| La condition de la femme, des enfants et des minorités |
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Libération 12/05
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En recoupant témoignages et statistiques diverses, HRW avance le chiffre de 11 000 enfants enrôlés dans la guerre rurale. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la principale guérilla du pays, sont le premier employeur de chair à canon juvénile, avec 7 400 combattants de moins de 18 ans, suivies par les paramilitaires d'extrême droite avec 2 200, et par l'Armée de libération nationale (ELN), l'autre guérilla d'extrême gauche, avec 1 480. Même sujettes à discussion, les estimations de HRW font frémir. Sur les 112 adolescents démobilisés interviewés, les deux tiers ont affirmé avoir pris les armes avant l'âge de 15 ans. Certains sont dans le maquis depuis qu'ils en ont huit. HRW fait une révélation inquiétante : la majorité des jeunes ont choisi de s'enrôler volontairement. C'est là un démenti à la thèse des autorités colombiennes, qui, refusant toute légitimité sociale aux organisations armées, les accusent de pratiquer à grande échelle le recrutement forcé. "Beaucoup choisissent de s'enrôler dans un groupe armé parce qu'ils se sentent plus en sécurité sous sa protection", précise le rapport. Le rapport de HRW souligne que ces jeunes combattants n'ont "en général qu'une compréhension minimum de la finalité du conflit". Et il ajoute : "Ils se battent contre des enfants issus du même milieu qu'eux, des enfants dont la situation et le futur sont tout aussi gris que les leurs. Ces enfants qui ont tant de choses en commun dans la vie civile deviennent des ennemis implacables dans la guerre."
"La situation des tribus indigènes du département de Putumayo est réellement dramatique étant donné la guerre que se livrent la guérilla et les paramilitaires, qui envahissent régulièrement leurs villages", a indiqué un responsable de l'Onic qui a préféré ne pas être identifié. La "Defensoría du Peuple" (organisation
officielle colombienne) a déclaré qu'il y a un mois un total
de 36 indigènes avaient été assassinés dans diverses régions
du pays par les paramilitaires, la guérilla et l'armée
colombienne. De même, 67 indigènes et 65 familles indigènes
ont été obligées d'abandonner leurs terres d'origine cette
année étant donné les menaces, les pressions et les harcèlements
des groupes armés et des militaires. On estime qu'il y a un
million d'indigènes en Colombie, pays de 44 millions
d'habitants (El Tiempo
Les groupes armés recrutent dans les villages ou les quartiers pauvres des grandes villes où beaucoup de jeunes savent qu'ils ne pourront pas sortir de la misère. La promesse de plusieurs repas par jour et le prestige des armes suffit souvent. Les AUC parcourent même billets en main les taudis de Medellin et d'autres villes du pays. Une fois enrolés (selon l'Unicef, près de 15 % des enfants soldats colombiens le seraient par la force), la désertion est puniede mort, et ils sont envoyés au combat presque immédiatement après leur arrivée. Les enfants combattants,
paramilitaires et guérilleros, finissent souvent sous un drap blanc dans
les journaux télévisés, comme trophée de guerre de l'armée, dans un
pays où volonté politique et argent manquent pour empêcher le
recrutement des mineurs (Le Soir
Les enfants représentent environ la moitié des 40 millions de Colombiens. Ce sont eux qui subissent les conséquences les plus graves de la situation de guerre civile en Colombie. Il y a deux millions et demi de personnes déplacées dans le pays ; les familles qui se retrouvent ainsi chassée de leur domicile viennent grossir la population pauvre des bidonvilles qui prolifère autour de Bogota et d’autres cités. Des bidonvilles sans aucune infrastructure, ni eau courante, ni égouts. Pour un enfant, se retrouver dans cette situation signifie la plupart du temps l’impossibilité de recevoir une éducation : 85% d’entre eux n’ont même pas accès à l’école primaire. Le gouvernement a théoriquement mis en place un système pour leur permettre de suivre des cours mais en pratique cela ne fonctionne pas. Ils deviennent donc évidemment une proie facile pour les « recruteurs » des forces paramilitaires, dont on pense que le tiers des forces actuelles est constitué de jeunes dans cette situation. La guerre civile qui ravage le pays n’arrange rien : 66% des enfants se trouvant dans les zones de conflit n’ont pas accès à l’éducation secondaire. A cela s’ajoutent les nombreux problèmes de santé générés par la fumigation sans discernement des cultures locales, avec des produits toxiques fournis par le gouvernement américain dans le cadre de sa « lutte contre la drogue ». La pauvreté a jeté 2.700.000 enfants dans un marché du travail où 90% d’entre eux doivent accepter des travaux lourds, par exemple dans les mines de charbon ou dans l’horticulture, où ils doivent souvent porter de lourdes charges et travailler avec des produits chimiques toxiques. El Tiempo a publié un rapport selon lequel 323.000 enfants déplacés ou venant de familles pauvres (surtout des filles) doivent servir de domestiques dans des conditions qui sont parfois proches de l’esclavage. Avec 60 heures de travail par semaine sans interruption, ils ne peuvent évidemment suivre aucun programme scolaire et sont la plupart du temps déniés de tous leurs droits. Certains essaient de s’en sortir
en rejoignant les réseaux de prostitution ; ce sont les enfants des rues,
environ 30.000 en ce moment, souvent orphelins à cause de la guerre civile, qui
se trouvent le plus souvent dans ce cas. Beaucoup meurent, souvent de mort
violente. Et tout comme leur vie, leur mort passe inaperçue auprès d’une
certaine partie de la population colombienne qui semble devenue de plus en plus
indifférente à tous ces problèmes… (Anncol.com
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