Message filmé d'Ingrid Betancourt


La cassette video et des images d'archives d'Ingrid

La cassette a été enregistrée le 15 mai, et a été transmise à la presse par les FARCs le 23 juillet.

Plus d'infos : RTBF enligne    Communiqué de la famille d'Ingrid

Extraits de l'allocution d'Ingrid :

"Ici, dans la forêt, dans le silence et loin de tout, je me demande comment il se fait que 150 journalistes étrangers aient pu arriver à San Vicente en totale sécurité et qu'une candidate à l'élection présidentielle se soit vue nier ce droit. Quelles sont les priorités de ce gouvernement? Quelle est la politique de l'Etat face à la sécurité, face aux garanties électorales?"

"Je demande à la communauté internationale qu'elle nous aide à préserver cette possibilité de paix pour la Colombie. Personne, personne en Colombie, ne peut avoir le pouvoir de cadenasser le chemin vers la paix, le chemin vers le dialogue de paix, et de jeter la clé à la mer. Personne n'a ce droit, personne n'a ce pouvoir."

"Je souffre de voir qu'en Colombie on nous a fermé le coeur, on nous a endurci l'intelligence, on nous a expliqué qu'en ce qui concerne les enlèvements, l'unique solution est de laisser le temps passer comme si la vie humaine ne comptait pas."

"Je ne demande pas l'échange ni pour moi, ni pour les autres séquestrés. Parce que c'est une décision du gouvernement, et le gouvernement doit être libre, il ne peut y avoir de chantage ou de pressions sur les décisions du gouvernement. Ce que je n'accepte pas, en tant que Colombienne, c'est l'abandon de l'Etat colombien."

Communiqué de sa famille :

C'est bien sûr avec un immense soulagement que nous avons pris connaissance du message d'Ingrid filmé le 15 mai dernier par les F.A.R.C.

Nous tenons à remercier particulièrement les personnes, toutes dévouées à la cause de la paix en Colombie, qui nous ont permis d'obtenir, à travers ce document, la preuve qu'Ingrid et Clara Rojas, sa directrice de Campagne, sont en vie. Nous souhaitons redire ici notre profonde admiration pour le courage exceptionnel de Clara qui n'a pas hésité un instant à accompagner Ingrid lors de son enlèvement le 23 février 2002.

Nous voyons dans la diffusion de ce message un signe d'espoir. Pour la première fois depuis l'enlèvement, les ravisseurs nous donnent un signal et nous poussent à penser qu'un dialogue peut être possible. C'est sur cette tâche que nous allons à présent nous concentrer, parce que pour la famille d'Ingrid, de Clara, et au-delà pour les familles de tous les séquestrés, un jour de détention de plus est un jour d'angoisse supplémentaire pour tous.

Nous sommes éblouis par la lucidité et la  force de conviction exprimées par Ingrid dans son message politique, en dépit des souffrances morales et physiques infligées par un enlèvement.

Nous dénonçons, en communion avec toutes les familles colombiennes qui ont un des leurs retenu comme otage, la cruauté du procédé, contraire aux principes les plus élémentaires des droits de l'Homme. En effet, Ingrid souligne l'impérieuse nécessité pour tous les acteurs du conflit colombien de rétablir le plus rapidement possible les conditions propices à la réouverture d'un dialogue qui permettra de revenir à une table des négociations, seul chemin viable pour la paix.

Comme l'indique Ingrid  "personne n'a le droit ni l'autorité en Colombie de cadenasser le chemin de la paix et d'en jeter la clef à la mer". Faisant abnégation d'elle-même, elle invite ses compatriotes et la Communauté Internationale a "ne pas se laisser submerger par la tempête présente mais à s'élever largement au-dessus des vagues afin de contempler le calme de la mer, immense perspective de paix".

Nous demandons avec insistance au nouveau Gouvernement Colombien du Président Uribe, aux F.A.R.C, à la Communauté Internationale, de mettre tout en oeuvre pour arriver à un accord humanitaire qui permettra d'aboutir dans les plus brefs délais à la libération de tous les otages.

Enfin, nous réaffirmons avec Ingrid et Clara, notre foi et notre espérance en la " Nouvelle Colombie", terre de paix et d'avenir.

La famille d'Ingrid Betancourt