La Colombie


La Colombie. Deux fois la France. Le pays des papillons et des émeraudes. Trente-sept fois la Belgique. Près de quarante-deux millions d’habitants dont 2 % d’indiens, 7 % de noirs et 57 % de métis. Indépendante depuis le 20 juillet 1810. 90 % de catholiques. Vaccination contre la fièvre jaune si vous souhaitez vous rendre dans les régions équatoriales. République avec un régime parlementaire bicaméral. Paris – Bogota : 10 heures de vol. Pays principalement agricole. Deuxième exportateur mondial de café. Cultures de fleurs, de maïs et de pommes de terre. Textile, produits du cuir et sidérurgie. Depuis 1990, le pétrole est le premier domaine d’exportation. Eco-tourisme et paysages d’une variété infinie, 1650 kilomètres de plages sur la côte caraïbe et une des plus riche biodiversité du monde. Fiche pays et commentaires des guides.

Surtout une des plus riche biodiversité de la souffrance humaine ; « Le pays vit la plus grave crise de ces 100 dernières années. Les statistiques enregistrent un taux de chômage de 16 % en 2001 et un indice de développement économique de 2,4 % du PIB, en dessous des 6 % de l’aire sud-américaine » écrit Ismael Llinas Cogollo dans Panoramica. Il rajoute que ce pays compte 33 millions de pauvres dont 9 vivent dans l’extrême pauvreté. Sans compter la délinquance, la corruption, les séquestrations et les massacres de la population civile prise en étau entre les différents groupes armés. « En Colombie, la mort est devenue un commerce. Tuer, séquestrer ou violer les droits humains dans toutes leurs extensions, sont devenus des activités lucratives par lesquelles beaucoup de Colombiens gagnent leur vie » écrit Antonio Moralès Riveira dans Demain le Monde. A tel point qu’entre 1992 et 1993, les autorités ont suspendu le port obligatoire du casque pour pouvoir plus facilement identifier les sicarios, ces jeunes tueurs à gage employés par les trafiquants de drogue.

 

Et pourtant, ce pays recèle une richesse incroyable. 5 % seulement des mines d’émeraudes sont exploitées aujourd’hui. Les climats chauds et tempérés permettent des cultures diversifiées de la banane au coton, de la canne à sucre au cacao et au café. Les ressources énergétiques sont multiples : pétrole, charbon, gaz naturel, nickel, or et argent. 112.000 kilomètres de routes et un réseau de transmission terrestre, le second le plus long du monde. Mais l’inégalité dans la répartition des richesses est à proprement parler abyssale. Hector Mondragon écrit : « La Colombie se caractérise avec le Brésil, par le taux le plus important de concentration de terres de toute l’Amérique latine. Les 500 principaux propriétaires disposaient de 35 % des meilleures terres cultivables du pays en 1984 et en possèdent 45 % aujourd’hui, quinze ans de violence plus tard ». « Faites une réforme agraire et 50 % de la violence disparaîtra » affirmait il y a dix ans Alfredo Vasquez Canisoza, le président du Comité des droits de l’homme de Colombie. Afflux de dollars provenant du narco-trafic qui permet le rachat des meilleures terres aux petits paysans, obligés de vendre sous peine de mort. Mesures néo-libérales d’ajustement structurel qui déstructurent tout le tissu économique. Libre importation de produits alimentaires et suppression des programmes d’aide aux paysans. Faillites en cascade et cultures du pavot et de la coca pour survivre. Lucho Garzon : « Je crois qu’il faut établir la coresponsabilité des pays producteurs de drogue et des pays consommateurs. L’Europe consomme 200 tonnes de cocaïne par an. Chez nous, les petits paysans qui cultivent la coca reçoivent les herbicides des fumigations aériennes sur leur terre. L’argent de la drogue alimente vos économies et nous avons la pauvreté et la guerre. C’est injuste ! ». La Colombie exporte chaque année près de 580 tonnes de cocaïne et 7 tonnes d’héroïne.


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