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Le message d'Ingrid
La vidéo a été réalisée le 13 mai soit une semaine à peine après l'assassinat de 10 otages par les Farc suite à une intervention de l'armée pour les libérer. Il est donc compréhensible que la question de soutenir ou pas des interventions militaires soit un des points forts de la réflexion que nous livre Ingrid. Pour bien comprendre sa position, il faut remettre la phrase où elle en parle dans son contexte. Que nous dit-elle ? (ceci
n'est qu'une réflexion personnelle - pas une position
officielle de la famille ou des comités; vos réflexions dans la page
"commentaires" sont les bienvenues) |
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Le message d'Ingrid :
Dans un discours d'une haute tenue, digne d'un chef d'état (et pas n'importe lequel), elle se place au niveau des principes puis en tire les conclusions en appliquant ces principes à elle-même et aux autres otages - sans faiblesse. Que dit-elle ? 1. en ce qui concerne les MILITAIRES COMBATTANTS détenus : il faut conclure un échange de prisonniers :"L'échange est l'obligation morale d'un État démocratique" 2. en ce qui concerne les CIVILS détenus : un échange ne peut se justifier car cela serait avaliser l'utilisation de civils comme boucliers : "les civils ne doivent pas faire l’objet d’échange. C’est une question de principe, si nous voulons la paix, si nous voulons aboutir à une négociation future, dont l’axe central de réflexion serait le respect des droits de l’homme.". Leur libération est de la seule responsabilité des rebelles. Les FARC doivent "faire un geste unilatéral de paix, c'est à dire des libérations humanitaires" 3. en ce qui concerne des actions militaires pour libérer les otages : elle les considère comme légitimes : "On ne peut pas renoncer à ses droits, à sa liberté, même par prudence". MAIS :
et de plus elle rappelle que de toute manière il est impossible d'imaginer que les 3000 otages vont être libérés par des interventions militaires - donc des deux seules solutions possibles (geste humanitaire de la part des Farc et opérations militaires) une n'est pas réaliste... reste donc l'autre ? En résumé, que penser donc des opérations militaires ? On sait que la famille d'Ingrid - comme la grande majorité des familles de séquestrés, était opposée par principe à de telles opérations. Le drame du 5 mai les avait renforcé si nécessaire dans cette conviction. Ingrid a poussé la réflexion plus loin et a sans doute analysé les causes de ce drame, et les risques de le voir se reproduire. La position qu'elle demande à sa famille de prendre diminue ces risques. Ce qu'il faut éviter à tout prix (les causes de l'échec du 5 mai):
En fait si on raisonne logiquement, se battre contre les opérations militaires sur le plan des principes n'est pas une position tenable, parce qu'effectivement on ne peut dénier le droit à un état démocratique d'utiliser toutes ses forces y compris les forces armées pour libérer des civils pris en otage. Par contre se battre sur le plan de la responsabilisation des politiques et du sérieux dans l'exécution par les militaires place les familles dans une position plus forte, et place le pouvoir dans une position où il doit beaucoup plus qu'auparavant justifier ses décisions devant son opinion publique et l'opinion internationale. Pour l'avenir, quelles voies sont tracées ? En étant résolument optimistes, et si à la fois le gouvernement et les Farc agissent dans le sens des paroles d'Ingrid, on peut imaginer une "libération humanitaire" des civils détenus par les Farc, dans un geste unilatéral qui obligerait "le Président Uribe, soutenu par toute la Nation, à ne pas échanger un bien contre un mal." et donc d'accepter la tenue de négociations pour un échange de prisonniers qui permettrait la libération des militaires détenus dans les deux camps. Une alternative militaire à ce scénario ferait retomber clairement la responsabilité des conséquences sur le Président "à qui incombe la décision, et non aux militaires" et qui a une "obligation de réussite". Exagérément optimiste ? assurément. Mais ne faut il pas rêver pour que les rêves se transforment en réalité ... |
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