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Ingrid Ingrid. J’apprends que son père, Gabriel Betancourt, ancien Ministre de l’éducation et Ambassadeur auprès de l’UNESCO à Paris, est décédé un mois après son enlèvement. Dans « la rage au cœur », elle dresse un portrait touchant de cet homme d’une intégrité sans failles. Ce récit remonte à ma conscience. La campagne électorale avec les préservatifs et le viagra. Les intimidations. Les trahisons. Cette haute société colombienne où tous semblent se connaître, se fréquenter et se tutoyer mais où derrière les apparences, la guerre politique charrie tous les coups. Etrange proximité des gens de pouvoir où les rapprochements et les complicités d’un jour versent le lendemain dans de funestes rivalités où la civilité s’évanouit brusquement au profit de l’injure et de la brutalité. J’en retiens un courage hors du commun. Extra-ordinaire. Une détermination constante poussée jusqu’à l’extrême. Jusqu’au risque permanent pour sa vie et celle des siens. Comme vivre son combat quand le compagnon du jour devient le conjuré le lendemain ? Je lis ses luttes qui se succèdent avec éblouissement. Je cherche des mots : bravoure, vaillance, intrépidité, ardeur, fougue, audace. Je parcours aussi l’histoire de ce pays en suivant la vie de Yolanda. Tous ces assassinats. Chaque fois qu’une lueur apparaissait pour bifurquer vers une politique enfin au bénéfice de ce peuple meurtri, harassé, désespéré. Encore Lucho Garzon : « L’histoire de la gauche dans ce pays est terrible. Ici, 3.700 syndicalistes ont été assassinés ces quinze dernières années ; mes meilleurs amis ont été tués. La dernière tentative d’un grand parti de gauche en Colombie, l’Union patriotique, s’est terminée par la mort de 4.000 militants. Tout un parti éliminé par les armes ». Le meurtre, le 9 avril 1948, de Jorge Elicer Gaitan traverse encore les mémoires. Le Bogotazo. La prise du Palais de Justice le 6 novembre 1985 par le mouvement du 19 avril qui réintègrera la vie politique légale en 1991. Et la corruption ! Les affaires Samper et Botero. Plata o plomo. Les parlementaires achetés par les narcotrafiquants. La liste serait sans fin. Je sursaute quand j’apprends que le Parti libéral – dont Uribe est un dissident – est membre de l’Internationale Socialiste. Qu’attendent-ils pour accueillir Lucho Garzon ? |