Ci-dessous un texte faisant partie des documents envoyés aux divers groupes nationaux d'Amnesty International. La longueur de l'article (presque plus long que le dossier "Israël/ Territoires occupés")  montre la sympathie d'AI envers Ingrid Betancourt.

AI a pour principe de ne pas intervenir dans les cas individuels d'enlèvements si la famille de la victime ne le demande pas explicitement à l'organisation. Ils ont eu des contacts avec la famille d'Ingrid qui n'a pas demandé d'action spécifique pour elle - mais bien une action visant à libérer la totalité des otages détenus par toutes les parties impliquées en Colombie.


AMNESTY INTERNATIONAL

LES CAMPAGNES

COLOMBIE - La situation dans le pays reste critique. Une  mission d'AI a été effectuée dans le pays du 11au 18 mars. Une élection présidentielle aura lieu en mai et juin et le nouveau gouvernement prendra ses fonctions en août. Ce scrutin est l' occasion de tout faire pour que les Droits Humains soient au cœur du débat politique en Colombie et à l'échelle internationale. AI se prépare et les groupes travaillant sur le RAN en question recevront des recommandations d'actions.  

Beaucoup de membres nous ont demandé si Amnesty pouvait intervenir en faveur d'Ingrid Betancourt, candidate  écologiste aux élections présidentielles en Colombie et célèbre pour le combat sans merci qu'elle mène depuis des années contre la corruption de la vie politique dans son  pays. Elle a été enlevée le 23 février dernier par les FARCs, le plus important mouvement de guérilla en Colombie, près de San Vicente deI Caguan, dans l'ancienne zone démilitarisée où elle s'était rendue en signe de solidarité avec la population civile.

AI a pour principe de ne pas intervenir dans les cas individuels d'enlèvements si la famille de la victime ne le demande pas explicitement à l'organisation. Très souvent des déclarations  publiques peuvent porter préjudice aux éventuelles négociations privées en cours pour obtenir la libération de celle-ci.

Par ailleurs, la situation actuelle en Colombie est particulièrement délicate et grave. L'armée reprend par la force l'ancienne zone démilitarisée, causant beaucoup de victimes dans la population civile. Sous le prétexte de la "guerre contre le terrorisme" après le 11 septembre, on assiste à une vaste opération de militarisation du pays. Or il faut rappeler que  85 % des violations des Droits Humains continuent d'être commises par les paramilitaires bénéficiant de l'appui implicite ou direct des forces armées. Dans ce contexte AI condamne sans appel les violations du Droit Humanitaire international commises par les FARCs et exhorte ce mouvement à signer sans retard un accord humanitaire pour protéger la population civile. AI n'estime pas opportun, pour l'instant du moins, de mener une action plus spécifique en direction des FARCs.