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23 Février
2004 |
Pourquoi le 23 Février ? C’est le 23 Février 2002 qu’Ingrid Betancourt, candidate aux élections présidentielles en Colombie, s’est fait arrêter et emprisonner par la plus importante guérilla colombienne, les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes, les FARC. Depuis ce jour, il y a deux ans, est née spontanément une mobilisation internationale sans précédent qui ne fait que croître. Ingrid Betancourt, par son engagement en faveur des droits de l’homme et sa lutte incessante contre l’injustice, la corruption et les narcotrafiquants, est devenue le symbole des séquestrés de Colombie mais aussi de toutes les personnes séquestrées injustement de par le monde. Les Comités de Soutien, au nombre de 284 aujourd’hui, organisent à cette occasion des manifestations partout en France et dans le monde, afin d’alerter le grand public et les média sur la situation intolérable que vivent des millions de citoyens en Colombie. La très grande majorité des séquestrés, comme Ingrid Betancourt, sont des civils. Et puisque même la guerre a ses lois, il en est une que nous voulons rappeler avec force ici, tout comme l’ont rappelée à maintes occasions de nombreuses organisations internationales et l’Organisation des Nations-Unies : toutes les conventions internationales interdisent formellement de mêler des civils aux opérations militaires. C’est un message que nous voulons adresser clairement aux Farc et à ceux qui les soutiennent : quelles que soient les justifications invoquées, LA PRISE D’OTAGE CIVILS EST INACCEPTABLE ! En l’utilisant ouvertement et à grande échelle, les FARC et les autres groupes illégaux qui la pratiquent se placent en marge des lois universelles. Ils donnent ainsi des arguments à ceux qui, en Colombie ou ailleurs, les traitent d’organisations terroristes et se servent de ce prétexte pour violer, eux aussi, les Droits Humains les plus élémentaires, plongeant la Colombie dans une situation humanitaire dont récemment l’organisation des Nations Unies a dit qu’elle était la troisième plus grande catastrophe mondiale, après le Soudan et le Congo. Aujourd’hui 1.064 villes dans le monde ont officiellement manifesté leur soutien à notre action. La grande majorité d’entre elles a choisi de nommer Ingrid Betancourt Citoyenne d’Honneur, au nom des 3.000 séquestrés et pour marquer leur soutien à son combat pour le rétablissement d’un État de Droit en Colombie. Grâce à cette action – qui doit continuer – nous voulons démontrer à nos gouvernants et aux gouvernants des autres pays que leur opinion publique leur réclame de faire pression sur le gouvernement colombien pour l’amener à la négociation avec la guérilla et pour conclure avec elle un accord humanitaire permettant la libération de tous les séquestrés – premier pas vers une solution pacifique plus globale au conflit. A l’initiative des Comités Ingrid Betancourt, le 23 Février est donc institué comme la Journée Internationale des Séquestrés et pour cette première édition, ce 23 Février 2004 est consacré à la Colombie ! A cette occasion, nous, les Comités Ingrid Betancourt, demandons officiellement aux gouvernements des États démocratiques où nous avons la chance de vivre de mettre tout en œuvre pour convaincre Monsieur Alvaro Uribe de s’engager dans la voie de la négociation, Nous leur demandons également de trouver les moyens, au travers des gouvernements et des institutions qui ont maintenu des contacts avec la guérilla, de convaincre les Farc de mettre fin à la pratique des enlèvements et de libérer les civils qu’ils détiennent s’ils veulent, comme ils le prétendent, être considérés comme des combattants et non comme une organisation terroriste. |
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