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Une Colombie remplie de clichés J’ai dans la tête une Colombie remplie de clichés. Pablo Escobar, le cartel de Cali. L’éternelle guérilla latino-américaine. Les massacres des paysans, la corruption et les narcotrafiquants. Bref, les schémas réducteurs du cinéma américain. Mais aussi Garcia Marquez et Botero, la beauté sublime des Andes et le goût du café au fond du cœur. Dans l’avion Paris-Miami, j’ai dévoré le livre d’Ingrid, « La rage au coeur » suivi de ces vers de Pablo Neruda. En mémoire, ce jour d’août 1996 devant la tombe du grand écrivain face au Pacifique à Isla Négra au centre du Chili. Ses maisons absolument fabuleuses, musée des arts du monde, à Santiago et à Valparaiso. Sa fin tragique en septembre 1973. Les militaires de Pinochet avaient inondé sa demeure. Mon sac est trop lourd. Il me lacère l’épaule. Surtout pas de valise. Trop d’escales. Trop lourd de livres et d’articles. Ceux de Maurice Lemoine dans le Monde Diplomatique, ceux de Demain de Monde et de Panoramica. Le Petit Futé sur la Colombie et le livre jauni de Gérard Chaliand sur les mythes révolutionnaires du Tiers-Monde. Pendant des heures, je m’immerge dans l’histoire de la conquête espagnole, d’une brutalité inouïe, et dans celle, si complexe, de cette guerre de quarante ans qui traumatise tout un peuple. Quelques mots avec Marie, absorbée par son roman. L’éternel plateau-repas. Une turbulence et je replonge. Il y a quelques semaines, Marie a organisé une rencontre au Sénat avec un syndicaliste colombien. Il nous a dressé un portrait terrifiant de son pays. Sébastien, le beau-fils d’Ingrid, assistait à la réunion. Des mots d’angoisse. Des mots qui soulèvent. Après, à deux dans le bureau de Marie, nos yeux brillaient de la même intensité : nous partons ! |