitaires internationaux.

Cette décision serait prise dans des cas extrêmes car le travail des les maires de l’Orient, du Gouvernement d’Antioquia et du Gouvernement National est de favoriser le retour des déplacés.

Ce retour, nous insistons, doit se faire dans des conditions de sécurité pour les personnes qui reviennent sur leurs terres. Souhaitons qu’il y ait du personnel de la force publique qui garantisse leur vie, leur honneur et leurs biens.

Le comble c’est que nous présentons cette situation alors que cette semaine nous avons réussi le retour de 20 familles déplacées dans les villes de San Pablo et Santa Barbara.

El Colombiano/Hernando Martínez Suárez/Maire de San Luis


AlterFocus : info Ingrid Betancourt www.Betancourt.info