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15/08/03
: Le 9 avril 1948 l’histoire de la Colombie a tremblé. Jorge
Eliécer Gaitán, le chef le plus populaire du parti libéral, a été assassiné le jour où commençait la conférence Panaméricaine. Sa mort a été à l’origine du « Bogotazo » (« le coup de Bogotá ») et a tracé l’avant et l’après
"violenza", à partir des différences entre libéraux et conservateurs.
A cette époque, Pedro Antonio Marín, fils d’un paysan libéral de
Quindío, trayait des vaches dans une propriété de Santa Rosa de Cabal ; mais cet assassinat lui a fait prendre les armes en 1949 aux côtés des autodéfenses libérales. Des années plus tard il a pris le nom de Manuel Marulanda
Vélez, en honneur au leader agraire assassiné par la police pendant le Bogotazo. Quelques années après il a intégré les FARC(Forces Armées Révolutionnaires de
Colombie) dont il est maintenant le dirigeant.
La violence bipartite a pris fin en 1956, lorsque libéraux et conservateurs ont créé le Front National qui a permis aux deux partis d’alterner au pouvoir. Mais la guérilla s’est peu à peu développée, et de nos jours la Colombie échafaude encore des plans militaires pour l’éliminer.
Le meurtre de Gaitán n’a pas été élucidé et sa fille, Gloria, déclare que l’image de son père est l’icône du peuple colombien. Un quotidien
écuadorien l’a interviewée lors de son passage à Quito. Elle y critique les FARC ainsi que le président Alvaro
Uribe : El Comercio - Ecuador
- 15 août 2003 : )
20/01/03
: Une crise humanitaire : Pour la première fois, le
président colombien reconnaît publiquement que le pays
souffre d'une crise humanitaire. Le président Uribe a
proposé au Commissaire aux Droits Humains des Nations Unies,
dont le mandat est normalement renouvelé pour un an, de
rester en fonctions jusqu'en 2006.
Cette
reconnaissance officielle de la gravité de la situation
confirme le rapport récent de Human Rights Watch. La
situation est en effet assez catastrophique dans le pays :
entre janvier et septembre 2002, 350.000 personnes se sont
ajoutées aux deux millions de personnes déplacées de force;
dans la même période il y a eu 28.230 homicides, soit 400 de
plus que durant toute l'année 2001; entre 4 et 5.000 sont
directement liés au conflit armé. Il y a eu 112 massacres
qui ont fait 666 morts - une légère diminution par rapport
à 185 avec 1.039 morts en 2001; la plupart ont été
perpétrés par les paramilitaires d'extrème-droite. Sans
parler d'une cinquantaine d'attaques à la bombe, ni des 6.000
enfants-soldats recrutés par les groupes armés. Bien que les
paramilitaires soient le plus souvent responsables des
atteintes aux Droits Humains, ils jouissent encore d'une
espèce d'impunité dans beaucoup de juridictions.
Tout cela dans un
pays où 11 millions de personnes (plus du quart de la
population) doivent vivre avec moins d'un dollar par jour, et
ou les ONG qui osent défendre les Droits Humains sont parfois
assimilées par les autorités à des terroristes - et dont
les dirigeants risquent bien souvent d'être assassinés.
La reconnaissance
du problème par le Président n'est qu'un premier pas. Ce
n'est pas de nouvelles normes dont les Droits Humains ont
besoin en Colombie; c'est d'actions concrètes du
Gouvernement, et des budgets nécessaires pour les mener
à bien (El Tiempo :
)
18/11/02
: A peine 48% des Latino-Américains appuient la démocratie,
contre 60% l'an dernier, selon un sondage de "
Corporacion Latinbarometro" publié au début du mois
d'août dans la capitale chilienne. Les Latino-Américains ont
confiance d'abord en l'Eglise catholique (72% de
l'échantillon), suivie de la télévision (49%) et, en
troisième position, l'armée (38%). Par contre, à peine 24%
des personnes interrogées font confiance au parlement et 21%
aux partis politiques.
Les pays latino-américains où l'indice de démocratie (appui
plus satisfaction) est le plus élevé sont l'Uruguay (67%) et
le Costa Rica (61%), deux pays relativement favorisés en matière
d'éducation et de répartition des revenus. A l'opposé se
situent le Paraguay et le Salvador (23%), puis la Colombie
(22%), qui affiche -probablement à cause de sa guerre civile
larvée- l'indice de démocratie le plus bas du continent (Latin
Reporters ).
09/11/02
: Une étude publiée hier par la Commission Economique des
Pays d'Amérique Latine révèle que "la Colombie ne fait
rien pour combattre la pauvreté" : 9.000.000 de
personnes y sont dans une situation d'extrème pauvreté et
21.000.000 (54,9 % de la population) ont un revenu inférieur
au salaire minimum. 27,6% de la population ne gagne même pas
1$ par jour et n'ont pas accès aux services publics de base
comme l'éducation, les soins de santé ou des conditions
minimales de salubrité. La pauvreté n'est pas un phénomène
limité à la seule Colombie : il y a 214 millions d'indigents
en Amérique Latine (43% de la population). La Colombie en est
aujourd'hui un des membres les plus pauvres - alors qu'elle
possède pourtant de grandes richesse naturelles
(Terra).
19/10/02
: Du pain sur la planche... une analyse de la
situation en Colombie par Jeremy McDermott,
correspondant de la BBC à Bogota :
Avec
une guérilla forte de 40.000 hommes et des forces paramilitaires d'environ
12.000, un niveau de crime qui fait de la Colombie le pays le plus dangereux du
monde et des barons de la drogue qui utilisent leurs fortunes (chiffrée en
milliards de dollars) pour maintenir un chaos dans lequel leurs affaires peuvent
prospérer, la tâche n'est pas simple pour le nouveau gouvernement en Colombie.
La
popularité du président Uribe est encore très grande - tout comme l'était
d'ailleurs au début de sa prise de pouvoir celle du président précédent,
Andrés Pastrana. Cette popularité a vite disparu lorsqu'il est apparu que le
processus de paix que ce dernier avait engagé n'amenait aucun résultat. Le même
phénomène pourrait se passer pour Alvaro Uribe
Lorsque
Pastrana a quitté le pouvoir en juillet dernier, il déclara qu'il
"laissait après lui un pays en meilleur état que celui qu'il avait reçu
au début de sa présidence". Opinion que ne semble pas partager une
majorité de la population - et en tout cas pas les familles des 3.000 séquestrés
qui ont été purement et simplement oubliés par son gouvernement. L'histoire
va-t-elle changer avec Alvaro Uribe ?
(BBC
).
17/10/02
: En Colombie, 11% de la population souffre de
la faim, d'après un rapport diffusé ce mercredi par la FAO (UN Organisation
for Agriculture and Feeding). Près de 4,9 millions de Colombiens ne gagnent pas
assez pour se nourrir. Les deux millions de déplacés (dont un million de
jeunes gens) qui ont été chassés de chez eux par la violence constituent le
groupe le plus exposé à cette situation. Parmi les 44 millions de Colombiens,
8,4 autres millions vivent à l'extrême limite de la misère, tandis que 1,2
millions (2,8 % de la population) possèdent la plupart des richesses du pays.
En août 3,1 millions de personnes étaient sans emploi tandis que 6,9 millions
vivaient dans des conditions précaires (El Pais
).
19/10/02
: En Colombie, le nombre de morts violentes
représente plus du double de la moyenne mondiale. Rien qu'en 2001, il y en a eu
38.406, selon un rapport de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). (Terra
).
17/10/02
: D'après un rapport de l'OMS (Organisation
Mondiale de la Santé), la Colombie reste un des états les plus violents du
monde. En 2001, 38.406 personnes y sont décédées de mort violente, dont
26.311 par assassinat. Dans le monde, plus de 1,6 millions de personnes sont
victimes de mort violente chaque année (El Espectador)
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