La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB)
exprime son profond étonnement et ses vives inquiétudes à la
lecture des déclarations que s'est permis de faire le commandant en
chef des forces militaires colombiennes, Freddy Padilla de Leon.
Selon le général, ce serait "la
manière dont la mère d’Ingrid Betancourt s’est comportée qui a
fait obstacle à sa libération. Elle a contribué à lui donner une
cote comme une marchandise devenue le joyau de la couronne".
La FICIB rappelle que si Ingrid Betancourt
est détenue depuis près de six ans, plusieurs autres otages sont détenus,
eux, depuis plus de dix ans, et que le fait qu'ils soient restés
complètement anonymes n'a pas pour autant fait qu'ils soient libérés
maintenant.
C'est au contraire grâce à la
mobilisation qui a été créée autour du cas d'Ingrid Betancourt que
les Farc, sachant les yeux de la communauté internationale fixés sur
eux, se sont sentis obligés de respecter les otages et que,
finalement, certains d'entre eux ont pu être libérés. Faut-il
rappeler qu'avant que Yolanda Pulecio et d'autres ne réussissent à
éveiller les consciences sur la situation des séquestrés
colombiens, leur cas n'avait suscité jusque là que de l'indifférence
?
Nous demandons avec respect et fermeté au
président Uribe qu'il veuille bien rappeler au chef de son armée, un
général qui a par ailleurs des zones d'ombre dans sa carrière,
l'obligation qui est la sienne de mesurer ses propos - propos qui sont
d'autant plus choquants qu'ils s'attaquent à une personne comme
Yolanda Pulecio qui est unanimement respectée, en Colombie et à l'étranger,
pour son courage, ses qualités de coeur et sa grande dignité.