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Arrivée La veille, nous avons débarqué à l’aéroport de Bogota dans une ambiance lourde. Les touristes ont fui le pays. Nous sommes le dimanche 19 mai 2002. A une semaine, jour pour jour, des élections pour la Présidence de la République de Colombie. A la sortie de l’avion, Francisco nous attend avec une petite pancarte. Comme sénateurs, nous évitons les laborieux contrôles. Le Consul de Belgique nous accueille. Il a été en fonction à La Havane. J’évoque mon voyage en janvier à Cuba. Le courant passe. Marie retrouve sa sœur. A la demande des responsables de la campagne d’Ingrid, un service de protection est prévu pour nous accompagner pendant tout notre séjour. La vue de ces trois policiers en civil et de deux motards ostensiblement armés accroît ma tension. Des patrouilles de militaires entourent l’aéroport. En plus, le Consul nous invite à ne pas traîner par mesure de sécurité. Nous nous engouffrons dans la voiture officielle. Et c’est flanqué de cinq policiers que je découvre la ville. Les grandes artères sont interdites aux voitures le dimanche. Des vélos, des promeneurs, des jeunes assis dans l’herbe des accotements. Une vie normale et pourtant il règne comme une indicible pesanteur. L’escorte nous inquiète au lieu de nous rassurer. Et chacun nous le rappellera sans cesse, nous venons d’arriver dans un pays en guerre. |