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Lettre aux comités de soutien par Fabrice Delloye, le papa de Mélanie et Lorenzo |
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A toutes les personnes qui se sont
impliquées pour nous aider Je souhaite aujourd’hui au nom de toute la famille d’Ingrid m’adresser à tous les comités de soutien qui, autour d’Armand Burguet, Sebastien Delloye, Marc Tarabella, Jean-Marc Monti et Gilles Cavin se sont formés spontanément dans le monde entier et principalement en Belgique, au Canada et en France. C’est d’abord un immense merci. Merci à vous d’avoir compris, avec une détermination de tous les instants, que le combat d’Ingrid depuis son entrée en politique en 1994 est un acte d’amour absolu pour son pays, la Colombie, déchirée depuis 50 ans par des conflits épouvantables et d’autant plus absurdes que tous les Colombiens aiment passionnément leur terre, des riches vallées andines aux berges du Magdalena, de Leticia a Cartagena, du Vichada à Buenaventura. Ingrid, aujourd’hui, grâce à vous est un symbole dans son pays et auprès de la communauté internationale. Vous avez su porter à Paris, à Ottawa, à Bruxelles et dans bien d’autres capitales ce « no mas » qu’elle exprimait avec tant de vigueur et de clarté à San Vicente del Caguan devant l’Etat-Major des Farc huit jours avant son enlèvement. Vous avez su valoriser ce courage exceptionnel qu’elle affichait un jour de mai devant l’objectif figé d’une caméra dans le silence hostile d’une jungle prison. Vous avez su enfin associer à son combat les quelques 3000 otages qui partagent avec elle et Clara une épreuve parfaitement inhumaine, où la nuit se confond avec le jour, où chaque heure passée est un acte de foi et d’espérance arrachées à la peur et au désespoir. Ingrid est vivante. Cette bonne nouvelle peut enfin taire les sinistres rumeurs qui ont circulé ici et là. Ingrid est vivante mais sa vie, comme celle de Clara et de tous les otages, est sans cesse en péril en raison d’une recrudescence des bombardements liée au soutien logistique des américains. Il faut donc continuer notre action de persuasion auprès du Gouvernement colombien pour qu’il accepte de négocier un accord humanitaire avec les Farc, qu’il identifie clairement un intermédiaire habilité à engager ce processus. Dans le même temps, il faut continuer à manifester auprès des Farc notre immense attente d’informations sur les conditions de survie de nos otages en leur affirmant que tout geste humanitaire de leur part sera interprété de manière favorable par la Communauté Internationale qui peut à tout moment jouer un rôle facilitateur pour l’élaboration d’un processus de concertation. Mélanie et Lorenzo vont le mieux possible. Ils s’efforcent chacun à leur manière de vivre leur quotidien (Mélanie est en Terminale S et Lorenzo en Troisième) avec le sourire et le courage qui les identifient infiniment à leur mère. Nous faisons tous les soirs le point sur les informations en provenance de Colombie et nous lisons avec une attention extrême tous les messages adressés au site www.betancourt.info. Ces messages de soutien et d’espoir nous aident à tenir et nous disent « que le plus beau jour de notre vie sera demain ».... quand Ingrid, Clara et l’ensemble des otages seront libérés. Yolanda, la maman d’Ingrid, est une mère courage, crucifiée depuis l’enlèvement de sa fille, mais qui ne cesse d’œuvrer pour sa libération tout en s’occupant avec une ardeur inlassable de ses « gamines », ces enfants de la rue qu’elles recueillent depuis plus de 40 ans pour les sauver de la misère, de la drogue et de la violence... je crois que « mama Yolanda » a 100 enfants en ce moment répartis dans quatre maisons dans le sud de Bogota. Astrid, la sœur d’Ingrid, fait toute notre admiration. Jour après jour elle rassemble avec une patience infinie les fils tenus qui peuvent nous rapprocher d’Ingrid puis, avec discrétion et efficacité, elle agit. Ingrid sera incroyablement fière de sa sœur quand elle sortira de sa nuit. Juan Carlos, le mari d’Ingrid, est en communion permanente avec sa femme. Il mène chaque jour mille actions avec les médias, les amis d’Ingrid, et le parti Oxigeno Verde. Ingrid est son nord, sa boussole et rien ne le fera changer de cap. Il est comme un bateau qui se bat contre des océans furieux et qui ne rentrera au port qu’avec sa femme, saine et sauve près de lui. Merci encore une fois de tout cœur et surtout continuez ! Fabrice Delloye |
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