Au coeur du débat...   

Armand veut maintenir, par rapport à l’ensemble des séquestrés, une espèce d’équidistance entre les deux responsables FARCS et Ingrid. Cela me fait croire qu’Armand considère que les 2 responsables FARCS sont aussi des victimes de séquestres, en l’occurrence de la part du gouvernement Colombien. 

Si c’est ainsi, j’aimerais connaître les arguments qui soutiennent cette thèse. Pour moi ce sont des bourreaux, et non des victimes, même s’ils n’ont jamais eux-mêmes porté ou utilisé des armes, ou participé directement à la prise d’otages. Les comptables de la mafia sont des mafieux.

Il faut distinguer les personnes et les les principes. Ce serait indécent de mettre sur le même pied, sur le plan personnel, Ingrid et certains dirigeants des Farc. C'est donc totalement inexact de penser que je voudrais "maintenir, une espèce d’équidistance entre les deux responsables FARCS et Ingrid. Mais il nous faut oublier ici les personnes concernées, et considérer simplement leur situation par rapport au Droit.

Parmi les personnes séquestrées - civils, militaires, personnages politiques..., il y a probablement de tout. Des personnes comme Ingrid, mais aussi probablement des gens peu dignes d'estime. Personne ne sait si certains militaires n'ont pas été impliqués dans des actions contre des civils, ou certains politiciens impliqués dans des affaires de corruption. Parmi les guérilleros détenus par le gouvernement il y a probablement des pauvres hères qui ont rejoint la guérilla pour ne pas mourir de faim, et d'autres qui ont commis des crimes de guerre atroces - voire des crimes contre l'humanité.

Quelle que soit leur situation personnelle, le Droit International s'applique à tous sans distinction. En oubliant qui ils sont individuellement, mais en considérant simplement dans quelle situation ils se trouvent.

Pour les prisonniers en uniforme - des deux côtés - ils doivent pouvoir faire l'objet d'un échange de prisonniers en application des Conventions de Genève. Pour les civils détenus sans justification - des deux côtés - ils doivent être remis en liberté de manière inconditionnelle.

En parallèle avec cette application du DIH, c'est à la justice - nationale et internationale - à examiner le cas individuel de certains - en tout cas celui des dirigeants des farc, des dirigeants des milices paramilitaires qui soutiennent le gouvernement et peut-être de certains dirigeants de l'armée colombienne. Mais il ne faut pas mélanger les deux questions.