L'intervention des USA 

Les ingérences étatsuniennes en Amérique Centrale (Le monde diplomatique janvier 95)
Le Plan Colombie
(Radio-Canada)
Exterminer les pauvres (George Monbiot, 4 février 2003 - The Guardian)

08/06/03 : Le bourbier colombien : tandis que les Américains se focalisent sur le Moyen-Orient, le gouvernement des ÉTATS-UNIS prépare discrètement en Amérique du Sud une guerre qui couve depuis des décennies.

Depuis le commencement du "plan Colombie" en 1999, les États-Unis ont déjà dépensé $2,5 milliards en assistance militaire et politique, et projettent d'en dépenser encore $700 millions chaque année. En essayant de protéger l'oléoduc de la compagnie américaine Oxy et d'autres infrastructures stratégiques, les USA risquent d'être entraînés dans un conflit bien plus complexe. 

Le pétrole, comme la cocaïne et l'héroïne, fournit les revenus qui augmentent la capacité des acteurs armés de participer à la guerre et de faire des bénéfices qu'ils ne pourraient pas réaliser dans des conditions de paix. Les guérilleros rançonnent les compagnies pétrolières dans les plaines orientales, alors que dans la région centrale de Magdalena les paramilitaires détournent l'essence et la vendent sur le marché noir. Depuis des années, les forces armées colombiennes se limitent à protéger les oléoducs et les installations pétrolières aux dépens d'établir la sécurité du territoire et de protéger les citoyens contre les attaques des groupes armés illégaux.

En dépit des demandes du Congrès américain pour plus de transparence, il est impossible de savoir combien d'argent sera dépensé, et pendant combien d'années encore. Ce qui a commencé comme un plan anti-drogue sous le Président Bill Clinton a été transformé par l'administration Bush en une mission sans buts clairement définis, sans définition de succès, et sans stratégie de sortie.

Et ce flou arrange parfaitement certains membres du gouvernement colombien, qui espèrent que les États-Unis résoudront à leur manière les problèmes sociaux et politiques historiques de la Colombie, avec des doses massives d'aide militaire et par la suite, des dizaines de milliers de soldats étasuniens (Baltimore Sun : )

07/06/03 : Laide militaire renforcée des ÉTATS-UNIS en Colombie y a aggravé le conflit interne, "la plus grande crise humanitaire dans l'hémisphère occidental" et elle a miné le processus de certification des droits de l'homme. C'est une déclaration de deux évêques américains venus en mission pour évaluer le sort des personnes déplacées par la guerre civile dans le pays.

Depuis 1985, presque 3 millions de Colombiens ont été déplacés par la guerre civile. " La situation a été aggravée par la mise en place du plan Colombie des USA, lancée en 2000 et suivie par l'initiative régionale andine des ÉTATS-UNIS" ont déclaré Thomas Wenski, évêque auxiliaire de Miami et John Manz, évêque auxiliaire  de Chicago. 

Ces initiatives ont chassé de chez eux des nombres croissants de fermiers pour échapper aux effets de la fumigation. Certains estiment que le nombre de déplacés en 2002 dépasse  les 400.000. Rien qu'en Équateur, il y a plus de 37.000 réfugiés. Plus récemment, le taux de déplacement a augmenté, principalement en raison de la violence accrue contre des civils par les paramilitaires, la guérilla, et à un degré moindre par les forces de sécurité officielles.

Les évêques proposent quatre recommandations principales pour soulager les victimes : un accueil plus important aux USA pour les réfugiés se trouvant actuellement en Équateur et au Costa Rica; une aide accrue aux réfugiés à l'intérieur du pays; un statut de réfugié provisoire aux USA pour les personnes déplacées de Colombie, et une assistance plus importante des USA à des projets humanitaires (80% de l' "aide" étasunienne est purement militaire) (USCCB : )

07/05/03 : Le groupe pétrolier américain Occidental Petroleum est accusé d'avoir apporté un soutien logistique dans le massacre de 17 civils d'un hameau colombien, bombardé par l'armée régulière en décembre 1998. Une plainte pour assassinat, torture et crime contre l'humanité a été déposée le 25 avril dernier à San Francisco par l'un des survivants de l'attaque, qui bénéficie de l'appui de plusieurs ONG américaines, dont le Fond international pour les droits du travail. (Transfer.net )

23/04/03 : Des dirigeants du centre pour la politique internationale (CIP) à Washington DC (USA) ont visité l'université de l'Ohio jeudi passé pour discuter des effets de la politique étrangère des ÉTATS-UNIS sur les Droits de l'Homme en Colombie. Parmi le panel d'experts il y avait Robert White, président du CIP, ex- ambassador au Paraguay et à El Salvador, qui avait été chef de mission en Colombie dans les années 70, et  Adam Isaacson, un des experts les plus respectés en ce qui concerne la Colombie.

Ils ont sévèrement critiqué les programmes d'assistance - en grande partie militaire - des USA en Colombie, et ont suggéré qu'un programme centré sur l'aide sociale et économique serait plus utile à la fois à a Colombie et aux États-Unis. 

White a critiqué l'administration Bush qui a augmenté l'aide militaire à un pays qui a une longue histoire d'instabilité, de gouvernements corrompus, de groupes paramilitaires et de guérilla.  "La vérité au sujet de la Colombie est qu'au cours du siècle passé, les gouvernements démocratiques n'ont pas donné aux Colombiens le minimum d'équité sociale, de stabilité et de justice ; les programmes contre l'insurrection  n'ont jamais fonctionné. L'aide militaire ne fonctionne pas, et ne peut même pas être justifiée, sans un programme politique".

Les ÉTATS-UNIS n'ont pas réussi dans leur guerre contre la drogue, partiellement parce que leur programme ne s'attaque qu'à un très petit maillon de la chaîne (la production par les paysans). En ce qui concerne le trafic de drogue, "une opération de cette amplitude ne peut exister et prospérer que grâce à la participation des hommes d'affaires, des banquiers, des compagnies de transport et du gouvernement."

Les ÉTATS-UNIS font pulvériser par voie aérienne des produits chimiques dangereux pour les habitants du pays, mais cette pulvérisation n'a que peu ou pas d'effet sur les chiffres d'exportations de la drogue.

Les ÉTATS-UNIS donnent plus de 75 pour cent de leur assistance sous forme d'aide militaire. Les hélicoptères et les produits chimiques achetés par le gouvernement colombien à des compagnies privées étasuniennes, selon Isacson, ne sont pas une méthode efficace pour résoudre les problèmes de ce pays : en dépit des milliards de dollars dépensés pour ce type d'aide, la quantité de coca/cocaïne produit en Colombie est demeurée constante depuis les années 80.

A cause des pulvérisations qui enlèvent leur seul revenu à des certaines de personnes parmi les plus pauvres en Colombie, et parce que les ÉTATS-UNIS ne la remplacent pas une aide sociale ou économique, un grand nombre de jeunes gens pauvres n'ont d'autre choix que de rejoindre les bandes armées illégales.

Au lieu de verser aveuglément de l'argent aux militaires colombiens, Isacson a suggéré que si les USA étaient sérieux dans leurs intentions de lutter contre la drogue, ils devraient commencer à traiter le problème d'abord chez eux, en développant des programmes pour traiter leurs consommateurs de drogue.
(Athens news :

11/11/02 : Les USA "conseillent" à la Colombie de ne pas acheter, comme le gouvernement en a l'intention, 40 avions de chasse  Emb-314 fabriqués au Brésil, sous peine de ne pas recevoir l'aide américaine qui devrait être votée par le Congrès. Ils proposent d'utiliser ce budget de 234 millions de $ à "des besoins plus urgents". Soins médicaux ? lutte contre la pauvreté ?... non ! ... la modernisation de leurs avions (américains...) C-130 (ABC news :

01/11/02 : le Pentagone envoie des troupes combattantes en Colombie. L'administration américaine a cessé de prétendre que son assistance à ce pays est une lutte contre la drogue. Maintenant c'est plus clair : les troupes américaines se battent contre la rébellion marxiste dans une zone riche en gisements de pétrole. Le Congrès a approuvé cette opération dans le cadre du budget de 20 millards de dollars pour la "lutte contre le terrorisme". Dans ce budget, 35 millions sont consacrés à la Colombie, dont 6 millions pour protéger les installations des compagnies pétrolières américaines comme Occidental Petroleum (Independent Media Centre )

26/10/02 : Des forces spéciales envoyées par les États-Unis aident l'armée colombienne à protéger les installations pétrolières dans la province d'Aralca. Dans cette région pétrolière, de nombreux membres du "gazoline cartel" percent les pipelines pour y pomper du pétrole qu'ils revendent à bas prix aux automobilistes - après avoir payé leur pourcentage aux paramilitaires qui profitent de ce trafic. Quant aux guérilleros, ils rackettent également les compagnies pétrolières : s'ils ne paient pas, ils font simplement sauter les pipelines. L'année dernière, cela est arrivé 170 fois... ( Special forces target Colombia petrol thieves : BBC : )

29/07/02 : Amnesty International reste "perplexe" devant la décision des USA d'apporter une aide militaire à l'armée colombienne car "cela risquerait d'aggraver encore les violations des Droits Humains dans le pays". En effet, les opérations anti-guérilla des forces colombiennes - à travers la collusion entre ces forces et les paramilitaires - sont toujours caractérisées par une violation systématique et généralisée des Droits Humains. Les bases des paramilitaires sont le plus souvent connues des forces armées et situées à proximité des bases militaires; l'armée colombienne continue à mener des opérations conjointes avec eux, et les paramilitaires continuent à jouir de protections de la part des forces de sécurité, qui leur épargnent d'être arrêtés ou poursuivis pour leurs actions 
(El Espectador ) (Amnesty :
)


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