| Son enlèvement par les FARCs le 23 février 2002 |
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San Vincente est une municipalité faisant partie de l'enclave concédée aux FARC dans le cadre des négociations de paix. Son maire est un élu de Vert Oxygène le parti fondé par Ingrid. Lors de la victoire électorale à la mairie en octobre dernier, Ingrid avait promis à la population de San Vincente de revenir la voir. C'est ce qu'elle tentait de faire le 23 février. Dans un article paru le 27 mai dans Cambio, son époux Juan Carlos Lecompte explique les circonstances en plus de détails : Aux dernières élections municipales d’octobre 2000, le Partido Verde Oxígeno, dont Ingrid est la présidente, a présenté un candidat à la mairie de San Vicente del Caguán, Nestor Leon Ramirez qui était en compétition avec un candidat du parti libéral et avec un autre des milices, sympathisant ou soutenu par les FARC. Ingrid est allée à plusieurs reprises à San Vicente pour soutenir dans sa campagne le candidat vert de son parti. Sur la place principale de la municipalité où des camionnettes des FARC patrouillaient, elle a dit à la population qu’elle serait toujours là pour eux, dans les bons moments comme dans les mauvais ; qu’elle n’était pas comme les autres hommes politiques qui viennent dans ces villages oubliés tous les trois ans uniquement pour récolter des votes ; qu’elle, elle n’allait jamais les abandonner, qu’ils lui fassent confiance. Le village lui a fait confiance et Nestor Leon Ramirez a été élu. Ingrid est allée à San Vicente del Caguán car elle avait promis aux habitant qu’elle serait avec eux dans les bons moments comme dans les mauvais . En raison de ses fréquentes visites à San Vicente, Ingrid s’est liée d’amitié avec plusieurs de ses habitants. Quand le processus de paix fut rompu, beaucoup de ces personnes ont téléphoné chez elle et au siège de son parti pour solliciter sa présence car des personnes étrangères au village y étaient entrées, il y avait des disparitions de personnes, des morts, des bombes, etc.… Face à cette situation désespérée, Ingrid pensa que son engagement moral, son devoir éthique était d’y aller. Elle avait engagé sa parole et pour elle, qui n’a ni poste, ni agence, ni clientèle, son unique capital politique est sa parole, et son engagement était de se trouver avec les habitants de San Vicente dans les mauvais moments, comme elle l’avait promis. Elle voulait dénoncer les atrocités qui étaient en train de se commettre et pensait que sa présence comme candidate à la présidence pouvait servir de bouclier pour que, en agissant comme témoin, elle puisse parvenir à dissuader toute tentative des groupes violents et accompagner le maire de son Partido Verde et la population de San Vicente au moment peut-être le plus critique de son histoire. Pour comprendre cette façon d’agir il faut prendre en compte qu’il existe des personnes aux valeurs différentes et pour Ingrid la parole est au dessus de toute considération. Quand elle est arrivée à l’aéroport de Florencia avec ses accompagnateurs, les gradés qui se trouvaient là l’ont informée qu’ils pourraient la transporter à San Vicente dans les hélicoptères qui emmenaient de nombreux journalistes, en majorité des étrangers, pour couvrir l’arrivée du président de l’époque, Pastrana. Elle a accepté et a attendu patiemment plusieurs heures à l’aéroport. Puis on l’a informée qu’un ordre de ne pas l’emmener en hélicoptère était arrivé de Bogota et on a interdit à son personnel de sécurité, tant de la police que du DAS, de l’accompagner. Immédiatement on lui a fait savoir qu’un véhicule officiel était à sa disposition pour son déplacement. Sans une garantie officielle de son transport, tous ont pensé qu’Ingrid n’aurait pas le courage de poursuivre sa mission. Mais elle qui avait pris l’engagement moral d’arriver à San Vicente, n’a pas hésité à monter en voiture. Comment peut-on expliquer que 150 journalistes, en majorité des étrangers, soient arrivés sains et saufs à destination et qu’on ait refusé ce droit à une candidate à la Présidence ?
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