Question orale de Joëlle Milquet, Députée, 
à Karel De Gucht, Ministre des Affaires étrangères

Bruxelles, le 18 novembre 2004.

A propos de la détention d’Ingrid Betancourt et de milliers d’otages en Colombie.

Le 23 février 2002, Ingrid Betancourt, candidate à la présidence de l’Etat colombien, était enlevée par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Le combat politique d’Ingrid Betancourt est celui d’une femme au courage exceptionnel, qui n’a pas hésité à s’opposer aux cartels de Cali et de Medelin et à dénoncer les ravages de la corruption. Par ailleurs, la Colombie est - depuis de nombreuses années - en proie à la violence, et les prises d’otages et les enlèvements y revêtent un caractère systématique : on estime que trois mille personnes seraient détenues par les groupes armés.

Monsieur le Ministre, la situation dramatique dans la quelle se trouvent Ingrid Betancourt ainsi que des milliers d’autres Colombiens ne peut nous laisser indifférent. Vous vous souviendrez certainement que la Présidence de l’Union européenne a appelé, en juin dernier, à la libération rapide de tous les personnes enlevées, et a estimé que cette libération témoignerait de l’intention des groupes armés illégaux de s’engager sur la voie de la paix (Bulletin de l’UE, 06-2004, n° 1.6.21, 30 juin 2004).

La libération d’Ingrid Betancourt et des autres otages n’interviendra probablement pas sans la libération des membres des FARC détenus par les autorités colombiennes. Par ailleurs, le gouvernement colombien a entamé un processus de négociation en vue du désarmement et de la réinsertion des groupes armés illégaux. Dans ce contexte extrêmement complexe, le gouvernement colombien a demandé l’appui d’organisations internationales telles que l’Organisation des Etats américains et les Nations Unies.

Monsieur le Ministre, pourriez-vous  m’apporter quelques précisions sur les points suivants :

  • Le 19 novembre marque le 1000e jour de détention d’Ingrid Betancourt. Quelles sont les initiatives prises par vos services concernant ce dossier ? Envisagez-vous d’entamer certaines démarches auprès des représentants de l’État colombien en Belgique?

  • A la veille du 1000e jour de détention d’Ingrid Betancourt, la violence qui règne en Colombie ne semble plus laisser d’autre solution que celle d’une implication plus importante des Nations Unies. Le Président colombien laisse entendre que, dans cette optique, il pourrait négocier la libération des otages avec les FARC. Pourriez-vous, Monsieur le Ministre, nous rapporter l’état des discussions sur cette question, en particulier dans le cadre des Nations Unies ?

 

Je vous remercie de la réponse apportée à ces différentes questions.

Joëlle Milquet

députée et Présidente du CDH ;