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"Proclama
por la Libertad" |
Le 23 février prochain Ingrid Betancourt accomplira 3 ans de privation de liberté, l’équivalent de 1095 jours ou 26280 heures ou 1566000 minutos, sans pouvoir agir pour son propre compte et prendre ses propres décisions. Sa tragédie, la vivent aussi plus de 3000 personnes séquestrés en Colombie. Quelques fois, vous, avez vous dédié plus d’une minute pour penser à ceci? Ingrid s’était convertie en une femme empreinte de courtoisie et de grandeur face à tous les maux de la société colombienne, sa lutte contre la corruption et pour la transparence des services publics ont mis plusieurs fois sa vie en risque, sa persistance l’a porté à aspirer à la Présidence de la République, sa séquestration s’est faite au milieu de sa campagne quand elle allait accompagner ses partenaires de la municipalité de San Vicente du Caguan (zone de désengagement), quelques moments après la rupture de dialogue du gouvernement avec les FARC, 23 février 2002. La Vie sans Liberté c’est une vie sans dignité, la séquestration crée des lésions profondes dans la vie et la dignité des personnes, il n’y a aucune cause qui la justifie, au contraire c’est absurde d’invoquer un révolution pour ramener la dignité à un peuple, quand le moyen c’est de l’enlever à des milliers de personnes. Le jour où’ils ont séquestrés Iingrid, ils ont écourté sa campagne politique, ils lui ont enlevé sa liberté et avec elle la dignité de sa vie. Aujourd’hui, Ingrid est un symbole de la lutte pour la liberté de milliers de personnes en Colombie et dans le monde. Le supplice de la séquestration, est une douloureuse expression de la dégradation de la guerre, il existera bien que ne se construise un accord qui impose des limites humanitaires au conflit armé que vit notre pays depuis plus de quarante ans. Des milliers de personnes ont été victimes aussi d’autres violences comme la disparition forcée, le déplacement, la perte de ses êtres chers ou de la vie elle même. C’est inacceptable, tout acte de violence commis par un acteur armé contre une population civile désarmée et sont condamnables tout autant toutes ces pratiques arbitraires peu importe qui les réalise. Au milieu du conflit armé en Colombie il y a des personnes retenues pour négocier des dividendes politiques et il y a des personnes séquestrées à des fins économiques, Ingrid, les soldats et politiques, les parlementaires et les gouverneurs ne le sont pas pour raisons économiques. Il y a des soldats et des policiers qui vont accomplir 8 années dans cette infâme condition. Le gouvernement a le devoir de chercher une solution urgente à cette situation, la guérilla non plus ne veut les laisser en liberté, parce qu’elle les considère comme butin de guerre, l’État non plus ne veut pas céder à un accord pour leur liberté parce qu’il le considère comme une faiblesse. Procurer la liberté et la vie de ces personnes c’est la meilleure manière de démontrer un institution solide, pour cela, nous sommes dans l’urgence d’un accord des parties qui mette une fin définitive à cette pratique inhumaine de la séquestration. Nous insistons auprès du Gouvernement National de ne pas tomber dans la très risquée tentation du sauvetage à feu et à sang, les séquestrés ont droit à la vie et la vie est la première institution d’une quelconque nation. Il faut de la volonté et de la décision pour trouver une solution qui ne doit pas aller au détriment de l’État et des institutions, plusieurs expériences dans le monde nous l’ont ainsi démontré. Parce que “la Vie n’est pas une force pour la violence, mais pour la Liberté” (1) Yolanda Pulecio de Betancourt |
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(1) Hannah Arendt. |