ASTRID BETANCOURT : «N'OUBLIEZ PAS MA SOEUR» 

(article paru dans la revue Marie-Claire N° 603 Novembre 2002)


Astrid, soeur d'Ingrid Betancourt ELLE SE BATTAIT CONTRE LA CORRUPTION ET LES NARCOTRAFIQUANTS.

SON COURAGE ET SA POPULARITE L’AVAIENT CONDUITE A L’ELECTION PRESIDENTIELLE DE COLOMBIE MAIS PARCE QU’ELLE SYMBOLISAIT L’ESPOIR DE LA PAIX ET DE L’INTEGRITE DANS CE PAYS, INGRID BETANCOURT A ETE ENLEVEE PAR LES FORCES ARMEES REVOLUTIONNAIRES DE COLOMBIE, LE 23 FEVRIER DERNIER, 

A L’HEURE OU NOUS IMPRIMONS CET ARTICLE, AUCUNE NOUVELLE TANGIBLE, SI CE N’EST UNE VIDEO FILMEE PAR SES RAVISSEURS.

SES ENFANTS L’ATTENDENT, SA FAMILLE ET SES PARTISANS SE BATTENT POUR SA LIBERATION, ALORS QUE L’ARMEE PILONNE LA REGION OU ELLE EST RETENUE AVEC DES DIZAINES D’AUTRES OTAGES, TINA KIFFER ET LYDIA BACRIE ONT RENCONTRE SA SŒUR, ASTRID.


Marie Claire: Quand avez - vous eu des nouvelles de votre sœur, Ingrid Betancourt, pour la dernière fois?

la vidéo, tournée en mai 2002, et remise en juillet par les FARCsAstrid Betancourt: Au mois de juillet, sur une vidéo envoyée par les guérilleros qui la retiennent en otage.

C'était bouleversant car, malgré tout ce qu'elle venait de subir pendant ses deux mois de détention (la vidéo a été tournée en mai), elle restait extrêmement structurée dans son discours, avec, dans sa voix, la même détermination. La seule chose que nous avons pu savoir depuis, c'est qu'elle a été vue à deux reprises, au mois de juin, dans un poste de santé de la région du Tolima. Elle aurait eu des problèmes aux pieds, sans doute à cause des bottes en caoutchouc qu'on donne aux otages pour marcher dans la jungle et qui entraînent des infections, des champignons. Et pourtant, malgré les marches interminables (elle aurait changé dix fois de camp), malgré la terrible absence de ses enfants, malgré la mort de notre père survenue lors de sa captivité, sur la vidéo, elle ne se plaint pas. Mais depuis, plus rien.

Et nous demandons avec insistance aux Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) une deuxième preuve, récente, de sa survie.

M. C.: Elle ne demande aucun échange de prisonniers pour accélérer sa libération. Elle n'exige rien du gouvernement colombien. Elle ne craque pas. Votre petite sœur vous étonne -t-elle encore?

A. B.: En fait, elle ne demande d'échange ni pour elle ni pour les autres otages, parce que c'est une décision qui doit être prise par le gouvernement, sans qu'il n'y ait aucune pression. Je ne dirais pas qu'Ingrid m'étonne, car j'ai toujours su qu'elle était extraordinairement déterminée, mais une fois encore, elle force mon admiration. je l'admire, parce que faire, comme elle, de la politique en Colombie, ce n'est pas seulement travailler, c'est faire une croix sur sa vie privée, sur sa vie de femme, c'est entrer dans les ordres... Et pourtant, je sais qu'Ingrid n'est pas seulement une bête politique, elle est aussi une femme sensible, une maman tendre qui adore ses enfants, mais au nom de ses convictions, au nom de son peuple, elle a choisi de faire le sacrifice d'elle -même. J'admire aussi Clara Rojas, sa directrice de campagne, qui avait la possibilité de partir lors de la prise d'otages, mais qui a choisi de suivre Ingrid, par amitié pour elle comme par solidarité pour sa cause.

1961 : à l'Albergue, l'orphelinat fondé par la mère d'IngridM. C.: Sur cette vidéo, Ingrid a -t-elle eu le temps de parler à ses enfants?

A. B.: Oui, il y a un message familial, qui n'a pas été envoyé à la presse. C'est quelque chose de bouleversant à entendre, car c'est alors la femme qui parle, et on sent qu'il est plus difficile pour elle de maîtriser son émotion que lorsqu'elle est dans la logique de son combat. Elle nous parle d'abord de papa, et partage sa tristesse avec nous. Elle a appris sa mort par hasard, en feuilletant un vieux journal, les guérilleros ne la lui avaient pas annoncée. Elle s'adresse ensuite à nous selon une hiérarchie. D'abord, elle choisit de parler à Mélanie, sa fille de 16 ans, à qui elle dit: «Je suis sûre que tu es très forte, ma Méla, et que tu donnes de la force à tout le monde. » Ingrid a toujours eu une grande confiance en Mélanie, qu'elle sait à la fois très sensible et dotée d'une maturité extraordinaire. Ensuite, elle s'adresse à Lorenzo, son fils de 13 ans. Elle lui dit qu'elle est très fière du message qu'il lui a transmis dans un reportage: «Maman, tu vas sortir par la grande porte! » Ensuite, Ingrid parle à maman... (Astrid se tait, un long silence, elle lutte contre les sanglots.) Vous savez, on a beau être adulte, quand on vit une situation aussi extrême, on en revient toujours aux liens du ventre, et là, Ingrid dit à maman (nouveau silence puis, dans les larmes): «Mamita, j'ai ta voix tout le temps dans ma tête. »

Notre mère a toujours été très aimante, et je sais qu'Ingrid se raccroche à ça, aux moments de bonheur de son enfance, et c'est pour ça qu'elle dit aussi à maman: «Tu es ma force. »

Ensuite, elle s'adresse à son mari, juan Carlos, et elle lui parle un peu comme si c'était elle qui devait le protéger - parce qu'elle est comme ça, Ingrid, c'est une femme de tête, une femme qui protège. Quand elle s'adresse à moi, je ressens aussitôt notre infinie complicité. Ingrid et moi, on partage depuis toujours quelque chose de très fort, peut -être parce qu'on a le même degré de culture française et colombienne, si bien que, lorsqu'il m'arrive quelque chose d'important, c'est tout de suite vers elle que j'ai besoin d'aller. Quand, sur la cassette, elle me dit: «Astrica (elle m'appelle «Astrica»), j'ai beaucoup de choses à te raconter ... » , je vois poindre cette lueur de complicité dans la tristesse. Puis elle a des mots très gentils pour mes enfants, Anastasia et Stanislas, pour Fabrice, son ex-mari, qui se bat beaucoup pour elle, et pour Sébastien, le fils de Fabrice, qu'elle a élevé.

1970 : Astrid et Ingrid coiffées par leur mamanM. C.: Comment vont ses enfants aujourd'hui ?

A. B.: Ce sont des enfants qui, depuis toujours, vivent avec l'idée que leur mère est en danger et qu'elle peut mourir, mais jamais ils n'avaient été préparés à son enlèvement. On avait plutôt peur qu'eux soient kidnappés. Or l'enlèvement d'un proche - pire, d'une mère -, c'est l'angoisse de tous les instants. Même si Ingrid leur a transmis beaucoup de force, même si leur père leur donne une grande stabilité, je sais que Mélanie a tout le temps sa maman dans la -tête. Récemment, son père lui a offert un voyage en Europe, et je suis sûre qu'à chaque fois qu'elle arrivait dans une ville, elle se disait- «Qu'est-ce que j'aimerais être avec ma maman!». Lorenzo est plus secret, il communique moins, mais on sent que c'est un petit homme qui rêve de protéger sa mère.

M. C.: Lorsqu'Ingrid était petite, sentiez-vous déjà ce sens de l'engagement?

A. B.: Il faut savoir que nos parents ont toujours eu une très grande conscience sociale et que, très jeunes, maman nous emmenait à l'Albergue, un orphelinat pour trois cents enfants qu'elle avait fondé en Colombie. Quand nous arrivions à l'aéroport, il y avait toujours une délégation d'une cinquantaine d'enfants qui se précipitaient dans ses bras, et Ingrid était très sensible à ce plaisir que maman avait de donner, de faire le bien. Lorsque nous vivions à Paris, une foule de gens importants de Colombie venaient sans cesse à la maison et ne parlaient que de politique. Nous, on était à table avec les adultes, on écoutait, on grandissait avec ça. D'ailleurs, nous n'avons jamais été gâtées-pourries... Papa nous disait souvent: «Regardez où vous vivez, regardez ces millions d'enfants colombiens qui n'ont pas tout ça, et soyez conscientes des privilèges que vous avez. » Très jeune, Ingrid a eu cette faculté de révolte; en plus, elle avait un tempérament de chef. Je me souviens qu'entre 10 et 12 ans, elle avait formé une sorte de Club des cinq et qu'elle nous emmenait dans le bois de Boulogne sauver les animaux. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si elle a choisi plus tard de faire Sciences-Po à Paris. Alors que le soir, nous sortions en bande,elle restait dans le petit appartement que nous partagions rue Debrousse, et elle bossait comme une folle. Très méthodique, elle passait des heures à éplucher et à couper des journaux, elle faisait des dossiers et des cartes, pays par pays, elle voulait tout maîtriser pour devenir utile un jour.

M. C.: N'avez-vous jamais eu envie de lui dire: «Ingrid, tu vas trop loin»?

A. B.: jamais! J'ai toujours été très fière de ma soeur, et je me dis que c'est grâce à Ingrid que mes enfants pourront, un jour, vivre heureux en Colombie. Et puis j'ai toujours cru en sa bonne étoile. Ingrid a déjà vécu des situations dangereuses, compliquées, mais elle a, pour s'en sortir, une force qui lui vient de je ne sais où. Quand elle a été enlevée, je me suis tout de suite dit: «Il y a forcément un truc bien qui va naître de ça. » je suis sûre qu'elle est en train de parler avec ces gens. Personne, jusqu'à présent, n'a fait ce travail en profondeur.

Décembre 2001 : la dernière photo mère-filles avant l'enlèvementM. C.: On a beaucoup évoqué son imprudence lors de son enlèvement...

A. B.: Ma soeur est quelqu'un qui n'agit jamais par imprudence, mais par conviction... Ce jour-là, elle devait se rendre à San Vicente del Caguan pour rencontrer le maire, l'un des membres d'Oxygeno Verde (le parti d'Ingrid Betancourt), et soutenir la population prise dans un feu croisé entre la guérilla et l'armée colombienne. Elle leur avait promis de les aider, et pour elle, la parole est sacrée. Son déplacement était même annoncé depuis une semaine.

D'ailleurs, quand elle est arrivée à l'aéroport, le commandant de la place lui a dit: «Ne vous inquiétez pas. Vous êtes nombreux, on ne pourra pas vous acheminer tous en même temps, mais par petits groupes. » Ingrid est alors tranquille, elle appelle maman. Le temps passe, puis le président sortant, Andrès Pastrana, arrive. Il voit Ingrid, mais ne s'approche pas d'elle pour la saluer. C'est un peu plus tard que le commandant dira à Ingrid: «Nous avons reçu l'ordre de la présidence de ne pas vous acheminer en hélicoptère.»

M. C.: Pourquoi un tel revirement?

A. B.: Quand ma mère a demandé à juan Carlos Pastrana (le frère du président chargé d'organiser son déplacement) pourquoi il n'avait pas réservé d'hélicoptère pour Ingrid, il lui a répondu «Tu n'allais pas croire qu'Andrès allait se laisser voler le show! » Faut-il croire à cette explication? Toujours est-il qu'on lui a attribué un véhicule de l'Etat (un camion pick-up) pour se rendre à San Vicente del Caguan et que la route pour y parvenir est très risquée. Savez-vous que le même jour, cent cinquante journalistes étrangers se sont rendus en hélicoptère à San Vicente del Caguan, en toute sécurité?

Eté 2001 : Ingrid et ses deux enfants en vacances à FlorenceM. C.: justement, sachant que cette route était dangereuse, Ingrid se doutait bien qu'elle allait se jeter dans la gueule du loup. C'est d'ailleurs ce que nous ont dit les journalistes de Marie Claire qui l'accompagnaient ce jour-là...

A. B.: Sauf que l'Etat, en lui prêtant un véhicule officiel, se portait garant de sa sécurité, et personne, sur le tarmac, n'a donné l'ordre à l'armée de ne pas laisser passer Ingrid. De plus, une semaine avant la rupture du processus de paix, Ingrid avait été invitée par les Farc à une réunion avec deux autres candidats à la présidence, afin d'échanger des idées sur les dialogues de paix, l'avenir du pays, etc. Par rapport à la guérilla, Ingrid a toujours été claire: tout en ayant des points de convergence avec eux (l'absolue nécessité d'une justice sociale, l'urgence d'une réforme politique afin d'arrêter la corruption), elle s'est toujours opposée à leurs méthodes: destructions de villages, enlèvements, attentats... En dépit de ses critiques, elle avait réussi à établir le contact, et le chef des Farc, Manuel Marulanda, lui a même demandé, lors de ce débat d'idées, un exemplaire dédicacé de son livre.

M. C.: Lors de la campagne présidentielle, on a beaucoup lu en France que les Colombiens n'étaient pas si concernés par le sort d'Ingrid. Pour preuve, les très faibles intentions de vote en sa faveur. Qu'en est-il aujourd'hui?

A. B.: Il faut savoir qu'une partie de la presse colombienne appartient à ceux que combat Ingrid. Certains sondages ont été trafiqués pour alimenter une véritable campagne de dénigrement, dont les médias étrangers se sont parfois fait l'écho. Dans la réalité, Ingrid reste très populaire en Colombie. Elle est toujours le symbole de la résistance à la corruption et aux narcotrafiquants. N'oublions pas qu'elle est celle qui a osé déclarer, dans une émission télévisée: «Vous êtes dirigés par des délinquants! » Elle a été élue brillamment députée en 1994, et a remporté haut la main (avec le plus grand nombre de votes) un siège de sénateur en 1998! Aujourd'hui, quand on se promène dans les rues, ma mère et moi, les gens s'approchent, nous demandent des nouvelles, nous disent qu'elle est formidable. .

M. C.: 0,5 % aux élections, c'est tout de même un score décevant. N'était - ce pas une erreur de maintenir sa candidature dans un pays en crise, où le peuple peut hésiter à voter pour un absent?

A. B.: Le jour des élections, c'est vrai, les gens nous disaient: «Si Ingrid était là, nous aurions voté pour elle, mais là, il faut voter utile. » Et d'ailleurs, Alvaro Uribe a gagné au premier tour, parce que tout le monde a senti la nécessité de contrer Horacio Serpa, l'autre candidat, qui était la continuité d'Ernesto Samper, l'ancien président, avec les mêmes risques de trafic de drogue et de corruption. Mais nous devions continuer, pour ne pas laisser tomber les gens qui combattaient derrière Ingrid. Et 0,5 % reste un beau score: c'est un vote de fidélité, d'attachement.

M. C.: Comment le gouvernement colombien réagit - il aujourd'hui?

A. B: Dès le lendemain de l'élection, le président Uribe nous a rendu visite. Il s'est montré très solidaire. Depuis l'investiture, son gouvernement a demandé les bons offices de l'ONU pour remettre en place le processus de paix et, dans ce cadre, négocier un accord humanitaire de libération des otages. La présence des Nations Unies est primordiale pour garantir la mise en place du processus de paix malgré d'éventuels changements politiques. Mais, au vu des délais de la bureaucratie internationale, nous, la famille, demandons que cet accord humanitaire (conforme à la Convention de Genève) soit discuté de manière préalable, comme un geste de bonne volonté des parties afin de reprendre le dialogue. Car vraiment, il y a urgence: les combats s'intensifient et les bombardements mettent en péril la vie d'Ingrid et celle des autres otages.

Avril 2002 : le mari et la mère d'Ingrid portent son effigieM. C.: Réussissez - vous à garder le lien avec votre sœur ?

A. B.: Nous n'avons aucune nouvelle, mais au printemps, nous lui avons fait parvenir une lettre, dans des circonstances d'ailleurs assez extraordinaires. L'Eglise nous avait mis en contact avec un curé de la région. Rendez-vous est pris et nous voyons arriver un homme avec un visage très typé, mais qui s'exprime dans un français parfait. Nous parlons, puis il nous dit de revenir le lendemain avec la lettre. A l'heure dite, nous nous présentons. Le prêtre regarde longuement maman, et il lui demande: «Vous savez pourquoi je vais porter cette lettre à Ingrid, pourquoi j'ai fait tout ce voyage? Parce que je suis un enfant de l'Albergue, et la première fois que j'ai entendu le mot maman, il s'adressait à vous.» Cet homme qui acheminait notre lettre était l'un de ces enfants que ma mère avait recueillis. Nous savons qu'il a remis la lettre, mais il n'y a eu aucune réponse. Alors nous continuons, chaque semaine, à enregistrer des messages dans l'émission de radio «La Voix des séquestrés».

M. C.: Il existe une émission de radio pour les séquestrés?

A. B.: Oui, il semble que les personnes enlevées disposent d'un poste de radio qu'ils ont le droit d'écouter entre minuit et 5 heures, dans la nuit du samedi au dimanche. Alors les familles passent des heures à essayer d'avoir la station pour enregistrer un message. On appelle, on obtient un numéro et, en attendant, on entend tout ce que les autres disent à leur parent, à leur enfant qu'ils n'ont parfois pas revu depuis quatre ou cinq ans. On écoute des nouvelles terribles: ta maman est morte, ta grand -mère... Et puis notre tour arrive : C'est généralement maman qui parle la première, et elle n'arrive pas à s'empêcher de pleurer. Moi, je me dis qu'il ne faut pas pleurer, que je suis la grande sœur, que je vais donner de la force à Ingrid. Ses enfants aussi lui parlent, mais on enregistre leurs messages à l'avance parce que cette attente est trop dure.

M. C.: Ingrid est française, notre pays se mobilise -t-il également?

A. B.: Nous recevons un soutien extraordinaire. Jacques Chirac a exprimé plusieurs fois sa solidarité, et a fait plusieurs interventions concernant Ingrid. Nous savons aussi que Dominique de Villepin oeuvre pour concevoir une issue acceptable par les deux parties. Enfin, certaines villes, en France, en Belgique et au Canada, ont nommé ma sœur citoyenne d'honneur.

M. C.: Qu'est - ce qui vous inquiète le plus pour elle aujourd'hui?

A. B.: Il y a bien sûr le danger physique, avec le pilonnage des zones contrôlées par les Farc. Il y a sa santé, qui m'inquiète de plus en plus, vu les régions insalubres dans lesquelles se trouvent les Farc. Il y a aussi les volte-face des guérilleros, qui peuvent à tout moment prendre une décision irréversible. Et puis il y a encore bien pis: il y a l'oubli.

PROPOS RECUEILLIS PAR TINA KIEFFER ET LYDIA BACRIE

Envoyez vos messages de soutien et appels pour la libération d’Ingrid Betancourt et des autres otages en écrivant à «Ingrid pour la paix» (BP 184-07, 75326 Paris cedex 07) ou par Internet ( www.betancourt.info ), Ils seront transmis au président colombien, Alvaro Uribe.

 

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