La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt pour la
libération des otages de Colombie (FICIB), exprime sa totale incompréhension
devant le refus des Ambassadeurs de Colombie en France et en Belgique,
de leur permettre de rencontrer Jhon Frank Pinchao,
otage qui a pu s'évader en mai dernier des mains de ses
ravisseurs. Jhon est en visite en Europe cette semaine pour y donner
des interviews privées à quelques médias sélectionnés par
l'Ambassade.
Ce refus est justifié, selon notre interlocuteur à l'ambassade, par
"des instructions demandées et obtenues du Ministère des
Relations Extérieures de Colombie" qui stipulent qu'en aucun cas
Jhon Pinchao ne peut être mis en contact avec nos comités.
Cette décision est d'autant plus choquante que les membres de la
FICIB se battent depuis plus de cinq années pour TOUS les otages de
Colombie et non pas, comme l'affirment ceux que nos actions dérangent,
pour la seule personne d'Ingrid Betancourt.
Le nom de Jhon Pinchao se trouvait parmi les 3000 autres que nos comités
ont écrits à la craie sur la façade d'un bâtiment public de la
ville de Leuven,
le 11 mai 2003. Il se trouvait parmi les 3000 noms repris sur les
pancartes que nos comités ont arboré à travers la ville de Paris,
le 23 mars de la même année. Chaque fois que nos comités
plantaient 3.000
masques symbolisant les otages, l'un d'eux représentait
John-Frank Pinchao. Les photos de ces actions de celles de centaines
d'autres organisées par nos comités sont toujours visibles sur
le site.
Plus de 13.000 lettres nominatives ont été récoltées dans le cadre
de l'action aéropostale
3000, et ont été remises aux associations de familles d'otages
ainsi qu'à une Radio Colombienne; Un grand nombre de ces lettres étaient
adressées personnellement à Jhon Pinchao.
La photo de John Franck Pinchao figure sur un des panneaux de
l'exposition "Libertad
para todos" , inaugurée en octobre 2006 dans les locaux de
la Commission Européenne et qui voyage en ce moment en Europe.
Pour toutes ces raisons il nous semblait normal qu'une fois libre, les
membres de Comités puissent au moins rencontrer celui pour qui ils se
battent depuis si longtemps.
Après neuf ans de détention par la guérilla, on aurait pu espérer
que Jhon puisse enfin retrouver sa liberté de mouvement et sa liberté
de parole. La décision de l'ambassade nous semble une atteinte
inadmissible à cette liberté.